Les questions du temps présent
21 juillet, parCeux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
La canne c’est le sucre, mais pas seulement -13-
13 novembre 2014, par

Le plastique est présent un peu partout. Il sert aussi bien à la fabrication des sacs d’emballage, qu’à celle des bouteilles de plastique. La vaisselle en plastique, çà existe, aussi bien que des pièces de carrosserie, les jouets, des maisons que l’on peut fabriquer en un temps record grâce à des imprimantes trois D… On s’imagine mal se passer aujourd’hui du plastique. Mais le plastique vient-il du pétrole ? Pas seulement ! Il peut aussi provenir des végétaux et dans ce domaine la canne à sucre est une matière première de choix.
Recyclable, elle permet de réduire de 75% les émissions de gaz à effet de serre lors de sa production, la bouteille en bio-plastique, à base de canne à sucre, a le vent en poupe.
Ecover, pionnier depuis plus 30 ans sur les produits écologiques d’entretien et lessives, a opté depuis plusieurs années pour des bouteilles 100% polyéthylène (PE) à base de canne à sucre pour la quasi-totalité de sa gamme. Cela représentait en 2011, 20 millions de bouteilles par an soit près de 1.000 tonnes de bio-plastique aux qualités identiques au plastique traditionnel à base de pétrole. Depuis cette date, les volumes produits ont augmenté de façon massive.
Le géant américain Procter and Gamble inclut depuis 2010 une part de ce PE vert dans le plastique des bouteilles de shampoing d’une de ses marques. Idem pour le groupe français Danone, dont la bouteille de Volvic est fabriquée avec 30% de cette composante végétale.
« Avant, avec le plastique à base de pétrole, la fabrication de notre bouteille de 500 ml se traduisait par l’émission de 95 g de CO2, avec la nouvelle ces émissions sont réduites à 28 g par bouteille », indique Mick Bremans, PDG d’Ecover.
Le bilan carbone de ce matériau naturel non fossile est avantageux dès la coupe de la canne à sucre, qui a déjà absorbé du CO2 durant sa croissance – 60 tonnes par hectare de canne cultivé.
Certes cet agro-plastique coûte plus cher que le plastique à base de pétrole, toutefois cet argument est dépassé aujourd’hui et le réchauffement climatique a pris une telle ampleur que l’argutie du prix semble de bien peu de valeur.
Ces expérimentations ont donné des produits, elles ont également ouvert la voie à d’autres avancées. En France, des entreprises commercialisent depuis plusieurs années de la vaisselle jetable fabriquée à partir de la bagasse. À la différence des assiettes en plastiques fabriquées à partir du pétrole, celles issues de la canne à sucre sont « biodégradables » – on dira recyclables à 100%, car si elles ne sont que sécables en fines particules, sauf recyclage systématique, elles présentent un caractère dangereux pour l’environnement. Certaines villes se sont équipées de bacs à ordure et de bacs à fleurs en agro-plastiques. Avec les progrès réalisés dans le domaine des agro-plastiques, cette fois-ci, on amorce un changement d’échelle. Les industries du plastique pensent sérieusement à changer de matière première.
Vocabulaire : « biodégradable » |
Ceux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
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