Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
OCM Sucre
1er août 2005

Mercredi dernier, tandis que les ministres européens de l’Agriculture se réunissaient pour débattre des propositions de réforme du régime sucrier européen, plusieurs milliers de betteraviers ont protesté contre la mort assurée de milliers de planteurs, en Europe et dans les pays ACP. Mais la Commissaire européenne à l’agriculture s’estime soutenue par une majorité de ministres, parmi lesquels toutefois le groupe des opposants continue de grandir.
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D’après “The Barbados advocate*” (version web), la commissaire de l’Union européenne à l’Agriculture a fait part de son optimisme quant au soutien apporté à la réforme controversée de l’industrie sucrière, alors même que des milliers de producteurs parcouraient les rues de Bruxelles, mercredi dernier. La commissaire a dit que la réforme en cours, dont les producteurs de sucre européens pensent qu’elle va mettre en danger leurs moyens d’existence, est vitale pour la survie de l’industrie. "Je ne vois aucune majorité significative contre la réforme", a-t-elle dit à des journalistes, après la première présentation de la réforme aux ministres de l’Agriculture des pays membres. "Il y a aujourd’hui plus de votes en faveur de la réforme que contre elle. Si nous ne faisons rien, c’est toute la production sucrière européenne qui va connaître une mort lente, pénible et certaine", a-t-elle ajouté. La réforme est devenue nécessaire après que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a déclaré illégale la politique européenne en vigueur depuis 1968, conséquemment à une plainte de l’Australie, du Brésil et de la Thaïlande.
Actuellement, l’Union européenne achète le sucre à un prix garanti - payé de fait par les consommateurs - Bruxelles payant les producteurs à un niveau environ trois fois supérieur au prix moyen du marché mondial. Le projet de la Commission européenne est de baisser le prix garanti de 39% sur deux ans à partir de 2007 (sic) et d’offrir un régime de compensation pour les producteurs contraints à la cessation d’activité du fait de la baisse du prix.
L’espoir [des Commissaires - Ndlr] est de voir ce projet aboutir en novembre. "Bien sûr, il n’est pas surprenant de voir quelques ministres exprimer leurs doutes sur la viabilité d’une baisse aussi importante que celle que nous avons proposée", a ajouté Mariann Fischer-Boël. "C’est la première discussion politique que nous avons eue au Conseil et j’ai été très encouragée", a-t-elle dit. Mais elle a refusé de révéler combien de ministres européens se sont opposés aux mesures.
Une position durcie
Cependant, un officiel proche du dossier a dit que la position des ministres s’était durcie contre la réforme, le nombre d’opposants étant passé à dix. Auparavant, les huit pays membres formant une minorité de blocage étaient l’Estonie, la Finlande, la Grèce, l’Italie, l’Irlande, la Lituanie, l’Espagne et le Portugal. Mariann Fischer-Boël estime important d’aboutir à un résultat avant de se rendre au prochain sommet de l’OMC, à Hong Kong, en décembre. Pendant ce temps, 6.000 à 8.000 agriculteurs des 21 pays membres producteurs de sucre étaient rassemblés à proximité, pour être sûrs de faire entendre leurs voix. "Quel est notre avenir ?", disait une des pancartes brandies par les manifestants, dont la protestation est restée calme tandis que les ministres de l’agriculture se réunissaient pour débattre des propositions. "La réforme ne vaudra que pour une poignée de multinationales dominant le marché du sucre ; elle sera négative pour les fermiers européens", a déclaré Roger Saenen, porte-parole de l’Union agricole flamande Boerenbond. Les mesures préconisées vont aussi sûrement mettre à mal le secteur sucrier de 18 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique - les pays ACP - qui jusqu’ici bénéficiaient aussi du système de prix garanti. Ces pays affirment qu’ils vont perdre 400 millions d’euros chaque année (480 millions de dollars). "Cette réforme va nous pousser vers la pauvreté et la faillite économique", a déclaré à l’AFP Christian Foo Kune - cité par “Barbados advocate” - au nom du groupe des pays ACP. Dans le dispositif, l’Union européenne a prévu 40 millions d’euros d’aide aux producteurs des pays ACP, mais ces fonds ne serviront qu’à compenser les pertes industrielles, conclut le journal du web caribéen.
(traduction "Témoignages")
* La Barbade est l’un des 79 pays ACP, dont seize sont dans la zone caribéenne.
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