Canne à sucre

La canne à sucre : un or vert à La Réunion

Le colloque international de l’ISSCT rappelle toutes les richesses de cette culture

Manuel Marchal / 25 septembre 2018

Depuis hier, l’hôtel le Récif à Saint-Gilles accueille 115 chercheurs en agronomie spécialistes de la canne à sucre venus de 18 pays sous le thème : « Cultivons l’avenir, augmenter la productivité et la résilience dans le système de production de canne à sucre ». Durant 5 jours, ces agronomes échangeront leurs expériences et découvriront la recherche variétale et les méthodes de récolte de La Réunion. L’occasion de souligner que dans une canne à sucre, rien n’est à jeter, tout peut être matière à produits.

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Ouvert hier, un colloque scientifique international sur la canne à sucre valorise l’apport de La Réunion dans ce domaine. Cette manifestation est organisée sous l’égide de l’ISSCT, un organisme de référence dans la recherche, avec un pilotage à La Réunion assuré par R’Canne, le CIRAD, le CTICS, la Chambre d’agriculture et Tereos. « La Réunion a une excellente réputation en matière de recherche », souligne d’ailleurs. le Professeur Robert Gilbert de l’Université de Floride, président du Comité technique de l’ISSCT.

Fondée en 1924, l’ISSCT tient depuis son congrès tous les trois ans. Après Cheng Mai en Thaïlande en 2016, le prochain congrès aura lieu en 2019 à Tucuman en Argentine. Entre ces grands rendez-vous, l’ISSCT organise des workshop intermédiaires sur des thèmes spécifiques. Après la rencontre le mois dernier de Sao Paulo au Brésil sur les co-produits, La Réunion accueille le workshop se focalisant sur les pratiques culturales.
Le séminaire a commencé par le mot d’accueil de Daniel Marion du CIRAD, avant le discours d’ouverture tenu par Robert Gilbert. Bernard Schroeder, de l’Université du Queensland du Sud en Australie, a ensuite dressé le bilan du dernier congrès et les perspectives de l’ISSCT. Entre temps, un film présentant la filière canne de La Réunion a été projeté.

Après un échange avec la salle, la journée s’est poursuivie par des communications de travaux présentées par les chercheurs. Demain, le workshop fera une visite de terrain à R’Canne pour découvrir l’état de la recherche variétale à La Réunion, au CIRAD et sur une parcelle expérimentale à La Mare. Mercredi, les participants travailleront en atelier. Jeudi, une visite dans le Sud est programmée pour présenter la récolte mécanique chez un planteur du Tampon, et la livraison de cannes sur la balance des Casernes à Saint-Pierre. Le vendredi aura lieu la restitution.
Les interventions introductives ont permis de rappeler toutes les richesses de la canne à sucre. C’est en effet une plante totalement recyclable, la totalité de sa masse peut être source de différents produits. Et dans le domaine de la recherche, l’apport de La Réunion est indéniable, ce qui est aussi une richesse à valoriser.

M.M.



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  • Quel paradoxe ! la canne sucre c’est de l’or vert mais chaque année on constate que des agriculteurs abandonnent leur exploitation parce qu’ils n’arrivent plus en tirer un revenu suffisant pour vivre .

    Il faudrait peut être préciser que c’est de l’or vert pour certaines personnes seulement : les gros propriétaires et les usiniers .Par ailleurs si la canne était vraiment de l’or vert ; on peut se demander pourquoi on ne fait pas tout pour augmenter non seulement les surfaces d’exploitation mais aussi son rendement .

    Il semble que la production de canne permet de produire plus de 50% de l’énergie électrique de l’ile de la Réunion ;mais la part des surfaces agricoles consacrées la canne qui sont irriguées n’atteint pas 50% . .. Si l’irrigation permet d’augmenter le rendement l’hectare de plus de 50% on se peut se demander pourquoi il y a encore autant de terre canne qui ne sont pas irriguées . Il y a encore des ressources en eau qui ne sont pas encore exploitées notamment celles de certaines rivières dans l’est qui ne sont pas encore captées, celles qui tombent en abondance pendant la saison des pluies que nous pourrions stocker dans des grandes retenues artificielles et bien sûr celle qui sont déjà captées mais affectées totalement la production d’électricité mais que nous pourrions affecter en partie l’irrigation .

    Je pense notamment aux 7m3 d’eau de la rivière de l’Est qui sont utilisées pour produire de l’électricité . Si la canne produit environ 50% de l’électricité de l’île alors que la centrale hydroélectrique de Saint Rose ne produit plus que 15% de l’électricité de l’Île il serait peut être plus intelligent d’affecter une partie de l’eau de la rivière de l’est à la culture de la canne . Car si l’irrigation permet d’augmenter les rendements de l’ordre de50% cette agmentation de rendement va influer aussi su la production d’électricité . Avec 50% de l’eau restant disponible pour l’électricité nous pourrions toujours produire environ 10% de ne nos besoin en énergie électrique mais si la production de canne à sucre est augmentée de 40% par l utilisation de l’eau de la Rivière de l’est cela devrait nous permettre d’augmenter de 40% à 50%e l’électricité produite avec la bagasse .

