Canne à sucre

Les planteurs du Sud et de l’Ouest pénalisés

Fin de la campagne sucrière mardi prochain

Témoignages.re / 11 décembre 2004

Les agriculteurs ne veulent pas laisser leurs cannes au champ. N’ayant pas totalement achevé leur campagne sucrière, ils déplorent l’annonce de la fermeture du Gol, le 14 décembre prochain. Une catastrophe pour les petits exploitants agricoles.

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Depuis l’ouverture de la coupe, ce sont toujours les petits et moyens planteurs qui sont pénalisés. La Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion (CGPER) entend dénoncer l’attitude des usiniers, qui devraient être plus conciliants : petits et moyens planteurs livrent près de 80% de la production.
Dans un communiqué de presse, Éric Soundrom, qui signe pour la CGPER, rappelle que "ce ne sont pas moins de 4 mouvements de grève que [les planteurs] ont dû subir, soit près de 6 jours" où il a été impossible pour ces derniers de livrer leurs cannes. L’annonce de la fermeture du Gol, le 14 décembre prochain, est donc une catastrophe pour eux.
Quand on sait que le site du Gol réceptionne entre 8.000 et 9.000 tonnes par jour, cela représente près de 54.000 tonnes de cannes qui n’ont pu être réceptionnées. "Plus grave encore, écrit Éric Soundrom, cela fait deux mois que l’usine du Gol tourne de manière aléatoire, à cause d’une panne de turbine de la centrale thermique".
Cela entraîne le fonctionnement un jour sur deux des centres de réception de Tamarins, Stella, Le Gol, Pierrefonds, Casernes, Grands-Bois, Langevin et Baril.

Près de 200 planteurs concernés

De quoi inquiéter les agriculteurs, qui espèrent livrer la totalité de leur production. D’autant que certains d’entre eux souffrent de l’éloignement du centre de réception. "Ces planteurs, qui peuvent difficilement mécaniser la coupe, doivent couper manuellement leurs cannes, et le trajet jusqu’au centre de réception est beaucoup plus long", indique Éric Soundrom.
Il cite volontiers l’exemple d’un agriculteur de Saint-Leu, qui risque de laisser 90 tonnes de cannes dans le champ, ce qui correspond à un manque à gagner de 25.000 francs (3800 euros), de quoi payer une annuité pour son tracteur. Il ne s’agit pas d’un cas isolé. Près de 200 planteurs devraient subir le même sort, soit environ 12.000 tonnes, estime la CGPER.

Centre commercial : livraison périlleuse

De toute façon, tout semble aller en défaveur des agriculteurs, du Sud notamment. La CGPER déplore que l’accès au centre Casernes Saint-Pierre soit devenu aussi difficile. L’ouverture du centre commercial arrange sûrement le consommateur sudiste, mais rend la livraison des cannes périlleuse. La CGPER dit avoir mis en garde les autorités avant l’ouverture de la coupe, mais aucun aménagement adéquat n’a été réalisé.
Si le syndicat reconnaît que la campagne sucrière Nord/Est s’est déroulée dans des conditions "satisfaisantes", il relève que le déroulement de la campagne sucrière dans l’Ouest a été mauvais pour les planteurs, entre les grèves, les pannes et l’ouverture tardive du centre de Savannah.
Aujourd’hui, les petits et moyens planteurs ne se sentent pas encouragés, surtout si les usiniers pratiquent la politique du "zorèy koshon dann marmite poi".
Une question que la CGPER pose : "Comment envisager de broyer 1 million de tonnes de cannes, lorsque l’on est incapable de broyer 12.000 tonnes de cannes supplémentaires ?". Les intéressés répondront. Le syndicat tient à analyser "paisiblement" la situation, en prévenant : "Si les usiniers maintiennent leur date, chacun prendra ses responsabilités".

Bbj


La Chambre d’agriculture demande une prolongation

L’avancement de la campagne sucrière a pris du retard dans le Sud du fait des nombreuses pannes de l’usine et des grèves à la Centrale thermique du Gol (lire ci-dessus). La conséquence est que plusieurs milliers de tonnes de cannes se trouvent encore sur pied dans les champs de la région Sud.
Pour permettre aux planteurs de livrer l’intégralité de leur récolte, les élus de la Chambre d’agriculture demandent le maintien de la réception des cannes jusqu’au vendredi 17 décembre.


Chambre d’agriculture : l’assemblée reportée

L’assemblée plénière de la Chambre d’agriculture n’a pas pu avoir lieu hier, le quorum n’ayant pas été atteint. Tous les élus de l’opposition étaient absents.
Il faudra donc attendre une semaine de plus pour entendre le rapport moral du président et espérer qu’une majorité se dégage pour l’adoption du budget primitif 2005 ainsi que pour l’élection de représentants des affiliés au Groupement des assureurs au sein des Commissions de conciliation.