Les planteurs dans le capital de Tereos Océan Indien : la transparence dérange-t-elle ?
6 juillet, parL’avenir de la filière dépend de la stratégie de l’industriel
Entrée des planteurs au capital de Tereos
6 juillet

À la lecture de l’entretien accordé par M. Philippe Labro dans « Le Quotidien » du 3 juillet 2026, la CGPER souhaite apporter une réponse claire.
En affirmant que le débat sur l’entrée des planteurs au capital de Tereos « détourne les yeux des vrais problèmes de la filière », M. Labro fait preuve d’une profonde méconnaissance, voire d’un certain mépris, à l’égard des producteurs de canne réunionnais.
Les planteurs ne sont pas un sujet périphérique de la filière : ils en sont le socle. Sans producteurs, il n’y a ni canne, ni sucre, ni énergie, ni rhum. Pourtant, ce sont eux qui assument les risques climatiques, les hausses des coûts de production, les baisses de revenus et les incertitudes économiques.
Ce qui interpelle la CGPER, c’est la conception du partenariat défendue par M. Labro.
Lorsque Tereos sollicite l’État, l’Europe ou les collectivités pour obtenir des financements publics destinés à soutenir la filière canne-sucre, les planteurs deviennent des partenaires incontournables. Leur présence, leur travail et leur engagement servent à démontrer l’intérêt collectif de la filière et à justifier les aides publiques.
En revanche, lorsque ces mêmes planteurs demandent à participer davantage aux décisions en entrant au capital de l’entreprise qui transforme leur production, ils sont invités à rester à leur place, nous ne sommes plus de la même caste !!!
Cette vision du partenariat n’est plus acceptable.
Monsieur Labro, vous vous trompez d’époque.
Les producteurs réunionnais ne sont plus disposés à être considérés comme des partenaires lorsqu’il s’agit de défendre des financements publics, puis comme de simples fournisseurs lorsqu’ils souhaitent participer aux orientations stratégiques de leur filière.
La CGPER tient également à clarifier sa position.
Nous sommes parfaitement conscients que l’ensemble des producteurs de canne réunionnais n’ont ni l’envie, ni les moyens financiers de devenir actionnaires de Tereos. Ce n’est pas ce que nous demandons.
En revanche, nous revendiquons un principe simple : les planteurs qui souhaitent investir dans leur outil industriel et qui en ont les capacités doivent pouvoir le faire. Leur fermer cette possibilité reviendrait à leur refuser toute participation durable à l’avenir de leur propre filière.
La CGPER ne réclame pas une prise de contrôle de Tereos. Elle demande simplement que ceux qui produisent la matière première puissent, s’ils le souhaitent, devenir également des acteurs de son développement. Une telle évolution renforcerait l’ancrage réunionnais de la filière, favoriserait la confiance entre les partenaires et permettrait une gouvernance plus équilibrée.
Par ailleurs, M. Labro affirme que « l’avenir de la filière ne se joue pas au conseil d’administration de l’industriel, mais au bureau du CPCS ».
Nous prenons acte de cette déclaration.
La récente élection des représentants des planteurs a profondément modifié le paysage de la filière. Les producteurs ont choisi de se rassembler et d’exprimer une volonté forte de changement.
Si, comme l’affirme M. Labro, l’avenir de la filière se joue au sein du CPCS, alors la CGPER y prendra toute sa place. Elle défendra avec détermination les intérêts des planteurs, portera les exigences de transparence, de reconnaissance des coûts de production, de juste rémunération et d’un meilleur équilibre dans les relations entre les différents acteurs de la filière.
Le temps où les producteurs devaient uniquement produire pendant que d’autres décidaient seuls de leur avenir est révolu.
La filière canne-sucre réunionnaise doit évoluer vers un véritable partenariat fondé sur le respect mutuel, la transparence et la responsabilité partagée.
Les planteurs ne demandent ni privilège ni faveur.
Ils demandent simplement d’être traités comme des partenaires à part entière d’une filière qu’ils font vivre depuis des générations.
Jean-Michel Moutama
Président de la CGPER
L’avenir de la filière dépend de la stratégie de l’industriel
Des délégations officielles représentatives de plus de 100 pays sont présentes à Teheran, venues rendre un hommage solennel à Ali Khameni tué, en (…)
Na pwin lontan mi oi dann télé, in lanjin apré boulvèrs in kour lékol. Mi domann amwin pou kossa io fé sa, sirtou kan ou la bétone la kour-la na (…)
Entrée des planteurs au capital de Tereos
Dans l’article de samedi a été mis à nu l’illusion du « privilège zorèy ». Nous avons démontré comment la focalisation identitaire et le (…)
Voitures électriques chinoises fabriquées dans notre région
Conséquence du maintien d’une société inégalitaire malgré la victoire sur l’apartheid
Conclusion des négociations entre l’Union européenne et les pays voisins de La Réunion
10 juin : signature de l’APE UE-Afoa
Création du Port Sec III
Archéologie : Un campement d’invaincus découvert
Qui peut prétendre à une antériorité à La Réunion ?