Canne à sucre

’Permettre à la filière de faire face’

OCM-Sucre, réaction du Parti communiste réunionnais

Témoignages.re / 26 novembre 2005

Suite à la décision prise à Bruxelles par le Conseil des ministres de l’Agriculture, le Parti communiste réunionnais a fait part hier publiquement de sa position dans un communiqué dont on lira ci-après la teneur.

"L’essentiel de la réforme de l’Organisation communautaire du marché du sucre (OCM-Sucre) est maintenant connu. Une baisse substantielle du prix, une diminution du volume de production du sucre de betterave ainsi qu’un système de compensation des pertes sur une période limitée sont les principales mesures annoncées. L’objectif de la réforme est d’ouvrir à terme un peu plus le marché sucrier européen aux productions des pays en développement, ceci dans le cadre du grand marchandage qui a lieu au sein de l’OMC où l’Europe veut obtenir d’importants parts de marché dans le secteur des services et est prête pour cela à faire des concessions dans le domaine agricole.

Appliquée à La Réunion, la réforme s’annonce comme une nouvelle étape historique pour la vie économique et sociale de l’île. À ce propos, il est bon d’éviter toutes déclarations définitives, surtout lorsqu’elles sont d’un optimisme exagéré.
Il est à craindre que la profession aborde cette nouvelle étape - prévisible depuis une dizaine d’années -, sans s’y être véritablement préparée. À cet égard, il est à regretter que toutes les propositions visant à offrir des moyens et des recettes complémentaires à la filière (diversification, introduction de nouvelles spéculations, installation d’une usine de raffinage du sucre, etc...) n’aient pas été acceptées et ont souvent été combattues.
Le gouvernement français disposerait de 30 millions de crédits supplémentaires par an - en plus des 60 millions annoncés dans le projet de réforme - pour soutenir les filières des DOM.
Il est à souhaiter que ce supplément ne soit pas attribué au détriment d’autres spéculations ou d’autres actions dans le domaine agricole.

Nous renouvelons notre demande de consacrer l’essentiel de l’aide aux petits et moyens planteurs.
Nous réaffirmons notre proposition d’un audit sur les richesses produites (aujourd’hui comme demain avec la réforme), sur leurs montants et leur répartition. L’État doit en prendre la responsabilité.
À terme, l’accord de 1969 qui a fixé les règles de répartition des recettes issues de tous les produits de la canne doit être révisé.
Ce sont, à nos yeux, les conditions préalables à la signature d’une nouvelle Convention entre l’État, les industriels et les planteurs.
Devant le défi qui se présente, toutes les mesures doivent être prises pour permettre à la filière de faire face et d’utiliser toutes ses potentialités pour devenir un outil plus performant et plus moderne au service du développement de La Réunion.
Lors d’un récent débat à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Agriculture a reconnu la nécessité d’un "effort supplémentaire" pour l’agriculture des DOM. Il a évoqué la possibilité de le faire dans le cadre d’une loi propre. Nous pensons que cette solution doit être retenue et qu’elle doit servir de cadre à l’élaboration de mesures en faveur de la profession."