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4 juin, parNos peines
Changement d’ordre du jour pour le Premier ministre
6 juin 2015

À un mois de la coupe, alors que la survie de la filière canne-sucre dépend de l’implication des pouvoirs publics, la séquence sur l’agriculture prévue dans le programme de la visite du Premier ministre a été supprimée.
Le contexte de la visite du Premier est explosif pour ce qui concerne l’agriculture. À moins d’un mois du début de la coupe, le prix de la canne n’est pas encore fixé. Tout dépend d’une aide supplémentaire de 38 millions d’euros. Versée par l’État, elle doit être autorisée par la Commission européenne. Cette subvention a pour but de compenser le manque de compétitivité du sucre réunionnais à partir de 2017. Selon un rapport parlementaire publié en juin dernier, une tonne de sucre réunionnais coûtera en 2017 240 euros de plus qu’une tonne de sucre de betterave. Se pose alors la question des débouchés. En effet, cette date marquera la fin du quota sucrier. L’Europe n’achètera plus les éventuels invendus à un prix garanti au-dessus du cours mondial. Le sucre réunionnais sera donc face à la concurrence internationale. Dans ce rapport parlementaire, le président de Tereos Océan Indien, propriétaire des deux usines sucrières, a précisé que si l’industriel n’avait pas la certitude de vendre le sucre produit, alors il n’achèterait plus de cannes aux planteurs.
Deux mois après la présentation du rapport, François Hollande était à La Réunion. Son voyage consacrait toute une matinée à la filière canne. Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, faisait partie de la délégation. Le 21 août, le président de la République a visité l’usine de Bois-Rouge. Puis il a prononcé un discours annonçant le soutien de la France à la revendication des 38 millions d’euros supplémentaires, à condition que l’Union européenne donne son accord.
En janvier, la ministre des Outre-mer était en visite à La Réunion. George Pau-Langevin a passé une matinée dans une exploitation agricole. Elle a également réaffirmé le soutien de l’État à la filière canne.
Mais le mois dernier, Corina Cretu, Commissaire européenne, confirmait que la France n’avait pas encore fait de demande de subvention supplémentaire, tout en précisant que la revendication sera examinée avec bienveillance. Ceci explique pourquoi l’Europe ne donnera aucune réponse avant la fin de la campagne sucrière.
Le prix de la canne est fixé pour plusieurs années par une Convention canne. La précédente est arrivée à échéance l’an dernier. La nouvelle n’est toujours pas signée à cause de l’incertitude sur l’aide versée à partir de 2017. L’industriel ne veut pas s’engager sur un prix au-delà de 2017, alors que les planteurs veulent un prix fixe sur 6 ans.
C’est dans ce contexte qu’arrive Manuel Valls. L’intervention du Premier ministre était attendue. Jeudi après-midi, il devait visiter une exploitation agricole. Mais cette séquence prévue initialement a été supprimée dans le nouveau programme de la visite du Premier ministre.
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