Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
CGPER
4 juillet 2006

Déçu de la tournure prise par les discussions de samedi, le syndicat des petits et moyens planteurs et éleveurs de La Réunion (CGPER) a tenu lui aussi une conférence de presse hier matin : pour réaffirmer le besoin d’un arbitrage fort de l’État.
Les arguments donnés lundi matin par Jean-Yves Minatchy, Président de la CGPER, étaient empreints d’une forte émotivité : colère devant "le comportement méprisant des usiniers vis-à-vis des planteurs", incompréhension devant ce qui est compris comme de la non-réactivité des services de l’État. "Au moins 16 organismes d’État vivent de la canne, un secteur économique encore très important, le premier produit d’exportation... Quand on défend la filière canne, ce sont aussi ses salariés qu’on défend", disait le responsable syndical.
Quant aux usiniers, ils sont accusés de "dresser les planteurs les uns contre les autres" et d’entretenir "l’esprit des années 60".
Sa colère vidée, le responsable syndical rappelle l’augmentation des charges de production qui pèse sur les producteurs, les efforts faits par l’immense majorité d’entre eux pour tenir contre vents et marées - des efforts "sous-estimés", ajoute-t-il en revenant sur le principal point de blocage dans les discussions : les sous-produits de la canne et les conditions d’un nouveau partage.
Les planteurs maintiennent absolument la nécessité de ce partage, qualifient de "mensonge" tout ce qui tend à faire croire que les sous-produits sont inclus dans le prix de base de la canne - en réponse aux usiniers qui soutiennent que la “recette mélasse” est intégrée au prix de base de la canne et qu’elle est inchangée depuis des années.
Pour la CGPER, "c’est l’arbitrage du gouvernement qui doit primer. La balle est dans son camp", a redit hier Jean-Yves Minatchy, en comparant la situation des protagonistes de la filière canne à d’autres arbitrages de l’État.
Jusqu’à ce que le Préfet appelle tout le monde à une médiation de la dernière chance, en début d’après-midi, la CGPER a réclamé un audit de l’État, "quitte à prolonger la convention actuelle d’un an, jusqu’à ce qu’on mette sur la table les richesses tirées de la filière canne".
C’est manifestement sur ce point de blocage qu’a été faite hier la plus grande avancée dans la rencontre entre le Préfet et les 3 autres partenaires de la Convention canne.
P. David
Nos peines
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