Canne à sucre

Les planteurs dans la mairie de Bras-Panon

Fédération Est de la CGPER devant la mairie de Bras-Panon

Témoignages.re / 4 juin 2005

Une soixantaine de planteurs de l’Est sont venus exprimer leur mécontentement à Daniel Gonthier, vice-président du Conseil général, délégué à l’aménagement et l’environnement. Ils demandent l’utilisation de l’enveloppe départementale pour les chemins d’exploitation.

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"Trop de réunions n’est pas bon", déclarait Daniel Gonthier aux planteurs mécontents. Oui, parce que l’acte prévaut. Et pour l’instant, rien n’est fait. Il serait grand temps que les planteurs disposent de ses aménagements tant promis, surtout après la grosse période de pluie qui s’est abattue à La Réunion, sur l’Est de l’île notamment. "La collectivité départementale a voté une enveloppe de 2 millions d’euros pour la réfection des chemins d’exploitation lors de la commission permanente du 23 mars 2005", explique André Minatchy, président de la fédération Est de la CGPER, qui déplore "qu’à moins d’un mois de l’ouverture de la campagne sucrière dans l’Est, les agriculteurs attendent toujours le début des travaux". Les planteurs notent que les instances instructrices de ces dossiers ont déjà effectué leur travail. "Il ne manque que le déblocage des fonds par le Département", indique André Minatchy. La raison qui explique cette visite fortuite à l’Hôtel de ville de Bras-Panon, par ailleurs le jour où Daniel Gonthier reçoit ses concitoyens panonnais, "C’est que ce dernier déclarait dans une interview télévisée du 19 mai, que tout allait rentrer dans l’ordre, et que les modalités pour la réfection des chemins étaient validées avec la possibilité pour les planteurs d’utiliser leur matériel pour compenser les 25% d’apport personnel", poursuit le président de la fédération Est de la CGPER. "Plus grave encore", insiste André Minatchy, "on demande aujourd’hui aux planteurs de signer des chèques de caution, allant de 2.000 à 4.000 euros pour le montage du dossier, alors que tout le monde sait que le mois de mai est le mois le plus difficile pour la trésorerie des planteurs". La CGPER souhaite qu’une solution soit trouvée pour les voiries, une fois pour toutes, et propose le broyage des andins par des concasseurs mobiles qui existent à La Réunion, et qui pourrait servir à faire les chemins ferrés sur l’ensemble du Département.

"Même s’il ne faut pas dormir"

Une série de questions sera posée à l’élu panonnais : "Quand les travaux vont réellement commencés ? Quels types de chemins sont susceptibles de bénéficier de l’aide du Département ? Est-ce que tous les dossiers déposés seront traités ? Si les planteurs n’ont pas de tracteurs, ni la possibilité d’apporter ces 25%, est-ce qu’il pourra bénéficier d’une aide ?", demandent les planteurs. Daniel Gonthier, qui dit être "l’élu le plus convaincu de l’utilité de la filière agricole", ne peut cependant pas donner un seul élément de réponse, si ce n’est de proposer à toutes ses mains vertes ... une réunion, cette fois la bonne, au Conseil Général, pour mettre à plat toutes ses questions, peut-être ce lundi. "J’entends bien votre message, je le transmettrais à la présidente du Conseil Général", poursuit Daniel Gonthier, qui se déclare "volontaire pour cette table ronde". Le discours ne change pas. C’est l’action qui manque. Du moins, la soixantaine de planteurs sont sortis de cette réunion, sans vraiment savoir l’issue de cette affaire. Ils auraient aimé parler plus longuement de leurs préoccupations avec le vice-président du Conseil général, mais ce dernier est aussi premier magistrat de Bras-Panon, et de ce fait, était retenu par sa population. Espérons vraiment que ça travaille dur, "même s’il ne faut pas dormir", disait-il. Effet d’annonce pour calmer le jeu ?

Bbj