Canne à sucre

Questions et réponses sur un carburant

L’avenir est-il dans l’éthanol ?

Témoignages.re / 25 août 2004

L’avenir de la canne à La Réunion passe par la consolidation de la filière sucre mais aussi par le développement des autres produits ou “sous-produits” que l’on peut tirer de cette plante. Parmi ceux-ci, l’éthanol apparaît comme étant celui qui est le plus prometteur.

L’éthanol est un alcool liquide résultant de la fermentation du sucre ou de l’amidon converti en sucre. Au Canada et aux États-Unis, on fabrique l’éthanol carburant à partir de céréales tels le maïs, le blé et l’orge. Au Brésil et dans plusieurs autres pays du Sud, on extrait l’éthanol à partir d’un produit de la canne.
On se sert de l’éthanol soit comme ingrédient de mélanges de carburants ou comme carburant principal.
Il existe deux types de carburants à l’éthanol :
• Les mélanges essence-éthanol à faible teneur en éthanol (jusqu’à 10%). On peut s’en servir dans les véhicules d’aujourd’hui.
• Les mélanges essence-éthanol à teneur élevée en éthanol (60 à 85%). On peut s’en servir dans des véhicules spéciaux, dits polycarburants.

Pourquoi met-on de l’éthanol dans les carburants ?

L’ajout d’éthanol à l’essence augmente son indice d’octane (un indicateur du pouvoir antidétonant et de la résistance à l’allumage précoce). De plus, l’éthanol contient de l’oxygène, ce qui permet une combustion plus propre et plus complète. La qualité de l’environnement s’en trouve améliorée.
Le développement, la production et la vente au détail des carburants à l’éthanol sont également à la source de nouvelles activités importantes dans les régions rurales et ils créent de nouveaux débouchés pour les céréales cultivées au Canada.

Comment l’usage d’éthanol est-il avantageux sur le plan de l’environnement ?

Par rapport à l’essence pure, la combustion de carburants à l’éthanol émet moins de gaz à effet de serre (GES) qui contribuent au réchauffement climatique. L’éthanol est fabriqué à partir de végétaux qui absorbent le dioxyde de carbone (CO2) au cours de leur croissance.
Sur le cycle de vie complet du carburant - c’est-à-dire du début de la croissance des plantes jusqu’à la combustion dans les moteurs - les mélanges d’essence à 10% d’éthanol produisent jusqu’à 4% de GES en moins si l’éthanol est fabriqué à partir de céréales, et 8% en moins s’il provient de la biomasse cellulosique. Les mélanges contenant 85% d’éthanol (E85) peuvent permettre de réduire les émissions de 60 à 80%. Donc l’utilisation de l’essence-éthanol peut aider à atteindre les objectifs du Protocole de Kyoto.

Peut-on se servir des carburants à l’éthanol dans n’importe quel véhicule ?

Toutes les automobiles fabriquées depuis les années 1970 peuvent être alimentées avec du carburant contenant jusqu’à 10% d’éthanol. (En cas de doute, consultez le manuel du propriétaire.) Quant aux véhicules polycarburants, ils sont conçus pour les mélanges d’essence à plus haute teneur en éthanol.

Les fabricants de véhicules approuvent-ils l’usage des mélanges à l’éthanol ? Ces mélanges ont-ils une incidence sur la garantie des véhicules ?

Tous les fabricants de véhicules approuvent l’utilisation de mélanges d’essence contenant jusqu’à 10% d’éthanol dans les véhicules ordinaires de modèle récent, et une teneur plus élevée en éthanol dans les véhicules polycarburants. D’ailleurs, dans de nombreux pays, des fabricants produisent déjà des véhicules polycarburants qui consomment des mélanges dont la teneur en éthanol peut atteindre 85%. La garantie des véhicules permet l’usage d’essence-éthanol.

Quel est l’effet de l’essence-éthanol sur les véhicules ?

L’éthanol contribue à la propreté du moteur et au nettoyage du système d’injection. Mais puisqu’il aide à faire disperser les contaminants et résidus du système d’alimentation en carburant, son utilisation pourrait obliger à changer le filtre à carburant plus souvent. Depuis 1985, tous les mélanges essence-éthanol et presque toutes les essences sans éthanol contiennent des additifs dispersants, ce qui aide à prévenir la formation de dépôts dans les injecteurs. Par ailleurs, l’essence-éthanol ne nuit aucunement au bon fonctionnement du moteur et de ses éléments.

Peut-on mélanger l’essence-éthanol et l’essence ?

Oui, on peut mélanger l’essence-éthanol et l’essence “pure” dans le même réservoir. Tous les types d’essence utilisés au Canada (y compris les mélanges à faible teneur en éthanol) doivent satisfaire à des normes réglementaires.

