Canne à sucre

Prochaine Convention canne : la CGPER mobilise pour les élections des CMU

Les planteurs vont choisir qui défendra leurs intérêts dans les négociations avec Tereos et l’Etat

Manuel Marchal / 23 janvier 2021

Le prix de la canne à sucre payée aux planteurs par l’industriel Tereos, complété par les aides de l’État et de l’Europe, est défini dans la Convention canne. Cette convention se terminera après la prochaine campagne sucrière, en 2021. Côté planteurs, la désignation des négociateurs de la future convention Planteurs-Usinier-Etat dépend des élections des Commissions mixtes d’usine qui doivent se tenir le 21 avril prochain. Hier à Saint-Leu se tenait une réunion d’échanges du syndicat marquée par la présence de plusieurs anciens militants qui ont partagé leur expérience des luttes.

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Une vingtaine de planteurs de Saint-Leu ont échangé hier après midi avec plusieurs membres de la direction de la CGPER. Le 21 avril se tiendront les élections en Commission mixte d’usine. D’emblée, Jean-Michel Moutama, président de la CGPER, a rappelé l’enjeu de ce scrutin : les négociateurs planteurs de la prochaine Convention canne seront désignés en fonction des résultats.
L’enjeu est capital, car la Convention canne fixe le prix payé par l’industriel pour l’achat des cannes aux planteurs. Ce prix est complété par des aides publiques.
Lors de cet échange, Jean-Michel Moutama a rappelé plusieurs revendications que la CGPER compte porter lors des négociations, entre autres :
- révision de la formule de calcul du prix vieille de plus de 20 ans qui ne tient pas compte des évolutions techniques qui profitent à l’usinier Tereos, et qui date d’une époque où la coupe se faisait essentiellement à la main, avec des variétés moins fibreuses qui pénalisaient moins le planteur ;
- transparence sur toutes les richesses tirées de la canne à sucre livrée par les planteurs réunionnais, ce qui suppose que Tereos mette carte sur table au sujet des bénéfices réalisés non seulement dans ses usines à La Réunion, mais aussi par ses filiales industrielles en aval dans notre île, ainsi que dans d’autres pays alimentées par le sucre réunionnais ;
- envoi à La Réunion d’une mission d’expertise afin d’observer le déroulement de la prochaine campagne sucrière et d’en tirer des enseignements pour l’amélioration du fonctionnement de la filière en vue des négociations de la prochaine Convention canne.

La base au coeur de la décision

Fidèle à sa tradition, la CGPER fait de la base la source d’expression des revendications, a rappelé le président du syndicat. C’est pourquoi la réunion était d’abord l’occasion de débattre autour des questions des planteurs de Saint-Leu. Par exemple : quelles sont les conditions pour la conversion au bio de son exploitation afin de cultiver de la canne à sucre bio, matière première du sucre bio ?
Cet échange a été aussi l’occasion pour des anciens militants de rappeler les luttes.
La rencontre de Saint-Leu s’inscrit dans un cycle qui vise à obtenir une meilleure répunération pour les planteurs. Cela passe pour le syndicat par un résultat favorable aux élections de CMU. Jean-Michel Moutama a souligné tout le travail mené pour élargir le rassemblement, avec notamment le rapprochement avec la Coordination rurale et le retour dans le syndicat de militants qui l’avait temporairement quitté.

M.M.