Canne à sucre

Nouvel objectif pour Madagascar : exporter du sucre

Vers l’émergence d’un nouvel acteur

Manuel Marchal / 14 novembre 2019

A Madagascar, le Plan émergence du gouvernement vise notamment à relancer l’industrie du pays, afin de pouvoir créer des richesses. Le week-end dernier, le président malgache a visité une usine sucrière arrêtée depuis 2014. L’objectif est de redémarrer l’activité. Ceci afin d’une part de répondre à la demande en sucre des Malgaches d’une part, et d’autre part d’exporter du sucre. C’est ce qu’indique cet extrait d’un article paru dans le journal « L’Express » :

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Usine de production de sucre à La Réunion.

« En visite à Morondava durant le week-end, Andry Rajoelina, président de la République, s’est lancé sur un nouveau challenge. Il s’agit de remettre en marche la Sucrerie Complant Madagascar (SUCOMA). Un défi que le locataire d’Iavoloha compte relever avant la fin du contrat de location-gérance du site.

« Nous allons chercher les moyens de relancer rapidement les activités de cette société », a déclaré Andry Rajoelina, devant les habitants d’Analaiva, dont une partie constitue des salariés de l’usine sucrière, en situation de chômage technique. Selon ses dires, l’initiative est motivée par le souci de redonner de l’emploi à la popu­lation locale, mais aussi, de concrétiser le but de « produire localement les besoins de la population ».

Le but serait donc, de produire localement au moins deux-cent mille tonnes de sucre chaque année, ce qui correspond à la consommation annuelle de la population. Il faudra, également, envisager l’exportation. C’est ainsi que la visite de l’usine sucrière, qui a cessé ses activités depuis 2014, s’est inscrite comme première étape de l’escapade présidentielle dans la capitale de la région Menabe, samedi.
L’ancienne Sucrerie industrielle d’Analaiva (SIRANALA), a été reprise en location-gérance par SUCOMA, en 1997. Un contrat qui arrive à terme dans deux ans, selon le chef de l’État. « La réouverture de l’usine se fera avant cette échéance », a-t-il affirmé. Un conflit latent entre les salariés et les dirigeants avait conduit à des heurts, à l’incendie et au pillage d’une partie de l’usine, en décembre 2014. Les activités du site se sont depuis arrêtées. »

Commentaire

Ceci amène tout d’abord à constater que la consommation de sucre à Madagascar est égale à la production annuelle réunionnaise. D’ici à la concrétisation de ce plan de relance, la population va continuer à augmenter, ainsi que les besoins.

Néanmoins, si avec l’aide de l’État plusieurs usines sucrières sont remises en marche, la production dépassera rapidement la demande locale, et cherchera un débouché à l’exportation. C’est donc une nouvelle concurrence qui émerge pour le sucre de La Réunion, avec un coût de production nettement inférieur, et des marges de croissance très supérieures. Ce sucre malgache ne pourrait-il pas venir à La Réunion concurrencer le sucre réunionnais ? Une telle éventualité n’est pas à écarter en raison de l’orientation prise par les autorités compétentes dans le commerce international, et validées par la France.

Il est urgent de travailler à une alternative, afin que le développement de l’industrie sucrière de Madagascar s’inscrive dans un partenariat gagnant-gagnant avec les autres pays de la région. Faute de quoi, la mise en concurrence des travailleurs laissera forcément les plus vulnérables sur le bord du chemin, c’est-à-dire les Réunionnais.

M.M. 



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Messages






  • Enfin, on se réveille, on ose vouloir s’en sortir vraiment ! Bonne chance même si on sait que le sucre donne le diabète, qui entraîne à vie, désagréments, médicaments, analyse de sang, puis si cela s’agrave, oblige à des amputations, provoque la cécité etc. A utiliser dans avec modération, même si le corps humain est prédisposé à aimer le sucré, à ce sujet, ce jeudi était la journée mondiale du sucre, de ses conséquences, dont le diabète (3,5 millions de personnes atteintes quand même en France !)

    J’espère aussi que le BIO sera privilégié, pas comme à la Réunion où un gilet jaune m’avait apprit que c’est le département N°2 à l’employer avec parfois, des doses réelles bien supérieures à celles préconisées, quel gâchis pour notre planète ! Glyphosate = poison, c’est tout, donc à banir. Bonne fin de semaine, Arthur qui tousse en roulant, marchant, réfléchissant au futur, ça promet si rein de sérieux se fait, ici comme ailleurs.

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