Canne à sucre

L’opposition attend des actes

Intentions sociales au Département

Témoignages.re / 7 octobre 2004

Le budget ne sera voté qu’en décembre. Hier, la session plénière du Département était consacrée aux orientations budgétaires présentées par la nouvelle majorité et la présidente Nassimah Dindar. Des orientations placées sous le signe d’un nouvel élan social. L’Alliance a exprimé de sérieux doutes sur la faisabilité.

Les conseillers généraux veulent faire du social, c’est clair. Entre 2005 et 2007, le Département veut avant tout donner un nouvel élan à sa politique d’action sociale autour de trois axes phares : l’action sociale et la prévention médicosociale, la vie éducative et les transports (lire notre édition d’hier). Hier, la session plénière du Département était consacrée aux orientations budgétaires présentées par la nouvelle majorité et la présidente Nassimah Dindar. Quant au budget lui-même, il ne sera voté qu’en décembre.

Les premières réactions de l’opposition ne se sont pas fait attendre à l’issue du discours de la présidente. À commencer par Maurice Gironcel, qui salue ce nouvel élan social : "Toutes ces intentions ne peuvent que nous satisfaire, mais nous nous posons des questions sur leur faisabilité, compte tenu des retards que La Réunion rencontre, du nombre important d’allocataires du RMI, des forts taux de chômage et d’illettrisme auxquels s’ajoutent la suppression des emplois-jeunes et la diminution des emplois aidés".
Pour le porte-parole du groupe Alliance et apparentés, "les mesures du plan Borloo ne répondent pas aux attentes ni aux défis de La Réunion". Aussi pour lui, "le plan réunionnais de cohésion sociale devra prendre en compte le vécu et la réalité réunionnaise".
Il a déploré que l’ensemble du secteur associatif n’ait pas été convié lors de la première réunion à ce sujet en préfecture. Il relativise l’importance d’un plan qui annonçait 12 milliards d’euros sur 5 ans et qui se réduit aujourd’hui à 1 milliard et demi d’euros pour sa première année : "Va-t-on bénéficier davantage de moyens ? Rien n’est moins sûr".
Considérant le CIVIS (contrat d’insertion dans la vie sociale) et le RMA (revenu minimum d’activité) comme des copies mal faites, il faisait part des inquiétudes financières liées au transfert de la gestion du RMI et du RMA.
"L’idée de prendre sur la TIPP n’est pas de nature à nous rassurer", avertissait hier Maurice Gironcel. "Va-t-on vers une augmentation des impôts ? Créer entre 5.000 et 6.000 RMA c’est bien, mais que va-t-on faire des dizaines de milliers d’autres (érémistes) ? Concernant les TOS, aucun montant n’a été donné pour le coût de cette opération, notamment pour les recrutements futurs. Les contrats d’aide aux communes subissent un redéploiement de moyens qui pénalise les petites communes".
Concernant l’investissement de 200 millions d’euros du Département pour 2005, ils demandent "quelle sera la priorité entre les défis au niveau des collèges, du bâti social et des infrastructures ?"

Le PS n’a pas la même vision du social

D’autres élus de l’opposition ont apporté leurs critiques comme Alain Armand, Philippe Leconstant, Monica Govindin, Jean-Jacques Vlody, Alain Zaneguy. Si le groupe Alliance partage face aux ambitions départementales des craintes surtout financières, le Parti socialiste est plus radical.
Jean-Jacques Vlody déclarant : "Nous n’avons pas la même vision du social", estimant que "les orientations choisies ne sont pas à la hauteur des problèmes sociaux de La Réunion".
La majorité fera remarquer aux élus que "la critique est aisée", en faisant valoir son dynamisme et son "refus de l’attentisme". Ibrahim Dindar aura notamment reproché à certains élus de l’opposition d’avoir fait le procès de l’État et du gouvernement au lieu de soutenir une action sociale qu’il pense volontaire et réaliste.

Eiffel


"Des emplois durables" demande l’Alliance

Une motion du groupe Alliance et apparentés relative aux orientations budgétaires du Département pour 2005 demande "une politique sociale cohérente et ambitieuse ne se faisant pas au détriment des plus pauvres et des plus démunis, un plan de cohésion sociale local non calqué et disposant de véritables moyens financiers".
La motion précise également "que les Réunionnais ne doivent, en aucun cas, être les victimes par une éventuelle hausse de la fiscalité, d’un désengagement de l’État" et "que les orientations budgétaires pour 2005 tiennent compte de ces contraintes".
La motion se conclut ainsi : "aussi nous prenons acte d’une volonté affichée pour 2005 de répondre aux attentes de la population, mais nous nous interrogeons sur la faisabilité et les garanties du financement des actions concernées".
Une autre motion du même groupe, refusant "la diminution du quota des contrats aidés, qui pénalise plus de 4.000 Réunionnais dans leurs étapes d’insertion" demande "le rétablissement du quota 2004 pour les CES, CIA et CEC à l’identique de l’année 2002 et que tout soit mis en œuvre afin que les Réunionnais accèdent à des emplois durables".


