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4 juin, parNos peines
Vers de grands bouleversements dans l’industrie sucrière en Europe
14 octobre 2014

En Belgique, les planteurs de betterave s’attendent à un effondrement du prix du sucre en 2017, date de la fin des quotas et des prix garantis. Cela apporte un nouvel éclairage sur l’ampleur du défi qui attend la filière canne. Rappelons qu’à ce jour, rien ne garantit que l’Union européenne accordera à la France le droit de verser une subvention suffisante à la survie de la filière canne réunionnaise. Voici la reproduction de cet article publié par la RTBF :
Ces quotas de sucre avaient été mis en place en 1968 en Europe pour soutenir le marché et garantir la production. Et le prix de la tonne de betterave aussi était garanti. Bref, production garantie, prix garantis. Au final, le marché européen du sucre était cadenassé. Le cours du sucre en Europe était grâce à cela protégé des fluctuations des cours mondiaux.
Mais en 50 ans, la consommation de sucre a explosé. Et l’année dernière, l’Europe, poussée dans le dos par l’industrie agroalimentaire, grosse consommatrice de sucre, a décidé de libéraliser ce marché en 2017.
Officiellement, l’industrie du sucre réagit avec sérénité. Les raffineries disent que cela peut être une opportunité pour améliorer leur compétitivité en produisant plus. Mais tous ajoutent dans la foulée que cela ne va pas se faire sans casse. C’est aussi l’avis de Valérie Vercammen, secrétaire générale de la confédération des betteraviers : « On s’attend, lors de la fin des quotas de sucre en 2017, à une baisse du prix du sucre européen. On s’attend même à une forte chute qui pourrait mettre en cause la rentabilité de l’industrie sucrière en Europe ».
Du côté des producteurs de betteraves, l’inquiétude est bien présente. Philippe Van Wonterghem est agriculteur à Modave, en région liégeoise. Chaque année, il produit entre 80 et 90 tonnes de betteraves. Jusqu’à présent, avant même de livrer sa production aux sucriers, il savait déjà combien elle lui rapporterait. Mais demain, avec la fin des quotas, ce ne sera plus le cas. Philippe Van Wonterghem craint de devoir passer à autre chose : « Nous sommes demandeurs d’un prix fixe. Nous ne sommes pas des spéculateurs ni des grands financiers, nous travaillons la terre. Notre but c’est de tirer un revenu équitable de notre travail. (...) On n’a pas intérêt à investir dans une culture si on sait qu’à la fin de l’année, on n’aura pas assez pour récupérer l’investissement qu’on a réalisé ».
Bref, l’industrie du sucre va connaître pas mal de bouleversements dans les prochaines années. Si personne ne prévoit la disparition des betteraviers, il faut s’attendre à ce qu’il y en ait de moins en moins.
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