Canne à sucre

Les problèmes de la filière canne évoqués par les planteurs

Information et formation à la coupe mécanisée de la canne

Témoignages.re / 11 août 2005

Les agriculteurs réunionnais croient en leur outil de travail. Certains ont repris l’exploitation parentale et d’autres ont acheté des parcelles pour la culture de la canne. Au début de semaine, des exploitants de Saint-Paul ont rencontré le président de la Chambre d’agriculture lors d’une visite de terrain. Ensemble, ils ont évoqué les problèmes de la filière canne.

Mardi matin à l’antenne Ouest du Conseil général à Plateau-Caillou, le président de la Chambre d’agriculture, Guy Derand, en présence des partenaires de cette structure, a fait un point sur la filière canne pour la période 2004. "1 million 970.000 tonnes de cannes ont été récoltées pour une richesse de 14.14 et 220.000 tonnes de sucre produites", indique-t-il. Selon lui, "c’est une très bonne récolte, la meilleure depuis 1992. C’est aussi un message fort pour Bruxelles sur la volonté et la nécessité de préserver cette filière", insiste-t-il. Puis, ils ont rencontré des planteurs.
En 1997, Jimmy Michot a repris l’exploitation paternelle de 12 hectares au Guillaume. Sa parcelle est non irriguée et morcelée. Il fait également du maraîchage. La délégation s’est ensuite rendue à Bellemène, au cœur des champs de canne de Camille Samena Jagou. "6,5 hectares sont consacrés à la canne et un hectare au maraîchage", dit l’agriculteur. La coupe s’effectue manuellement dans ces champs. Pour certains, la coupe mécanisée "lé vilin" et la canne perd "en richesse". Pour d’autres non.

Préserver la filière canne

Au cours de l’après-midi, l’exploitation mécanisée au Grand Pourpier de Claudy Robert a été scrutée. Jusqu’à 2002, il s’occupe simultanément de deux exploitations : celle de sa mère à Saint-André qu’il a reprise en 1997 et celle qu’il loue au Grand Pourpier. Sur les deux, il fait uniquement du maraîchage de l’ananas, de la tomate, du melon et du foin. Au fur et à mesure, il s’oriente vers la culture de la canne et achète la parcelle du Grand-Pourpier. Chez lui, la coupe de la canne est mécanisée. "La perte de richesse est compensée par le rendement", précise-t-il.
Le thème de la mécanisation de la coupe a été abordé par les propriétaires. Pendant l’inter-campagne, les techniciens de la Chambre d’agriculture ont mené une campagne d’information auprès des exploitants de l’île. "Nous sommes en période de vulgarisation", note Clotaire Agathe, le technicien machinisme. Il souhaite "démocratiser la coupe mécanisée. Les planteurs ont longtemps cru que cette mécanisation était réservée aux gros planteurs".

Le suivi des groupements de mécanisation

Pour Clotaire Agathe, "cette mécanisation des parcelles passe par la formation des exploitants, la création et le suivi des groupements de mécanisation". Mais la coupe mécanisée se prête à certaines zones. Elle demande une planification. "Une tonne de canne est coupée en une journée mécaniquement et en une semaine manuellement". Par ailleurs, les planteurs ont souligné aussi le mauvais état des chemins agricoles. Ils s’interrogent quant à l’irrigation de leur terre. À l’issue de cette journée, tous les acteurs de la filière étaient d’accord pour la sauver.

Jean-Fabrice Nativel


"Inciter l’agriculteur à produire mieux"

Depuis le 1er avril 2005, Christophe Gossard est responsable de l’unité canne à la Chambre d’agriculture. Il est le relais entre les 14 techniciens canne en relation avec "les 4.200 livreurs". Avec les techniciens, ce jeune ingénieur des travaux agricoles élabore des contrats d’agriculture durables. "Ce contrat incite l’agriculteur à mieux produire tout en tenant compte de son environnement", affirme-t-il.