Canne à sucre

La canne, notre bien commun à défendre

Réunion de la CGPER à Dioré Saint-André

Témoignages.re / 18 juillet 2005

Jean-Yves Minatchy demande aux représentants politiques, syndicaux et économiques de parler d’une même voix pour le maintien du prix garanti de la canne. La CGPER souhaite que le nouveau ministre de l’Outre-mer, François Baroin, s’engage immédiatement à défendre la canne à Bruxelles et à Strasbourg.

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Hier matin à Dioré Saint-André, le président de la CGPER, Jean-Yves Minatchy, a rappelé à une quarantaine de petits et moyens planteurs les conséquences "d’une baisse de près de 40% du prix garanti de la canne". Il a insisté sur le fait que "certains responsables agricoles réunionnais mentent aux planteurs et à l’opinion publique". Il profitera de la visite du ministre de l’Outre-mer, François Baroin, pour lui demander de consolider "le prix garanti".
Une fois de plus, Jean-Yves Minatchy alerte les Réunionnais sur les menaces qui pèsent sur les petits et moyens planteurs. Le fait que les usiniers de La Réunion vendent la tonne de sucre avec moins de 40%, entraînera la baisse du coût d’achat de la canne aux planteurs. À La Réunion, des jeunes se sont installés ou ont repris l’exploitation familiale. Ils ont investi et doivent rembourser tous les mois. Une telle baisse serait lourde de conséquences. "Elle entraînera la mort des petits et moyens planteurs", assure le leader syndical "puis la fermeture des deux usines sucrières et donc la perte de 12.000 emplois directs et indirects". À La Réunion, réexplique-t-il, "les petits et moyens planteurs livrent 1 million 600.000 tonnes de cannes sur les 1 million 960.000 tonnes globales".

Le référendum non-coupable

Il dénonce "la manipulation de certains responsables agricoles. Ils laissent entendre que la baisse du prix garanti serait due au “non” des Français au référendum dernier. Or les autres pays victimes de cette décision (Afrique, Caraïbe et Pacifique) et tout près de nous Maurice n’ont pas eu de référendum". Ces méthodes lui rappellent "celles des années soixante où les gros propriétaires terriens faisaient pression sur les petits colons".
Ce jour même à Bruxelles, les ministres européens interviennent auprès du Conseil européen agricole. Les planteurs d’Outre-mer sont représentés par Alain Gayadine. À La Réunion, la mobilisation continue à la veille de l’arrivée du ministre de l’Outre-mer. "Il est pour nous", insiste Jean-Yves Minatchy "responsable de l’ensemble du territoire. À ce titre, il doit défendre ce dossier directement auprès des instances européennes, à condition d’obtenir l’union sacrée de tous les élus politiques, de tous les responsables syndicaux et économiques réunionnais". La canne est notre bien commun sur le plan "culturel, social et économique". Sa défense doit être le fait de tous comme un seul homme.

Jean-Fabrice Nativel