Canne à sucre

La CGPER pour la prolongation de la préretraite agricole

Un dispositif indispensable à La Réunion

Témoignages.re / 21 novembre 2005

Hier, la CGPER tenait une conférence de presse au sujet de la préretraite des agriculteurs. Ci-après, de larges extraits de la synthèse.

Au cours d’une conférence de presse hier matin à Saint-André sur l’exploitation de la famille Sinacouty, les Jeunes de la CGPER ont demandé la prolongation du dispositif de la préretraite agricole à La Réunion.
Cette mesure inscrite dans la loi d’orientation agricole de 1997 a permis à environ 500 agriculteurs âgés de 55 ans à 60 ans de transmettre leur exploitation et se reposer après plus de 30 ans de labeur en donnant leur dos au soleil 365 jours par an.
La préretraite agricole a également ouvert la porte à des jeunes agriculteurs formés de mettre un pied dans l’agriculture en reprenant une exploitation agricole existante, chose difficile actuellement à cause de la rareté des terres et du coût du foncier.
Ainsi, ce sont plus de 2.000 hectares de SAU (Surface agricole utile) qui ont été libérés dont 74% en canne à sucre, 15% en surface fourragères, 7% en maraîchage, et 3% en arboriculture fruitière.
Selon les statistiques de la DAF (Direction de l’agriculture et de la forêt), la préretraite agricole a permis 103 installations aidées dont 80% dans le cadre familial et 183 agrandissements (de 5.5 hectares à 8.4 hectares). Dans un département où le foncier agricole est de plus en plus convoité, il est incontestable que la préretraite agricole soit un outil indispensable à la transmission des exploitations, car elle offre au cédant une garantie sur le devenir de leur exploitation.
Pour les jeunes agriculteurs, la préretraite agricole est un outil indispensable à la poursuite de la politique agricole de La Réunion, car elle crée les conditions de reprises favorables au développement d’exploitations et à conserver la vocation agricole des terres libérées malgré une pression foncière grandissante. Si aujourd’hui, un jeune qui n’est pas issu d’une famille d’agriculteurs veut s’installer, il doit avoir les poches solides.
À 15 jours de la visite du ministre de l’Agriculture, les jeunes agriculteurs entendent redire l’importance de le préretraite agricole pour La Réunion, et nous allons demander sa prolongation ainsi qu’une revalorisation du montant à un SMIC car avec l’augmentation du coût de la vie, factures d’eau, d’électricité, le loyer, les carburants, les préretraités agricoles pourront difficilement vivre avec 500 euros par mois.
Dans un département où le taux de chômage est de 35% et où l’agriculture reste la principale source d’exportation, nous devons mettre tout les moyens pour que la transmission des exploitations se fasse dans les meilleures conditions pour le cédant et le repreneur.


Sauver la filière canne-sucre

La CGPER demande l’appui du ministre de l’Agriculture

À la veille du Conseil des ministres européen de l’agriculture qui se réunira à Bruxelles du mardi 22 novembre au jeudi 24 novembre, dans une déclaration officielle hier après-midi à Bruxelles, la commissaire européenne à l’Agriculture, Mariann Fischer Boel, n’a pas changé d’un iota sa proposition pour la baisse du prix du sucre de 39%, elle persiste et signe.
Partant de ce constat, la CGPER demande au ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau, de mettre tout son poids pour sauver la filière canne réunionnaise lors du Conseil des ministres de l’Agriculture de l’Union, et obtenir une compensation beaucoup plus forte au 60% proposés par Bruxelles le 22 juin 2005.