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14 mai 2019, par

Fermetures d’usines sucrières en France, production de sucre menacée en Martinique, ce sont quelques conséquences de la suppression des quotas sucriers soutenue par la France en 2013 et appliquée en 2015 auxquelles s’ajoutent des circonstances climatiques défavorables. L’optimisme affiché par les grands groupes sucriers européens avant la suppression des quotas n’est plus de mise. A Tereos, la stratégie est remise en cause par des coopérateurs. C’est dans ce contexte de crise que va se préparer le prochain budget de l’Union européenne, qui décidera de l’avenir de la filière canne à La Réunion.
Depuis la suppression des quotas sucriers, et donc du prix garanti, en septembre 2015 par l’Union européenne, les difficultés s’accumulent dans ce secteur.
Du côté de Tereos, des coopérateurs ont remis en cause la stratégie du groupe qui aboutit à une baisse de la rentabilité. De plus, Terre-Net signale que « Les conflits sociaux et restructurations annoncées résultent d’un marché du sucre très dégradé par la restructuration du secteur à l’échelle mondial. Outre les conséquences directes pour les producteurs concernés par les suppressions annoncées d’usines, les betteraviers se sont vus notifier des prix largement inférieurs à leurs attentes. Chez Tereos par exemple, le prix minimum garanti de 25 euros/t payé pour la campagne 2017 devait être reconduit en 2018. Début avril 2019, le montant versé aux producteurs pour la campagne 2018 n’était qu’autour de 19 euros/t. Dans un communiqué, la CGB a ouvertement demandé des comptes aux trois groupes sucriers ».
C’est également l’annonce de la fermeture de quatre usines sucrières en France. Deux appartiennent à Saint-Louis Sucre, filiale du groupe allemand Südzucker, et les deux autres à Cristal Union. Il s’agit notamment de la sucrerie de Bourdon, la plus ancienne de France. C’est tout un symbole pour lequel se battent les élus communistes de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. « Depuis l’annonce, le 14 avril, de la volonté de fermeture de la sucrerie Bourdon par Cristal Union, 96 salariés se trouvent dans la perspective d’une fin d’activité du site début 2020. Ce sacrifice de la plus ancienne sucrerie de France, dont la moitié de la production approvisionne la Région Auvergne-Rhône- Alpes, est une grave atteinte à la filière tout entière des betteraves sucrières, qui se trouve aujourd’hui menacée », écrivent les élus régionaux dans une lettre ouverte. La fermeture de cette sucrerie impacterait 350 salariés directs et indirects et plus de 400 planteurs de betteraves sucrières.
Les effets de la crise concernent l’autre matière première : la canne à sucre. Dans un article paru le 6 mai dernier, la France agricole souligne les difficultés de la filière canne-sucre-rhum en Martinique. En voici quelques extraits : « en pleine campagne sucrière, les professionnels sont inquiets. Cette année encore, la récolte de canne sera inférieure aux besoins. Dans l’île, il faut 280 000 tonnes de cannes pour faire fonctionner la filière : 100 000 pour le sucre, 180 000 pour le rhum. Mais l’an dernier, les planteurs n’en ont pas produit plus de 200 000 tonnes, dont 170 000 pour les distilleries ».
L’avenir de l’usine sucrière du Galion, la dernière de Martinique, est en jeu car elle n’a broyé que 30.000 tonnes de cannes l’an dernier, soit 70 % de moins que prévu. Et cette année, au lieu des 40.000 tonnes prévues, seulement 28.000 pourraient être livrées à la sucrerie.
La baisse importante des cannes à sucre récoltées « découle notamment de « circonstances climatiques défavorables » sur la dernière décennie », écrit « La France agricole », « pour les planteurs, la canne est de moins en moins rentable. En quelques années, la chute de la production a fait baisser leur chiffre d’affaires de 30 % malgré une augmentation du prix de la tonne »
La campagne sucrière de 2018 à La Réunion a été désastreuse en raison du passage notamment de trois tempêtes tropicales. Mais ce résultat le plus faible obtenu ces 40 dernières années est révélateur surtout de la fragilité d’une filière, accentuée par l’intégration dans un marché mondial. C’est ce soulignent les fermetures programmées d’usines en France malgré les importants gains de productivité obtenus ces 15 dernières années, ainsi que la possible fin du sucre de canne en Martinique.
M.M.
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