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L’Etat ne s’engage pas au-delà de 2017, Tereos refuse de négocier une nouvelle Convention Canne
26 juillet 2014, par

Les représentants des planteurs ont rencontré l’Etat et la direction de Tereos Océan Indien, propriétaire des deux dernières usines sucrières. Au cœur du problème, l’avenir de la filière canne avec la perspective de la fin des quotas et du prix garanti en 2017. Après cette date, le sucre produit à La Réunion sera soumis à la concurrence mondiale. L’Etat a refusé de s’engager pour le moment à continuer à soutenir la filière après 2017, renvoyant cette question à un prochain séjour de François Hollande dans notre île. Quant à l’industriel Tereos, il veut prolonger la Convention Canne actuelle qui expire à la fin de l’année jusqu’en 2017. Dans l’attente d’une réponse ferme et définitive de l’Etat, les planteurs veulent une nouvelle Convention Canne pour 2015-2017. Tant que l’industriel ne voudra pas négocier une nouvelle Convention Canne, les planteurs maintiendront le blocage des plates formes de livraison de canne et des usines sucrières.
Depuis jeudi, à la veille de l’arrivée prévue de François Hollande dans notre île, toute la filière canne est à l’arrêt. A l’appel de la CGPER, les planteurs ont commencé une mobilisation. Depuis jeudi, toutes les plates formes de livraison de canne à sucre sont bloquées, et tout transport de cannes vers les deux usines sucrières n’est plus possible.
L’annonce du report de la visite du président de la République n’a pas désamorcé le mouvement. Des conseillers du chef de l’Etat et de la ministre des Outre-mer ont en effet précédé la délégation parisienne et étaient dans notre île depuis jeudi. Si François Hollande n’est pas venu, alors qu’il mette en pratique les déclarations qu’il comptait tenir ce vendredi dans la cour de l’usine sucrière de Bois-Rouge. Tel était en substance le message des planteurs depuis jeudi soir.
Le rendez-vous est décisif pour la filière. En effet, en 2017 le quota de 300.000 tonnes et le prix d’intervention n’existeront plus. Pour la première fois depuis que La Réunion est intégrée dans l’Union européenne, elle n’aura plus la certitude d’écouler toute sa production sucrière en Europe. Jusqu’en 2017, l’Union européenne a en effet l’obligation d’acheter le sucre produit à La Réunion qui ne trouve pas preneur sur le marché. Le prix est garanti, indépendant des fluctuations du cours mondial, et il doit constituer la base d’un revenu décent pour les planteurs de canne.
Actuellement, l’Etat verse 90 millions d’euros de subvention. Pour que le sucre réunionnais puisse se vendre au même prix que le sucre de betterave après 2017, il faudrait augmenter cette aide de plus de 30 millions d’euros. Le 6 mai dernier, lors d’une audition devant les députés de la Délégation à l’Outre-mer, le président de Tereos Océan Indien avait évalué à 200 millions d’euros le montant des subventions nécessaire à la compétitivité du sucre réunionnais sur le marché mondial après 2017. C’est pourquoi la déclaration de François Hollande ce vendredi devant l’usine de Bois-Rouge était très attendue. Mais le crash de l’avion d’Air Algérie a entrainé le report de sa visite.
Jeudi et vendredi, des rencontres ont eu lieu au siège de la Direction de l’agriculture et de la forêt. Autour de la table, les représentants des planteurs, ceux de Tereos et l’Etat. Au bout de plusieurs heures de discussions, la situation est la suivante :
- L’Etat maintient son aide jusqu’en 2017, c’est-à-dire tant que le sucre réunionnais bénéficie d’un prix garanti, qu’il soit vendu ou pas. Pour l’après 2017, il faudra attendre la prochaine visite de François Hollande. Ce sera donc le président de la République en personne qui décidera de la mort ou de la survie de la filière canne et des 30.000 emplois en dépendant.
- Tereos veut prolonger la Convention canne expirant sur la campagne de commercialisation 2014-2015 jusqu’en 2017. Cette convention signée par les planteurs et l’industriel fixe le prix de la canne. Tereos ne s’engage donc pas plus que l’Etat.
- Les planteurs sont dans l’attente d’un soutien de François Hollande à la filière au-delà de 2017, se traduisant par une augmentation de 30 millions d’euros des subventions de l’Etat. Pour l’immédiat, les planteurs demandent d’une part de laisser l’actuelle Convention Canne expirer à la date prévue. D’autre part, ils revendiquent une nouvelle Convention pour 2015-2017, prenant en compte la hausse continuelle des charges de production. Le prix de la canne payé par l’industriel n’a pas bougé depuis 20 ans, les planteurs veulent donc augmenter le prix de la canne.
Devant le refus de Tereos de discuter d’une nouvelle Convention Canne, les planteurs ont décidé de maintenir le mouvement de grève de la coupe. Les usines sucrières ne seront pas livrées en matière première tant que l’industriel Tereos refusera de négocier une nouvelle Convention Canne.
Manuel Marchal
Communiqué de la préfecture |
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