"L’économie doit progresser sur ses deux jambes"

Les élus socialistes du Conseil général ont déposé une motion où ils "s’inscrivent en faux contre les affirmations du préfet basées sur des chiffres manipulés du chômage (le 21/09/04), déplorent le discrédit jeté sur les exclus réunionnais, rappellent une fois de plus que l’économie réunionnaise, dans ce contexte, ne peut progresser que sur ses deux jambes, d’une part l’économie marchande et d’autre part l’économie alternative et solidaire".
Les élus socialistes "appellent l’ensemble des élus à refuser tous les désengagements financiers qui conduisent à affaiblir le secteur associatif de l’économie, créateur non seulement de dignité mais aussi de richesse, secteur incontournable à développer sur les quinze années à venir sans qu’il n’altère en aucune façon le dynamisme de l’économie marchande".


"Les effets pervers de la mondialisation"

Dans une motion déposée par leur groupe, les conseillers généraux de la majorité "demandent à la collectivité de soutenir l’action du président de la République et de la France dans sa demande de mise en place d’une fiscalité internationale pour réduire la pauvreté, favoriser le développement et financer les biens publics, globaux, tels que l’environnement, la santé publique ou les ressources rares".
Ils "demandent à leur collectivité de mettre en place, à l’échelle du territoire concerné, une commission pluridisciplinaire au Département, chargée d’étudier les moyens de lutte à mettre en place contre les effets pervers de la mondialisation".
Une autre motion relative aux minima sociaux et aux seuils vise à faire concorder chronologiquement le relèvement des prestations sociales (minimum vieillesse, AAH, APA), du forfait logement, du seuil d’accès à la CMU complémentaire et de l’augmentation du Smic en demandant que "ces valorisations se fassent toutes le 1er janvier ou le 1er juillet de l’année".


Poursuite du basculement de l’eau

Le conseiller général UMP Jean-Luc Poudroux a fait une présentation de l’opération d’irrigation du littoral Ouest. En faisant le point d’avancement du chantier, il a annoncé la reprise du creusement de la galerie Salazie amont. Jusqu’à fin 2004 les investigations se poursuivent avec des carottages verticaux et des forages horizontaux. Il est émis l’éventualité d’une attaque supplémentaire à l’explosif depuis Salazie.
Concernant les réseaux d’irrigation du littoral Ouest, la deuxième phase de mise en œuvre consiste à poursuivre la conduite maîtresse entre Saint-Gilles et Saint-Leu. Les travaux ont démarré pour la deuxième tranche et l’antenne 8 en début d’année 2004 et se poursuivront sur les autres antennes jusqu’en 2010.
L’aménagement prioritaire de l’antenne 8 (Saint-Leu) devrait s’achever en mars 2006 et devrait permettre d’irriguer un périmètre compris entre 646 hectares et 910 hectares. La réalisation partielle des antennes 3 (Saint-Paul) et 6 commencera en 2005 pour se terminer début 2007. Les autres antennes seront réalisées entre 2007 et 2010.


An plis ke sa

Parmi les rapports soumis à l’approbation des conseillers généraux se trouvaient l’harmonisation des compétences entre la Région et le Département, le relèvement du droit minimum de perception sur les cigarettes, le rapport sur le Revenu minimum d’insertion comprenant les relations du département avec l’ADI et la CAF, l’admission des étudiants réunionnais à la Cité universitaire de Paris, les conventions de gestion et d’utilisation des équipements sportifs destinés aux collèges, la modification du règlement départemental d’aides aux étudiants, la gestion et l’exploitation des ouvrages d’irrigation du littoral Ouest, la participation départementale au cofinancement des Contrats d’insertion dans la vie sociale (CIVIS), la revalorisation des indemnités d’entretien versées aux assistantes maternelles pour la prise en charge des enfants placés, la revalorisation de la rémunération journalière des accueillants familiaux, la participation du Département à la production de Logements locatifs très sociaux pour personnes âgées et handicapées, la modification du Règlement des interventions sanitaires et sociales départementales.