La Réunion : anticiper la relocalisation face aux risques climatiques
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CGPER
23 juin 2008

La campagne sucrière 2008 n’a pas commencé que l’on parle déjà de blocage éventuel. Les non signataires de la Convention canne 2006-2013 entendent contre-attaquer à quelques jours de l’ouverture de la coupe. Les agriculteurs réunionnais sont quant à eux inquiets de la situation.
Deux ans après sa signature, la Convention canne continue de diviser. Hier, dans une conférence de presse donnée à Bras-Panon, la CGPER appelait à la raison.
Après avoir subi plusieurs attaques, sûrement calomnieuses, Jean-Yves Minatchy montre au créneau, en affichant une énième fois les arguments positifs de la Convention canne 2006-2013. Le président de la Confédération Générale des Planteurs et Éleveurs de La Réunion (CGPER) n’a eu de cesse de relever les avancées pour la filière canne. Aux yeux de Jean-Yves Minatchy, la Convention canne est loin d’être néfaste à la bonne vie de la filière, opinion que ne partagent pas d’autres corporations syndicales agricoles qui menacent de bloquer l’entrée des cannes coupées. Encore ! Quelle obstination ! Jean-Yves Minatchy répète que remettre en cause cette Convention revient à refuser les termes de la compensation intégrale. Les agriculteurs s’y refusent. Ils étaient plus de 200 agriculteurs des micro-régions Nord et Est à venir soutenir la CGPER. Et Jean-Yves Minatchy de rappeler que la CGPER a largement participé à la longue concertation pour aboutir à la signature du décrié document, alors que bien des syndicats n’ont pas rayonné par leur assiduité. C’était en effet à ce moment qu’il fallait nourrir la réflexion et contribuer au débat par des propositions concrètes, réalistes.
Dans l’intérêt général
Qui remettrait en cause la compensation intégrale ? Bien des producteurs sucriers d’Europe, et de pays ACP producteurs de sucre, souhaiteraient disposer d’une telle mesure, pour pallier la baisse du prix du sucre. Qui remettait en cause l’article 17 de la Convention canne ? Cela amènerait l’ablation d’une aide indispensable aux agriculteurs. La CGPER note que la Convention canne a augmenté son aide à l’achat d’engrais. Au vu de l’augmentation du prix de l’engrais - 25% en 3 mois -, on s’étonnerait de voir les agriculteurs se priver d’une telle aide. Que dire aussi de l’indemnisation compensatoire des obstacles naturels, qui représente 3,5 euros supplémentaires par tonne de cannes récoltée en zone difficile ? La coupe manuelle est de mise. L’agriculteur choisirait-il de perdre une indemnisation dont il a le droit ? Qui pourrait mettre en cause la revalorisation des aides au transport, à la replantation, à la production ? Quel agriculteur refuserait sa prime bagasse ? Bref, la CGPER joue la carte de la raison. Les agriculteurs ne peuvent se voiler la face, d’autant que cette Convention a été signée il y a maintenant deux ans, avant la campagne sucrière de 2006, et les élections à la présidence de la Chambre verte. La CGPER réaffirme sa volonté de travailler dans l’intérêt général de tous les agriculteurs. Espérons que "les champions du monde de marche arrière" entendent cela. Les agriculteurs espèrent que cela ne va pas contraindre la bonne ouverture de la campagne sucrière.
Bbj
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