Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Recomposition de l’actionnariat de Tereos Océan Indien
27 avril, par

La recomposition de l’actionnariat de Tereos Océan Indien relance le débat sur la gouvernance de la filière canne. Pour la CGPER, ce changement ne peut se faire sans les planteurs, exclus depuis les accords de 1969 des profits et des décisions stratégiques. Cette crise révèle l’échec d’un système dominé par l’industriel. Mais elle peut aussi ouvrir une opportunité : permettre aux planteurs d’entrer au capital de Tereos Océan Indien et de peser enfin sur l’avenir de la filière.
La restructuration de l’actionnariat de Tereos Océan Indien intervient dans un contexte de crise profonde de la filière canne à La Réunion, causé par une organisation héritée des accords de 1969 signés par Jean-Paul Virapoullé. Depuis cette date, les planteurs sont cantonnés au rôle de fournisseurs de matière première, tandis que les industriels captent l’essentiel des profits issus de la transformation de la canne — sucre, énergie, mélasse et autres co-produits.
Ce modèle a installé un déséquilibre durable dans la gouvernance de la filière. Soutenu par l’État, l’industriel détient seul les outils de transformation et exerce de fait la direction politique et économique du secteur. C’est lui qui oriente la stratégie, décide des investissements et impose des choix agronomiques, notamment les variétés de cannes privilégiées, souvent en fonction de leur rentabilité industrielle plus que du revenu des producteurs.
Cette logique est au cœur de l’affaiblissement actuel de la filière. En comprimant les revenus des planteurs, elle a favorisé la baisse des surfaces cultivées, entraînant un recul de la production qui alimente à son tour une spirale négative : moins de cannes, moins de revenus, moins d’investissements et une fragilisation croissante de l’ensemble du modèle.
C’est dans ce contexte que le désengagement partiel de la coopérative française Tereos de La Réunion prend une portée stratégique. Confronté à une baisse de ses profits, la coopérative française de planteurs de betteraves poursuit depuis 2021 une politique de recentrage par cession d’actifs. Le 26 mars, il annonçait ainsi la recomposition du capital de Sucrières des Mascareignes Ltd (SML), société mauricienne dont il détenait 40 %, désormais reprise intégralement par Miwa Sugar Ltd. Cette annonce suit celle du projet de cession de son usine brésilienne d’Andrade, illustrant une stratégie plus large de rationalisation.
À La Réunion, cette évolution suscite une vive réaction. « On découvre dans la presse qu’un changement d’actionnaire se prépare autour de Tereos… sans aucune concertation avec les planteurs. C’est inacceptable », dénonce la CGPER. Pour le syndicat, si la recomposition de l’actionnariat du seul acheteur de cannes de l’île se fait sans information ni participation des producteurs, ceux-ci resteront exclus des choix stratégiques et continueront d’en subir les conséquences.
Mais cette séquence peut aussi ouvrir une opportunité historique. Le changement d’actionnariat pourrait permettre aux planteurs de prendre enfin part au pouvoir décisionnel, voire d’entrer au capital de Tereos Océan Indien pour peser sur la stratégie de la filière. Ce serait une rupture majeure avec un demi-siècle d’exclusion.
« Les planteurs doivent être autour de la table, pas sur le menu », résume le syndicat, qui appelle à remettre à plat la répartition de la valeur, la gouvernance et la place des producteurs. Derrière la crise actuelle, c’est bien la question du contrôle politique et économique de la filière canne qui est posée.
M.M.
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
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