Canne à sucre

Filière canne : le PCR renouvelle sa demande d’une conférence extraordinaire

Après l’annonce du maintien de l’aide de 28 millions l’année prochaine

Parti Communiste Réunionnais / 20 juillet 2019

Dans un communiqué diffusé hier à la suite de l’annonce par deux ministres du maintien de l’aide compensatoire de 28 millions d’euros pour l’année prochaine, le gouvernement demande qu’une réforme de la filière soit engagée de manière urgente. S’exprimant hier par la voix de Julie Pontalba, le PCR souligne que 6 ans ont déjà été perdu depuis la décision de supprimer les quotas sucriers. C’est pourquoi le PCR renouvelle sa demande d’une conférence extraordinaire impliquant tous les acteurs. Cette initiative faisait déjà partie des « 25 propositions du PCR » publiée en 2014. Elle est plus que jamais d’actualité.

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Candidate du PCR aux élections Européennes, j’avais élevé la question de l’avenir des planteurs de cannes au rang de l’urgence absolue. Par la suite, les hésitations du gouvernement sur le versement de l’aide compensatoire de 28 millions prévue à la Convention Canne jusqu’en 2021 avait soulevé l’indignation du monde économique et politique. A l’ouverture de la coupe, le Ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, et la Ministre des Outre-Mers, Annick Girardin, ont confirmé “le maintien des aides nationales”, mais assorti d’une menace à peine voilée.

Dans le communiqué du Ministre de l’Agriculture est écrit ceci : “les ministres demandent aux acteurs de la filière de s’engager à bâtir, en lien avec les autres filières agricoles et les élus des collectivités, un modèle agricole qui permette de relever les défis climatiques et sociétaux auxquels il doit faire face tout en tenant compte de l’évolution des tendances de marchés.”
Les ministres ont avancé un délai et des pistes : “Cette réflexion devra aboutir en juillet 2020 à des propositions sur la montée en gamme, la valorisation de l’origine ultramarine, le renforcement de la production biologique, la transition vers la canne énergie et le développement de nouvelles filières pour s’affranchir notamment des importations d’aliment du bétail.”
La fin du communiqué clarifie le rôle des acteurs : “L’accompagnement durable par l’État de cette filière sera lié à la capacité qu’elle aura à s’adapter en construisant avec l’ensemble des acteurs des territoires concernés un projet agricole global, soutenable dans le temps.”

Je me permets de rappeler la position constante du Parti Communiste Réunionnais.
En 2013, l’Union Européenne a voté la fin du quota sucrier et de la garantie sur les prix pour 2017. Dès ce moment, le PCR a proposé de “Réunir d’urgence une conférence extraordinaire pour préparer l’échéance de 2017 et ouvrir de nouvelles perspectives pour la filière canne par la recherche, l’innovation et la valorisation de tous les produits issus de la canne et par un nouveau partage des richesses découlant de ces valorisations”. Dans l’immédiat, le PCR demandait “d’assurer les revenus des planteurs de cannes”.

Cette énoncé figure en 25e position dans le document public intitulé “Pour une nouvelle politique à La Réunion : 25 propositions du PCR”. Nous avons perdu 4 années d’anticipation. Désormais, tout le monde se trouve dos au mur, car le gouvernement réclame pour 2020, “un projet agricole global, soutenable dans le temps”. Il faudra faire en un an ce qu’on a refusé de faire durant 6 ans.
Le PCR espère vivement que cet exemple finira par convaincre les plus sceptiques car l’heure est grave et il n’y a plus une seule minute à perdre ! En effet, il faut tout remettre à plat si on veut de nouvelles cohérences.

Julie PONTALBA