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Fermetures d’usines sucrières en Afrique de l’Ouest
23 décembre 2014, par

En Afrique de l’Ouest, la concurrence des importations venant de produits à bas coût de production a amené la disparition de l’industrie sucrière au Tchad. D’autres sucreries sont menacées dans les pays voisins. En France comme à La Réunion, cette concurrence commencera en 2017. Comment éviter la catastrophe à La Réunion ?
En Afrique de l’Ouest, la hausse de la population et le recul de la grande pauvreté ouvrent de nouvelles perspectives pour les producteurs de sucre. La demande est en augmentation. Cela devrait être un atout pour les producteurs de ces pays. Mais ce n’est pas le cas alors que c’était un eldorado annoncé.
Ainsi, l’Ouest de l’Afrique a vu des investisseurs construire ou reprendre des sucreries. Parmi eux, le groupe français SOMDIAA produit chaque année 350.000 tonnes de sucre dans plusieurs implantations. Mais au mois de février dernier, les Français ont décidé de fermer une usine de sa filiale Compagnie sucrière du Tchad (CST). Jeune Afrique donne une explication :
« « Nous ne pouvons plus continuer à produire. Depuis trois mois, nous n’avons pas pu vendre un seul sac de sucre. Nos locaux sont pleins à craquer ». C’est ainsi que Mahamat Allamine Maouloud, directeur de la production de la Compagnie sucrière du Tchad (CST), propriété du groupe panafricain basé en France Somdiaa, a justifié la fermeture de l’usine de Banda, près de Sarh. Cette fermeture, annoncée le 25 février, consacre l’arrêt de la production de sucre au Tchad, après la fermeture d’une première usine à N’Djaména en 2012 ».
« Ces événements sont la conséquence de la concurrence des sucres nigérians et soudanais, vendus moins cher et qui inondent le marché tchadien. Début janvier, dans une campagne de communication, la CST alertait l’opinion sur le fait que 70 % du sucre consommé au Tchad était d’origine étrangère et introduit en toute illégalité. Ajoutant que si les autorités ne réagissaient pas en conséquence, elle risquerait de fermer ses installations. L’appel ne semble pas avoir été entendu… »
Cette mesure a un coût social énorme : 2500 travailleurs sont mis au chômage, sans compter ceux qui travaillaient dans les champs pour produire de la canne et qui n’ont plus aujourd’hui d’acheteurs.
Au Cameroun, une autre filiale de SOMDIAA, la Société sucrière du Cameroun, a failli fermer une de ses deux usines pour cause de mévente.
Ce n’est pourtant pas la demande qui est en cause. Elle est estimée à 2,8 millions de tonnes par an en Afrique de l’Ouest, alors que la production est de 400.000 tonnes rappelle « Jeune Afrique ». Avec la hausse de la population, le débouché devrait encore augmenter.
Or, bien que les usines n’arrivent pas à couvrir la consommation locale, elles ont également les plus grandes difficultés à vendre leur sucre. C’est la faute à la concurrence de sucres importés de pays où les coûts de production sont moins élevés. Ces derniers inondent le marché, provoquant la crise.
Pour le Tchad, la concurrence est venue du Nigéria et du Soudan. Pour le Cameroun et le Sénégal, c’est le Brésil et l’Asie qui jettent le trouble. D’après Jeune Afrique, le Brésil a exporté plus de 2 millions de tonnes vers l’Afrique de l’Ouest. Cela couvre une grande partie des 2,8 millions de tonnes consommées. Il ne reste alors plus que 800.000 tonnes à se partager entre les autres concurrents mondiaux et la production locale.
Cette crise vécue par les producteurs en Afrique de l’Ouest donne un avant-goût de la menace qui pèse sur La Réunion dans moins de trois ans.
En 2017, ce sera la fin des quotas et du prix garanti. Le sucre produit à La Réunion sera alors face à des concurrents très performants. Ainsi en Europe, le sucre de betterave coûtera 200 euros la tonne de moins que le sucre de canne réunionnais. Si les Européens n’achetaient plus de sucre de La Réunion, quels seraient les débouchés pour les usines du Gol et de Bois-Rouge ? Il est clair que le marché réunionnais est loin d’être suffisant pour absorber la production d’une usine.
En Afrique de l’Ouest, le soutien des pouvoirs publics est demandé. C’est la seule manière de résister. Soit les autorités bloquent les importations, soit elles subventionnent les productions locales pour qu’elles puissent s’aligner sur les prix de la concurrence.
À La Réunion, c’est la seconde possibilité qui a été demandée au gouvernement : une aide supplémentaire de 38 millions d’euros par an à partir de 2017 pour que le sucre réunionnais puisse être concurrentiel dans le marché mondial. Car l’usinier a été très clair. S’il n’a pas la certitude de vendre son sucre, il n’achètera pas les cannes des planteurs. Cela entraînera la ruine des planteurs, la mise au chômage des ouvriers d’usine et des transporteurs, ainsi que de grandes pertes pour les commerçants.
Les décisions prises en Afrique de l’Ouest montrent que la menace de fermeture des usines est bien réelle.
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Messages
15 février 2015, 09:52, par vandenbon
Bonjour,
La vraie réponse à cette ouverture programmée du marché est comment rendre compétitif la production de sucre en Afrique de l’Ouest et/ou à la Réunion ? La réponse est connue mais les acteurs préfèrent généralement se retourner vers l’Etat pour des aides. Néammois, les Etats doivent mettre en place des moyens de lutte contre la fraude, non paiement des taxes,droits,- - - sport favori des commercants en Afrique
Cdlt