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8 janvier 2015, par

Dans notre article du lundi 5 janvier, nous avons évoqué les biocarburants de première génération qui présentent, pour certains d’entre eux, l’inconvénient d’entrer en concurrence, avec l’homme, car ils utilisent des produits agricoles dont les hommes se nourrissent ou qui servent d’alimentation au bétail pour la production de viande ou de lait (maïs, colza, plantes à sucre…). Cette situation et les polémiques qu’elle a soulevées ont engendré des recherches en vue de la production de biocarburants de deuxième génération.
Il ressort de différentes études que les énergies fossiles représentent aujourd’hui plus de 80 % de la consommation mondiale, et les transports notamment dépendent à 95 % du pétrole. Alors que les réserves diminuent, la demande mondiale est en constante augmentation du fait de l’émergence de certaines économies. Les experts estiment que la demande énergétique mondiale pourrait augmenter de plus de 50 % entre 2009 et 2030 et que le pétrole devrait atteindre un pic de production vers 2020/2030… D’où l’importance des recherches entreprises en vue de produire ce que l’on a appelé les biocarburants de deuxième génération. Ceux-ci sont produits à partir de la partie non comestible des végétaux (paille, bois, déchets végétaux). Contrairement aux biocarburants de première génération, ils ne concurrencent l’utilisation alimentaire humaine telle qu’on l’a vue ci-dessus. Directement utilisables par les véhicules classiques, ils devraient permettre en outre de réduire considérablement les émissions de CO2 donc ses effets sur le dérèglement du climat.
Le projet de la société Air-liquide est réalisé en collaboration avec l’institut de technologie de Karlsruhe et cofinancé par le Ministère fédéral allemand de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Protection des consommateurs dans le cadre du programme en faveur des ressources biologiques renouvelables. Air Liquide développe Bioliq®, suivant un procédé en trois étapes pour produire des biocarburants de deuxième génération : la paille, matière première du procédé, est d’abord transformée en brut synthétique « le Bioliq® SynCrude ». A haute température, ce brut est “gazéifié” pour produire un mélange d’hydrogène et de monoxyde de carbone, qui réagit pour former du méthanol. Ce méthanol pourra enfin être utilisé pour produire du diesel de haute qualité. Le procédé Bioliq® devrait permettre de produire 1 litre de diesel à partir de 7 kg de paille.
Si le projet Bioliq® vise l’étude et la formation de la chaine complète de production de biocarburants, des bottes de paille à la pompe à essence, le projet Bioboost se concentre lui sur la matière première, la biomasse, afin d’améliorer l’efficience de toute la chaine. Il vise d’une part la production de nouvelles ressources de biomasse, et d’autre part l’étude comparée de la rentabilité économique et des impacts environnementaux de chaque type de biomasse. Pour produire de nouvelles ressources il devrait suivre plusieurs pistes… une des pistes consiste à fabriquer à partir des biomasses des produits chimiques comme le méthanol, l’éthylène et le propylène, et même de matières plastiques, contribuant ainsi au développement de bioraffineries.
Vocabulaire : méthanol, éthylène, propylènes
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