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Effondrement du prix du sucre en Europe
24 septembre 2014, par

L’évolution actuelle de la situation va s’accentuer avec les événements à venir tels que la menace sur la filière canne, la nouvelle route du littoral, la réforme territoriale ainsi que les mouvements de jeunes qui manifestent, a expliqué le sénateur Paul Vergès, lors d’une conférence de presse.
Au cours ce point presse, le sénateur communiste a lancé un appel à la mobilisation de l’ensemble des organisations professionnelles et des syndicats pour peser auprès des élus réunionnais et français afin d’anticiper la disparition des quotas, des prix garantis et de la convention qui va être signée entre les usiniers et les planteurs, et qui devraient voir ces derniers lésés par les prix sur le marché.
La filière canne est l’une des principales préoccupations du monde agricole réunionnais et du sénateur Paul Vergès qui a mit en exergue un nouvel événement qui devrait impacter sur la signature prochaine de la convention entre usiniers et planteurs. En effet, « l’effondrement du prix du sucre dû aux conditions du changement climatique, les pluies importantes en Europe et les grandes chaleurs ont entraîné un rendement record du sucre », ayant comme « conséquences un effondrement du prix du sucre de betterave en Europe ».
En dépit d’une hausse de la production pour atteindre 18,4 millions de tonnes l’an dernier, les acheteurs de sucre sont restés inactifs, entraînant une baisse du prix de ce produit, « qui vaut presque deux fois moins qu’en janvier », a indiqué le sénateur. Citant la dépêche ce dernier a pointé du doigt sur : « on dirait une répétition générale de 2017, quand il n’y aura plus de quotas, et que l’Europe pourra produire du sucre sans limites ».
« C’est une révolution dans l’organisation du marché du sucre qui aura des conséquences dans les pays africains qui ne pourront plus être en concurrence », a assuré Paul Vergès. D’autant que « l’objectif des producteurs de sucre de betterave est de concurrencer fortement le Brésil, et espère l’égaler d’ici 2020 ». Cependant, « les pays d’Afrique des Caraïbes et du Pacifiques considèrent que face à l’évolution de la situation, ils ne pourront pas exporter sur le marché européen », car ce dernier a baissé obligeant les pays, dont l’île Maurice, à redistribuer leurs productions.
Prenant exemple sur Maurice, Paul Vergès a expliqué que l’île avait été contrainte à exporter son sucre dans les pays voisins de l’Océan Indien et d’Afrique orientale. « En fonction de ça, que devient la filière canne à La Réunion ? Pourquoi les élus cachent cette vérité aux planteurs ? », a posé le sénateur.
La filière canne est aujourd’hui sur la sellette avec la suppression en 2017 des quotas et prix garantis. En dépit d’une enveloppe de 128 millions évoquée par François Hollande pour pallier le manque, la décision finale d’autoriser le versement de ce fonds reste entre les mains de Bruxelles. « La situation concrète anticipe tous ces rendez-vous », les planteurs doivent signer une convention, valable six ans, avec les industriels. Au cours des six prochaines années « quelle sera la relation entre eux, quand il n’y aura plus de quota ni de prix garantis ? », a évoqué le sénateur.
Pour ce dernier, la situation devrait être plus compliqué, d’autant que « Tereos se fixe sur le prix du sucre » pour conditionner la convention. « Si le prix est rentable sur le plan mondial, il n’y a pas de raison de ne pas acheter de la canne, mais si ce n’est pas rentable, les industriels ne vont pas se ruiner pour sauver les planteurs » a alerté Paul Vergès.
Pour ce dernier, l’effondrement du prix du sucre de betterave est un indicateur important dans les prochaines négociations entre les planteurs réunionnais et les usiniers, car le prix de la canne est généralement fixé en dessous de celui de la betterave, avec une diminution du prix de la betterave, celui de la canne devrait suivre. Raison pour laquelle, de nombreuses inquiétudes persistent sur l’avenir de la filière canne, a expliqué Paul Vergès.
« Je fais un appel aux organisation professionnels, aux syndicats, à prendre l’initiative de s’adresser à tous les élus réunionnais, les maires des 23 communes ayant une production agricole, le conseil général en charge de l’agriculture, et le conseil régional, responsable de l’économie agricole et de l’aménagement », afin « de leur dire qu’il faut des conditions réunionnaises pour que La Réunion ne connaisse pas l’une des pires crises agricole, économique et environnementale ».
« Il faut alerter l’opinion et Paris », a assuré Paul Vergès. Ce dernier a souhaité que « les organisations prennent la tête d’un grands mouvement de masse », afin d’éviter à La Réunion de devenir « une île morte », entraînant entre autres la disparition de près de 20.000 emplois directs et indirects.
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