Témoignages - Journal fondé le 5 mai 1944
par le Dr Raymond Vergès

Accueil > Politique > Canne à sucre

Filière canne : Tereos, Albioma et les rhumiers doivent payer l’or vert réunionnais au juste prix

L’État propose à Tereos une importante garantie

mercredi 29 juin 2022, par Manuel Marchal


Après 4 heures de discussions entre les planteurs et Tereos avec le préfet hier, les négociations de la Convention canne vont se poursuivre. Une rencontre est prévue demain avec la direction d’Albioma. La question de la juste répartition des richesses tirées de la canne à sucre reste au cœur du problème. La mobilisation des planteurs continue.


« D’après un document fourni par la Chambre d’agriculture, la distillerie Isautier investit plus de 7 millions d’euros dans une usine pour travailler la mélasse et faire du rhum. On ne peut pas être observateur et lâcher notre matière première sans voir la plus-value, cela ne peut plus continuer comme cela. Si les planteurs ne peuvent vivre décemment de la canne à sucre, il n’y aura plus de mélasse et donc plus de rhum IGP Réunion » : ces propos de Jean-Michel Moutama, président de la CGPER, tenus hier à la sortie des négociations à la préfecture, rappellent l’essentiel du combat des planteurs : une juste répartition des bénéfices des industriels réalisés à partir du travail des agriculteurs réunionnais.

Tereos aura un « filet de sécurité »

Hier, les négociations de la Convention canne se sont tenues pendant plus de 4 heures à la Préfecture sous l’égide du représentant de l’État. Ce dernier a indiqué jusqu’où l’État est prêt à aller dans son soutien à la filière. Il a confirmé « une clause de revoyure dans la Convention canne pour l’aide annuelle de 28 millions d’euros à Tereos et de 14 millions d’euros pour les planteurs en cas d’évolution de la situation économique », précise Jean-Michel Moutama.
Cela signifie une réponse à la demande de Tereos d’un « filet de sécurité ». Ces aides de l’État pourront en effet être augmentées si la conjoncture économique est défavorable à la vente des sucres produits dans les usines du Gol et de Bois-Rouge. Dans ces conditions, le principal argument opposé par Tereos à l’augmentation du prix de la canne qu’il paye aux planteurs tombe. L’industriel va-t-il enfin augmenter un prix qui n’a pas bougé depuis des décennies tandis que ce sont développées d’importantes valorisations en termes de sucres spéciaux notamment ?
Les planteurs ont fait leurs propositions, les discussions doivent se poursuivre pour fixer le prix payé par Tereos pour acheter les cannes à sucre produites par les planteurs réunionais.

Albioma et les rhumiers doivent contribuer

Le sucre n’est pas le seul produit issu des cannes cultivées par les planteurs. La bagasse et la mélasse sont les deux autres principales valorisation.
Les planteurs revendiquent une augmentation substantielle de la recette bagasse. Ce produit de la canne à sucre est utilisée par Albioma dans ces centrales thermiques. Albioma est désormais contraint d’utiliser uniquement de la biomasse pour produire de l’électricité. C’est pourquoi cette société importe dans notre île des pellets de bois d’Amérique. La bagasse est une biomasse produite à La Réunion, ce qui évite de faire venir des dizaines de bateaux supplémentaires pour satisfaire à la demande des centrales du Gol et de Bois-Rouge. Demain, une rencontre est prévue avec le directeur général d’Albioma venu spécialement de France.
Enfin, les rhumiers sont également sollicités. Le projet de la distillerie Isautier montre tout l’intérêt des industriels pour la mélasse, base d’un rhum bénéficiant d’une IGP. « Des contrats ont été signés entre Tereos et les rhumiers, beaucoup de choses ont changé, nous voulons une part de la plus-value », a souligné Jean-Michel Moutama.

Poursuite de la mobilisation

En attendant la satisfaction des revendications, la mobilisation des planteurs se poursuit. Des membres de l’Intersyndicale continuent de camper devant la préfecture. Hier, ils ont procédé à la mise en place d’un barrage filtrant sur la route nationale passant à proximité de la représentation de l’État afin de sensibiliser la population sur la justesse de leur combat. Les kilomètres d’embouteillage ont rappelé la nécessité de sortir du blocage : les industriels doivent payer la canne à sucre à leur juste prix, l’or vert de La Réunion ne peut plus être bradé.

M.M.



Un message, un commentaire ?

signaler contenu

Messages

  • Là où il y a de l’or , que ce soit de l’or jaune, blanc, bleu ou vert , les gens qui l’exploitent gagnent correctement leur vie et ne s’en plaignent pas . Mais apparemment il y aune exception pour les réunionnais . Certes il n’y a pas d’or jaune dans notre sil volcanique ,ni de neige suffisante sur nos montagnes pour exploiter des stations de sport , mais nous avons de l’eau en abondance pour produire de l’énergie et développer une agriculture irriguée ce que certains appellent l’or bleu , mais en plus de cette possibilité d’utiliser de l’eau en abondance pour notre agriculture , nous avons des terres suffisamment riches et un climat idéal produire presque tout ce que nous voulons , ce que certains appellent l’or vert .
    Alors pourquoi nos planteurs doivent manifester presque chaque année pour essayer de gagner leur vie correctement ? Ils ont de l’or vert dans les mains mais ils ne peuvent en profiter .
    Si la production de canne à sucre c’est de l’or vert, il faut que nos planteurs puissent en tirer un profit convenable .Mais peut être qu’il faut pour cela répartir de manière juste et équitable les revenus de tous les produits et sous produits de la canne à sucre entre toutes les parties prenantes . Les planteurs dépendant des usiniers et les usiniers dépendent des planteurs , ils doivent travailler ensemble mais non être en conflit chaque année pour déterminer un prix pour la tonne de canne et pour ses sous produits .

Plan


Facebook Twitter Linkedin Google plus