Canne à sucre

La Hollande pour une réforme progressive

Les propositions Fischler devant les ministres de l’agriculture des 25

Témoignages.re / 21 juillet 2004

Le projet de réforme du système sucrier européen a été présenté lundi après-midi aux ministres de l’Agriculture de l’Europe réunis à Bruxelles.

L’importance de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’Union européenne lundi dernier à Bruxelles a été soulignée tant par l’U.E. - qui l’avait annoncée dans son programme officiel - que par la presse internationale. La plupart des observateurs, faisant remarquer que 22 pays membres sur 25 sont des producteurs de sucre.
À notre connaissance et selon les informations en notre possession, rien n’a filtré de cette réunion. Rien d’officiel n’y est sorti. Il est vrai qu’il ne s’agissait, de fait, que d’une simple remise officielle du document aux ministres des États membres.
Seul, Cees Veerman, ministre de l’Agriculture des Pays-Bas et président en exercice du Conseil des ministres de l’Agriculture de l’Union européenne, a fait connaître son sentiment lors d’un point de presse. Le ministre hollandais qui se dit inquiet de l’impact de la réforme, milite pour une réforme progressive : "La Hollande est pour un changement progressif dans le marché du sucre mais d’une manière à laquelle les producteurs les plus efficients en Europe peuvent faire face, et aussi en faveur des pays producteurs de sucre les moins fortunés" a-t-il dit.
Constatant que ce dossier oppose plusieurs intérêts différents, Cees Veerman appelle à leur prise en considération, "y compris ceux des pays en voie de développement qui exportent le sucre vers les pays de l’UE sous les arrangements commerciaux préférentiels". Le mandat du ministre hollandais comme président du Conseil des ministres de l’Agriculture s’achève à la fin de cette année. Il sera remplacé, pour 6 mois, par son homologue du Luxembourg qui laissera à la mi-2005, à son tour, la place au ministre anglais.
Or, selon Cees Veerman, il sera impossible de déboucher sur un accord avant la fin de l’année. Le processus de réforme doit débuter en juillet 2005. Les changements seront mis en œuvre sur une période de quatre ans afin d’accorder un temps d’adaptation à toutes les parties. Il est prévu qu’une évaluation de l’application de la réforme soit effectuée en 2008. Mais, à écouter Cees Veerman, il n’est pas sûr que l’Union européenne sera prête pour juillet 2005. Un sentiment généralement partagé. Le sursis donné pourrait alors être utilisé tant pour les RUP que pour les pays, afin d’obtenir un maximum de garanties possibles.


Réunion des ministres de l’Agriculture

Les betteraviers demandent un sursis d’un an

La Confédération internationale des betteraviers européens (C.I.B.E.) a fraîchement accueilli le projet de réforme de l’OCM-Sucre présenté par le commissaire Franz Fischler. Dans un communiqué du 16 juillet, ils se disent "choqués par la brutalité des baisses de prix et de quotas (...) et par sa date d’application", et insistent pour que la Commission "respecte le Règlement Sucre actuel (...) jusqu’à son échéance du 30 juin 2006, car c’est sur cette base que de nombreux investissements ont été réalisés tant au niveau agricole qu’industriel".
Sur les réductions de quotas, les betteraviers demandent qu’elles soient "également réparties entre les différents produits couverts par l’actuel Régime Sucre". Quant aux baisses de prix "drastiques", ils constatent :

- qu’elles ne profiteront pas aux consommateurs

- qu’elles sont "déconnectées des protections tarifaires"

- et qu’elles frappent indistinctement les pays en développement "avec lesquels il serait plus intelligent de mettre en place des accords de contingentement".

Enfin, ils demandent "une compensation totale et durable" des baisses de revenus imputables aux diminutions de prix et de quotas.