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par le Dr Raymond Vergès

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Filière canne : « Les choses avancent petit à petit, il faut garder la pression, on ne lâchera rien », affirme Jean-Michel Moutama

Après la rencontre entre les planteurs, Albioma et l’Etat

vendredi 1er juillet 2022, par Manuel Marchal


Pour la première fois hier, Albioma a participé directement aux négociations de la Convention canne aux côtés des planteurs et de l’État. L’État est prêt à augmenter la recette bagasse sur la base de la prise en compte de la richesse en fibre des cannes à sucre livrées tandis qu’Albioma est prêt à injecter des sommes importantes dans la filière pour inciter les planteurs à produire des cannes plus fibreuses. Ces avancées sont le résultat de la mobilisation des planteurs qui continue. Aujourd’hui, rendez-vous est donné aux rhumiers afin de discuter de l’évolution du prix de la mélasse payée aux planteurs, matière première du rhum IGP de La Réunion.


« On est arrivé à mettre un autre partenaire autour de la table, Albioma, pour discuter de la Convention canne ». Jean-Michel Moutama, président de la CGPER et membre de l’Intersyndicale de l’agriculture de La Réunion a salué hier une avancée dans les négociations de la Convention canne. En effet, pour la première fois, le propriétaire des centrales thermiques du Gol et de Bois-Rouge, qui utilise la bagasse pour produire de l’électricité pendant la campagne sucrière, a participé avec les représentants des planteurs et l’État aux discussions pour fixer le prix de la canne à sucre qui devra s’appliquer au cours des 5 prochaines années.
A la sortie des discussions qui se sont tenues hier après-midi à la préfecture, le président de la CGPER a fait part d’une avancée. « Les planteurs qui amènent de la canne fibreuse pourront être mieux rémunérés », précise-t-il. Rappelons que jusqu’à présent, les planteurs bénéficient d’une recette bagasse de 14,50 euros par tonne de canne livrée. Cette somme est payée par l’État, via la Commission de régulation de l’énergie. EDF achète l’électricité produite par Albioma dans ces centrales réunionnaises, et une bonne part de cette énergie est produite par les cannes à sucre livrées par les planteurs réunionnais.

Augmentation de la recette bagasse

Avec le préfet et le directeur général d’Albioma, il a été convenu que le prix de la canne pourra évoluer en fonction du taux de fibre présent dans les chargements livrés aux balances. La recette bagasse constituera le prix plancher : 14,50 euros par tonne pour 15,43 de richesse en fibre. Quand le taux de fibre augmente, le planteur bénéficiera d’une bonification. Selon Tereos, ce taux de fibre ne doit pas dépasser un plafond afin que l’industriel puisse extraire suffisamment de sucre. Un plafond sera donc défini pour ne pas pénaliser l’industrie sucrière.
Ceci sera « bénéfique pour la majorité des planteurs ». Car actuellement, plus le taux de fibre est élevé, plus le planteur est pénalisé car la formule de calcul du prix de la canne privilégie la richesse en sucre au détriment de la quantité de bagasse livrée.
« Après analyse, nous donnerons notre avis, la démarche est dans le bon sens. Les services de l’État travaillent sur les propositions de la CRE », ajoute le président de la CGPER.

« Produire localement c’est leur intérêt »

Par ailleurs, Albioma a fait part de sa volonté d’injecter directement des fonds dans la filière afin de soutenir l’activité des planteurs. Le but est d’inciter à la production de cannes plus fibreuses, afin d’augmenter la quantité d’électricité produite par la bagasse issue du travail des planteurs.
Augmenter la production de bagasse permettra de réduire les importations de biomasse, car Albioma doit désormais utiliser uniquement cette source d’énergie dans ces centrales réunionnaises. « Au vu du coût du fret, produire localement c’est leur intérêt », note le responsable syndical.
« Les choses avancent petit à petit, il faut garder la pression, on ne lâchera rien », souligne Jean-Michel Moutama.
Les négociations continuent aujourd’hui. Les représentants des planteurs doivent rencontrer à 16 heures ceux des rhumiers à la préfecture. Ces derniers font leurs profits sur la transformation de la mélasse, un autre produit de la canne à sucre livrée par les planteurs. L’objectif est d’arriver à une meilleure répartition des bénéfices de l’exploitation de cette richesse produite à La Réunion.

M.M.



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