Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
La canne c’est le sucre, mais pas seulement -48-
10 février 2015, par

La quantité de sucre produit est appelée à augmenter sous les coups des facteurs que l’on a déjà évoqué : la vogue des agro-carburants et forcément plus de canne donc plus de sucre, la conquête par la canne de nouveaux espaces, des rendements qui ne manqueront pas d’augmenter du fait de l’agro-business et leur politique agressive en matière de commercialisation. Ajoutons à cela la canne GM et la production de sucre à partir de nouvelles plantes comme le sorgho sucré dans certaines régions de Chine, sans oublier les rendements croissants de la betterave sucrière OGM ou non.
Du fait de l’augmentation de la production d’iso-glucose qui s’emparera tôt ou tard de nouvelles part de marché en direction des industriels du soda, des gâteaux, confitures, du ket-chup et d’autres produits alimentaires et de la fin des quotas en Europe. On rappellera qu’aujourd’hui la part des iso-glucoses en Europe est limitée à 5 % ; alors qu’aux USA par exemple les Américains consomment jusqu’à 25 kilos d’iso-glucose par an. Du fait également de la concurrence exercée par l’aspartame, la stévia et d’autres plantes dont on dit que la réputation est surfaite en matière de santé.
Il semblerait dès lors que la vente de sucre de cannes à l’Europe risque de baisser de deux millions de tonnes du seul fait de la suppression des quotas d’iso – glucoses soit la quantité vendue aujourd’hui encre par les pays ACP.
Si ce que j’évoque ci-dessus se réalise, il s’ensuivra forcément une baisse des prix. C’était déjà le cas en 2014 et il n’y a pas de raison pour que l’équation se modifie dans les années à venir. Il s’ensuivra également une surexploitation des paysans et des ouvriers de la canne et du sucre. Quant aux anciennes colonies comme La Réunion qui ne retirent que peu de produits dérivés de la canne et qui n’aura peut-être plus de prix garanti ainsi que de quota, il sera alors légitime de se poser la question de la survie de notre production cannière ainsi que dans d’autres micro-régions..
Le président Hollande lors de son voyage du mois d’août chez nous a promis une aide supplémentaire de 38 millions d’euros en faveur de nos agriculteurs à condition que l’Europe le veuille bien. Aujourd’hui le gouvernement français n’a toujours pas déposé de demande d’autorisation allant dans le sens des promesses du président. Près de nous l’île Maurice a déjà obtenu des promesses d’achat de sucre en Europe et rien n’avance chez nous. La CGPER réclame un accord usiniers – planteurs jusqu’en 2020 mais le processus de négociation n’est pas encore vraiment enclenché.
Certes la canne à sucre et ses produits dérivés présentent, comme on l’a vu, tout au long de cette série d’articles sur « La canne ce n’est pas seulement le sucre » des potentialités importantes, mais quelle est la volonté de l’Etat dans ce domaine, quelle est la volonté de l’Europe ? Quelle est notre marge de manœuvre à nous Réunionnais ? A quand, un vrai plan de sauvetage et d’expansion de la canne chez nous ?
Nos peines
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