    Vu sous cet angle il serait plus interressant d’affecter notre eau à l’irrigation plutôt qu’ la production d’nergie électrique . Et comme nous pourrions toujours remplacer la partie de l’énergie électrique produite par l’eau par des énergies renouvelable . Nous serions toujours serions toujours sur la bonne voie . Il y arait peut être une réflexion approfondie mener dans ce sens .

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  • Le sucre, c’est aussi le titre d’un film des années 70 qu’il faut revoir, spéculation, finance, arrangement, bref, l’actu actuelle. Ce qui est inquiètant, c’est que personne n’évoque le fait que le sucre, c’est bien beau, gentil mais c’est aussi le diabète et beaucoup de pollution car il n’est pas vraiment bio ! On est en train d’amplifier ces deux problèmes liés. Je propose que l’on se déverdifie, qu’on développe le maraichage, le Bio, les circuits courts, les jardins partagés, le café, le chocolat et de les transformer ici, en poudre, pâte à tartiner, tablettes. Les plus grands pâtissiers du monde seront ravis car la qualité, ça rapporte, montons en gamma, osons le faire, voilà, merci Arthur qui ne sucre pas son yaourt, toujours nature, au bon lait des hauts, local.

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  • Vous avez raison Arthur .Il n’y a plus de garantie d’un minimum de revenus pour le sucre et sa consommation est souvent nuisible pour la santé .Ce qui oblige la collectivité à aider petits planteurs et la sécurité sociale à agrandir son trou pour soigner les maladies qu’il provoque .Et peut être qu’il conviendrait de produire autre chose que de la canne sucre sur les meilleures terres réunionnaises .

    Je voulais surtout attirer l’attention sur la contradiction entre le potentiel offert par l’or vert et la diminution du nombre de petits planteurs de canne qui ont du mal à survivre avec les revenus de leurs exploitation . Si la canne à sucre c’est de l’or vert c’est manifestement pas pour les petits agriculteurs dans les conditions actuelles de répartition de la valeur des produits retirés de la canne qu’il s’agisse du sucre mais aussi des autres produits comme l’énergie électrique par exemple

    Quand on se rend compte que la canne à sucre est en train de se positionner comme concurrent du pétrole, appelé aussi l’or noir, dans la production d’énergie électrique, on comprend mieux pourquoi certains veuillent l’appeler l’or vert . Mais si l’on devait maintenir la culture de la canne à sucre uniquement parce qu’elle permet de produire de l’électricité il faudrait peut être penser à affecter une partie de l’eau destinée à l’hydroélectricité à l’irrigation de la canne pour qu’elle puisse produire plus d’électricité mais aussi que tout le monde y trouve son compte ,pas seulement les gros planteurs et les usiniers mais aussi les petits planteurs qui devraient recevoir une part beaucoup plus importante des bénéfices réalisés à partir de la production d’énergie électrique par la canne à sucre . Si non nos petits planteurs de canne ferait mieux effectivement de produire autre chose .

    Bien entendu si on choisissait cette option de la production de l’électricité à partir de la canne à sucre il ne faut pas oublier son impact sur le réchauffement climatique .Si nous réchauffons notre planète au point de la mettre en danger de mort, que ce soit avec de l’or noir ou avec de l’or vert , nous avons un comportement criminel non seulement pour nous mêmes mais aussi pour les générations futures . Mais malheureusement il n’y a pas encore de tribunal pour nous condamner . Il est peut être urgent de créer ce tribunal international et de lui donner les pouvoirs de nous sanctionner car pour que les règles soient respectées par tout le monde il faut que leur violation soit sanctionnée sévèrement .

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  • Merci pour ces infos intéressantes, pour compléter, concernant ce sucre local, il s’en produit 200 000 tonnes, soit, 2 000 000 de tonnes de canne au départ. pour TEREO, entreprise Brésilienne. C’est Carnaval non ?! On verra bien si ce nombre est stable, en hausse, en baisse, avec tous ces produits phytosanitaires que l’on "offre" pour que la plante, soit protégée, soit, mais c’est sur, que la terre, puis la mer en prennent un sacré coup. Ensuire, il y aura les coûts, pour toute la planète, c’est comme ça, Comme ailleurs pour les ananas. Voir à ce sujet la beau reportage diffusé sur France 5 à ce sujet, finissant par les fameux "Victoria", vendus une fois confits à coeur, préparés en Provence, puis distribués dans les boutiques de luxe, style "Fauchon", au prix pharamineux de 50 Euros pièces ! Alors qu’ils sont vendus, de la même taille, c’est à dire pas des plus gros, loin de là à 1 Euros pièce "nature". A Rungis, étiquettés "Label Rouge", le top, le prix est déjà bien multiplié, sacrée marge, le coût du transport est largement amorti ! C’est ça l’économie. Après ça, je vous invite à écouter France Inter en direct sur la FM (fréquence 98,8 M hz), dès le matin, 6h ici avec la rediffusion de "la Tête au carré" puis dès 5H, la reprise du direct, toujours très bien. Et les samedis, à 16H, heure de la Réunion, la très bonne émission "CO2 mon amour", voilà, Arthur qui attend le train électrique, créateur d’emplois durable et qui tousse en roulant en vélo, marchant dans les rues, le Bd Sud, encombré, donc enfumé, c’est grave pour demain.

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