Quel est l’effet de l’essence-éthanol sur la consommation de carburant ?

Même si les mélanges à 10% d’éthanol ne contiennent qu’environ 97% de l’énergie de l’essence “pure”, cet écart est compensé en partie par une combustion plus efficace. L’utilisation de l’essence-éthanol pourrait faire augmenter la consommation de carburant de 2 à 3%. Plusieurs autres facteurs ont un effet sur la consommation ; par exemple, la conduite à 120 km/heure augmente la consommation de carburant de 20% par rapport à la conduite à 100 km/heure.


La C.G.P.E.R. écrit à la présidente du Conseil général

Madame,
Depuis le 14 juillet et les propositions de la commission de Bruxelles de réformer de manière drastique l’OCM-sucre avec une diminution du prix du sucre de 37% et du quota d’ici 2007, l’ensemble des acteurs de la filière canne-sucre s’est regroupé autour de la CPCS (Commission paritaire de la canne et du sucre) en vue d’infléchir la position de l’UE et obtenir une compensation intégrale des pertes ainsi que le maintien du quota des DOM à 500.000 tonnes de sucre indispensable au maintien de la filière. Même le ministre de l’Agriculture, Hervé Gaymard, en transit à Gillot le 15 juillet, a indiqué que le combat qui attend la filière allait être difficile et qu’il était important de parler d’une même voix.
Suite à l’initiative conjointe du Département et de la Région le 18 juillet en présence de tous les acteurs de la filière, un calendrier de travail a été mis en place sous la présidence des 2 coprésidents de la CPCS avec un secrétariat assuré par le comité de pilotage du Département. Au cours de cette réunion, la CGPER a rappelé la nécessité d’associer l’ensemble des politiques, en particulier nos 3 députés européens puisqu’aujourd’hui l’avenir de la filière canne est devenu l’affaire de tous les Réunionnais.
Conjointement à cette initiative, nous avons profité de la présence du président de la République à La Réunion pour lui transmettre un dossier complet sur les enjeux de la filière canne-sucre par l’intermédiaire du député-maire de Saint-Denis, M. René-Paul Victoria, qui nous a assuré que le président de la République prendrait personnellement en charge ce dossier pour que les intérêts de la filière canne de La Réunion soient préservés.
Notre organisation syndicale, qui a participé à l’ensemble des réunions de travail au Conseil général, a pu exposer les arguments pour obtenir une compensation intégrale, qui demeure la priorité pour les planteurs de La Réunion. Cependant, la CGPER regrette que le président de la Chambre d’agriculture, qui n’a daigné participer à aucune des réunions de travail au Conseil général, tire aujourd’hui de sa boîte un recueil de propositions pour la filière canne qui a pour mérite de brouiller l’argumentation de la profession. Aujourd’hui, certains responsables font l’amalgame entre la réforme de l’OCM-sucre, les fonds nationaux et européens ainsi que la prochaine convention canne. Face à ce constat, la CGPER demande un recadrage dans la mesure où la Chambre déclare aujourd’hui (voir “JIR”) que "La Réunion étant suffisamment protégée vu les tonnages proposés et vu son statut particulier, il n’y a rien de catastrophique à attendre pour notre agriculture".
Par ailleurs, quinze jours après le départ du président de la République, le sénateur-maire de Saint-André, Jean-Paul Virapoullé, dans une intervention radiophonique sur Radio-Réunion le 23 août 2004 annonce qu’il n’y a plus de crainte à avoir puisqu’il a obtenu du président de la République, au cours de son passage à La Réunion, la garantie d’une compensation intégrale pour la filière canne.
Au-delà du fait que le sénateur-maire de Saint-André ait attendu 15 jours pour annoncer cette information capitale pour la filière canne de La Réunion, la CGPER souhaite obtenir la confirmation de cette annonce afin de rassurer les 4.500 planteurs de La Réunion.
Compte tenu des propos du président de la Chambre d’agriculture indiquant que ses propositions représenteraient le socle de synthèse que présentera cette semaine la filière - ce qui rend l’ensemble des réunions de travail au Département ainsi que les contributions des partenaires de la filière superflues -, et compte tenu de l’engagement du Président de la République par la voix du sénateur-maire de Saint-André d’assurer la compensation intégrale, la CGPER s’interroge sur la suite à donner aux démarches de la profession dans le dossier de la réforme de l’OCM-sucre.
Je vous prie de croire, Madame la Présidente, l’expression de ma considération distinguée.

Sainte-Marie, le lundi 23 août 2004

Le président de la CGPER
Jean-Yves Minatchy