Les planteurs ne doivent pas payer les défaillances de Tereos et d’Albioma

Pannes à l’usine sucrière de Bois-Rouge : Tereos doit indemniser les planteurs

31 juillet, par Manuel Marchal

Les pannes successives survenues cette semaine à l’usine de Bois-Rouge puis chez son fournisseur d’énergie Albioma pénalisent directement les planteurs. Des milliers de tonnes de cannes déjà coupées n’ont pas pu être livrées comme prévu. Or une canne qui attend perd de sa richesse en sucre et sera moins bien rémunérée. Les conséquences financières de ces dysfonctionnements industriels ne peuvent être supportées par les agriculteurs.

La campagne sucrière est une nouvelle fois perturbée dans le Nord-Est de La Réunion. Après un incident technique survenu mardi 28 juillet à l’usine de Bois-Rouge, Tereos a suspendu la réception des cannes mercredi 29 et jeudi 30 juillet, privant de nombreux planteurs de la possibilité de livrer leur récolte.

Responsabilité totale des industriels

Selon l’industriel, le problème provenait d’une panne sur des pompes qui empêchait une extraction correcte du jus de canne et ralentissait fortement le processus de cristallisation. Si aucune casse majeure n’a été constatée, le broyage a dû être interrompu avant de reprendre partiellement dans la nuit de mercredi à jeudi, avec environ 2 000 tonnes traitées.

Mais alors que la situation semblait revenir à la normale, une nouvelle panne est survenue jeudi matin, cette fois chez Albioma, qui fournit gratuitement la vapeur indispensable au fonctionnement de l’usine en échange de la bagasse, produit de la canne utilisé pour faire de l’électricité vendue par Albioma à EDF. Faute d’alimentation en vapeur, Bois-Rouge s’est de nouveau retrouvé dans l’incapacité de recevoir les livraisons. Albioma espère remettre ses installations en service dans la journée de vendredi.

Les planteurs subissent des pertes financières

Pour les planteurs, ces arrêts successifs ont des conséquences immédiates. Les cannes destinées à être livrées ont déjà été coupées. Elles restent désormais immobilisées dans les champs ou sur les remorques, alors que leur richesse en sucre diminue au fil des heures. Cette perte de qualité se traduira mécaniquement par une baisse du prix payé par Tereos aux producteurs.
Cette situation est d’autant plus inacceptable qu’elle ne résulte ni d’une erreur des planteurs ni d’un aléa climatique. Les retards sont exclusivement liés à des défaillances techniques relevant de la responsabilité de Tereos et de son fournisseur d’énergie. Il serait donc injustifiable que les agriculteurs supportent seuls les conséquences économiques de ces incidents.

Tereos doit indemniser les planteurs

Depuis le début de la campagne, les producteurs dénoncent déjà une rémunération insuffisante liée à la faible richesse des cannes et réclament un prix minimum garantissant un revenu digne. Les pannes de cette semaine aggravent encore leur situation. Si les cannes sont finalement payées moins cher en raison d’un retard de livraison imposé par l’industriel, il appartient à Tereos d’indemniser intégralement les planteurs. Faire supporter aux producteurs le coût des dysfonctionnements de l’usine reviendrait à leur faire payer des fautes dont ils ne sont en rien responsables.

M.M.

A la Une de l’actuFilière canne-sucre-alcools-énergie

Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus