Canne à sucre

Non, M. Labro, l’argent public ne vous appartient pas

Courrier de lecteur

Témoignages.re / 26 mai 2017

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Vue d’une partie de l’usine Tereos de Bois-Rouge, qui fonctionne grâce à la canne à sucre livrée par les planteurs.

Mon grand-père était “planteur de cannes”, c’est à dire qu’il a passé toute sa vie comme journalier agricole et producteur-livreur de canne. Par sa sueur, il a participé à l’enrichissement économique de La Réunion. Comme lui, des dizaines de milliers de familles réunionnaises ont fait le bonheur des banques et des usiniers.

Depuis, les planteurs de cannes, les travailleurs des champs et d’usines ont été des milliers à avoir été ruinés. Par contre, les Banques se sont multipliées ! Et, toute la capitalisation industrielle, commerciale et intellectuelle appartient désormais à une seule société, Tereos. Les autres ont recyclé leurs capitaux, ici ou sous d’autres cieux.

Dans ce contexte, il est indécent, voire maladroit, de proclamer que les 28 millions d’aide de l’Etat ne sont pas à partager avec les planteurs (voir la presse de mercredi 24 mai). Je regrette que le gouvernement n’ait pas fixé, lui-même, les critères de répartition. Il se rend ainsi complice des manoeuvres de l’usinier. Les planteurs ont raison de réclamer le juste partage de l’argent public, à l’Etat et à l’usinier. Cet argent n’est pas un cadeau offert à M. Labro, fut-ce t-il président du Syndicat du Sucre, mais à toute la filière.

Julie Pontalba,
candidate aux législatives,
1ère circonscription de
Saint Denis, le 25 mai



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  • Il est plus facile aux usiniers de spéculer aux détriments des planteurs que de reconnaitre les difficultés rencontrés par ces derniers. En métropole, le suicide est la 3ème cause de décès des agriculteurs qui sont surtout confrontés à l’isolement face à la crise subit dans leur filière. Ici à la Réunion, nos planteurs ne seront pas isolés. Face à l’incertitude qui se propage depuis l’annonce de la fin des quotas leur garantissant de survivre , la population n’est pas insensible. Car, directement ou indirectement, chacun a un membre de sa famille qui est lié à la culture de la canne. Il est hors de question de baisser les bras et laisser l’usinier dominer les débats sans prendre en considérations des attentes des planteurs. Komme partou, nou lé pa moin nou lé pa plus, alors ékoute la voix des planteurs qui depuis toujours sont les détonateurs de la révolte lorsque le droit est bafoué.

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