Canne à sucre

Les planteurs de canne à sucre interpellent directement Région et Département

Les collectivités de La Réunion au pied du mur

Manuel Marchal / 29 juin 2017

Hier à l’appel de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs, des planteurs ont manifesté entre Saint-Benoît et Saint-Denis avant de passer la nuit devant la préfecture. Ils ont obtenu le soutien du Conseil départemental et de la Région à leur revendication : le retour de Tereos à la table des négociations pour discuter d’une augmentation du prix de la canne à sucre.

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Les planteurs campent devant la préfecture.

Au lendemain d’un communiqué de Tereos refusant de fait de reconnaître la légitimité d’élus du Comité paritaire de la canne et du sucre (CPCS), la FDSEA et Jeunes Agriculteurs sont passés à l’action. La mobilisation a commencé le matin par un convoi de tracteurs parti de Saint-Benoît. Il s’est renforcé au fil des traversées de Saint-André et de Sainte-Suzanne pour finalement aboutir devant la préfecture. Responsable de cette manifestation, l’intransigeance de l’industriel a été à l’origine d’importants embouteillages dans l’Est de La Réunion.

Ramener l’industriel à la négociation

Une délégation de syndicalistes s’est ensuite rendue au Conseil départementale où elle a été reçue par Serge Hoarau, conseiller délégué à l’Agriculture. Puis direction la Région Réunion pour une rencontre avec Didier Robert. Au retour de leur mission, les représentants des planteurs ont assuré avoir le soutien des deux collectivités. Cela s’est notamment matérialisé par l’arrivée devant la préfecture de Serge Hoarau et de Didier Robert. Puis les planteurs ont rencontré le secrétaire général de la Préfecture. Ce dernier s’est engagé à proposer un calendrier de négociations permettant d’impliquer tous les partenaires. Cette mobilisation s’est déroulée dans un contexte où Tereos est frappé par une enquête sur l’utilisation de subventions. Les gendarmes ont notamment passé la nuit de mardi à mercredi à perquisitionner le siège de Tereos Océan Indien sur le site de l’ancienne usine de Quartier Français.

Au travers de cette manifestation, les planteurs ont interpellé les collectivités responsables de l’agriculture, Département, et de l’économie, Région Réunion. À plusieurs reprises, les élus de l’Alliance à la Région et du Groupe de concertation pour le développement au Département ont présenté des motions demandant une action concrète de ses collectivités pour qu’elles s’impliquent afin de trouver une issue favorable à la crise de la filière canne-sucre. Lors de sa dernière conférence de presse, Elie Hoarau, président du PCR, avait proposé la création d’un Comité de survie de la filière impliquant la Région, le Département, la Chambre d’agriculture, les syndicats planteurs et l’industriel pour aller dans ce sens et rechercher des solutions pérennes à cette crise.

6 euros de plus par tonne de canne

Le président du PCR avait insisté sur la valorisation de tous les co-produits de la canne. Il en existe 500 dont 100 sont valorisés. La transformation de la filière canne-sucre en industrie de la canne mettra à l’abri ces 18.000 emplois des soubresauts du cours mondial du sucre.

Les planteurs ont passé la nuit devant la préfecture. Un appel au maintien du front syndical a été lancé pour faire aboutir la principale revendication des planteurs : une hausse de 6 euros du prix de référence de la canne à sucre payé par Tereos aux planteurs.

M.M.