Ouverture hier des négociations de la Convention canne

Planteurs et Tereos : « les propositions inacceptables de l’État conduiraient à la disparition de la filière canne sucre »

10 février 2022

« A la suite de la réunion organisée par le Préfet et qui s’est tenue ce jour (hier - NDLR), le front uni des acteurs de la filière – le CPCS (interprofession), la Chambre d’Agriculture, les syndicats agricoles, le Syndicat du Sucre de La Réunion – dénoncent d’une seule voix des propositions inacceptables que le gouvernement a demandé au Préfet d’annoncer aux acteurs de la filière », affirme un communiqué du CPCS, instance regroupant les représentants des planteurs et de l’industriel Tereos Océan Indien.

« Le Préfet avait annoncé que lors de la réunion de ce jour (hier - NDLR), il « présenterait les engagements de l’État pour soutenir la filière canne-sucre-rhum-énergie à La Réunion » dans le cadre du mandat qui lui a été confié par le gouvernement.
Les planteurs et les industriels attendaient donc de cette réunion, qui a duré plus de 3 heures, que l’État se positionne enfin et de manière durable sur l’avenir de la filière et sur la légitimité de la demande de soutien supplémentaire exprimée : par les planteurs d’une part (20 millions d’euros), et par l’industrie d’autre part (15 millions d’euros).

Loin d’apporter cette visibilité indispensable dès maintenant pour initier les négociations de la prochaine convention canne qui engagera la filière sur la période 2022-2028, le Préfet a seulement indiqué que le gouvernement souhaitait reconduire le cadre actuel pour deux ans (2022 et 2023) et se donner ce délai de deux ans pour se prononcer sur la demande de soutien supplémentaire exprimée à l’unanimité par les acteurs de la filière.

Un cri d’alarme d’une seule voix

L’ensemble des partenaires de la filière a rappelé la gravité de la situation et l’urgence d’y apporter une réponse, le désarroi des planteurs sur le terrain et a dénoncé cette position qui rend impossible le démarrage des négociations de la prochaine convention canne qui doit impérativement être signée avant le démarrage de la prochaine campagne.
La filière est aujourd’hui victime de décisions, prises à Paris ou à Bruxelles, sans qu’à aucun moment leurs impacts sur la situation spécifique de notre territoire n’aient été pris en considération, notamment la non prise en compte des conditions de production en environnement tropical et la libéralisation accrue du marché européen du sucre.
Sans un accompagnement public supplémentaire attendu par les professionnels pour relancer la production agricole et pour permettre l’accès des sucres au marché européen, la filière est condamnée à disparaitre. Et avec elle, toutes les autres filières agricoles.

Il y a urgence à ce que l’État s’engage réellement

A cet effet et compte tenu de l’urgence de la situation, une réunion de crise se tiendra ce vendredi au CTICS avec les services de l’État. »

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