Canne à sucre

Les planteurs de cannes manifestent

Aide au transport

Témoignages.re / 30 mars 2005

Une centaine de planteurs de cannes ont manifesté hier à l’appel de la CGPER devant la Direction de l’agriculture et de la forêt pour réclamer le versement de l’aide au transport.

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À l’appel de la Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion (CGPER), une centaine de planteurs ont manifesté hier matin devant la DAF (Direction de l’agriculture et de la forêt). Ils protestaient contre le retard de versement de l’aide au transport de la canne. Ils réclament le paiement de cette allocation au plus tard le 15 avril prochain.
Les planteurs se sont rassemblés devant les locaux de la DAF pour débattre de la situation dans laquelle ils se trouvent et ont sollicité une rencontre avec le directeur, Vincent Le Dolley.
Jean-Yves Minatchy, président de la CGPER, a souligné lors de cette rencontre que cette manifestation constitue "une première alerte". Il a rappelé que cette aide indemnise le transport depuis le champ jusqu’au centre de réception. "C’est une aide importante pour la filière canne. Elle permet aux planteurs de La Réunion de compenser les coûts de production beaucoup plus élevés par rapport au continent", a-t-il indiqué.
"Après le non-remboursement par l’État de la TVA sur les aides économiques, le versement différé de l’aide au transport risque de décourager les planteurs", a souligné Jean-Yves Minatchy. Il a ajouté "c’est la première fois dans l’histoire de l’agriculture à La Réunion, que les planteurs doivent payer autant de taxes, sans que leur revenu ne soit pour autant augmenté. Nous ne sommes pas des vaches à lait". Il a noté par ailleurs que les frais de dossiers relatifs à la demande d’allocation de paiement s’élèvent parfois à 200 euros.

Petites et moyennes exploitations pénalisées

Pour lui, si la CGPER sollicite le versement rapide de l’aide au transport, c’est qu’il y a "un véritable manque de trésorerie pour les planteurs de La Réunion, notamment après le passage des fortes pluies, qui les a contraints à faire un nouvel épandage organique après le lessivage des parcelles". Le président de la CGPER a rappelé que ce versement tardif pénalise surtout les petites et moyennes exploitations, c’est-à-dire celles qui fournissent la majorité de la production cannière. "Elles se trouvent dans les zones les plus difficiles, ce qui demande encore plus d’investissements. Si cette catégorie était amenée à disparaître, ce sera la fermeture certaine de l’usine du Gol ou de Bois-Rouge", a-t-il déclaré.
Compte tenu de ces spécificités, la nouvelle procédure d’aide au transport ne devrait pas être appliquée, estime Jean-Yves Minatchy. "Alors que le gouvernement parle de décentralisation, on revient au centralisme dans l’agriculture", a-t-il dénoncé. "À situation exceptionnelle, il faut des mesures exceptionnelles. Nous réclamons ainsi le versement rapide de l’aide au transport, le 15 avril au plus tard".
En réponse à la manifestation, la Chambre d’Agriculture rappelle "que l’aide au transport sera versée aux planteurs de canne lors de la deuxième quinzaine du mois d’avril".