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Comment payer les fournisseurs ou rembourser un emprunt ?
31 mai 2022, par

122 planteurs de canne à sucre n’ont pas encore reçu l’aide au transport. La CGPER dénonce un retard causé par une désorganisation administrative. Elle a interpellé hier l’État à l’antenne Sud de la DAF à Saint-Pierre et sollicité l’ODEADOM pour que les choses bougent dans le bon sens, faute de quoi le nombre de livreurs de canne risque de diminuer cette année, souligne Jean-Michel Moutama, président de la CGPER. Comment payer les fournisseurs ou rembourser un emprunt quand une recette importante prévue dans la trésorerie n’est pas là à la date prévue ?
L’aide au transport est une mesure issue de la lutte des planteurs relayée au Parlement européen par Paul Vergès. C’est une aide versée par les fonds européens. Elle est garantie à tous les planteurs, et elle est donc intégrée dans le budget des exploitations cannière. Mais cette année, 122 planteurs n’ont toujours pas reçu cette aide qui a été versée au plus tard vendredi dernier à tous les autres livreurs de canne à sucre.
Ce sont précisément les 122 planteurs dont l’exploitation a été contrôlée à l’initiative de l’ODEADOM, qui attribue cette aide au transport. Ces 122 planteurs sont donc victimes d’une suspicion, alors que rien ne présume aujourd’hui qu’ils ne sont pas en règle.
Pour débloquer la situation, la CGPER a mené une action hier à l’antenne Sud de la DAF à Saint-Pierre pour interpeller les services de l’État.
Les conséquences sont désastreuses, souligne Jean-Michel Moutama, président de la CGPER. « Il est tout à fait normal que des contrôles soient mis en place, car l’aide au transport provient des fonds POSEI, c’est de l’argent public », souligne-t-il. « Mais les contrôles ont été faits un mois avant le versement de l’aide au transport, et seuls ont été payés les planteurs qui n’ont pas été contrôlés », poursuit-il.
« L’aide au transport est intégrée dans le plan de trésorerie, elle est versée au plus tard le 31 mai, des engagements sont pris en fonction de cette date », précise le dirigeant syndical. Cela concerne notamment le paiement des fournisseurs, ou le remboursement d’emprunts ».
« Ces 122 planteurs ne savent pas quand ils recevront cette aide, comment pourront-ils faire face ». Le risque est que des planteurs décident de faire autre chose que produire de la canne à sucre pour survivre à ce mauvais coup.
La CGPER dénonce « une situation inadmissible, les contrôles devaient être faits plus tôt, et aujourd’hui 122 planteurs subissent les conséquences d’une désorganisation des services ».
Le syndicat demande qu’une date soit fixée pour le versement de l’aide au transport aux 122 planteurs concernés par le retard avec une régularisation ensuite si besoin, en fonction du résultat des contrôles. La CGPER a également échangé avec Joël Sorrès, Réunionnais président de l’ODEADOM « afin que les choses bougent. Il n’est pas possible de continuer avec un fonctionnement pareil ».
« Le problème est grave », souligne Jean-Michel Moutama, « quand on sait la situation de la filière aujourd’hui, les difficultés à négocier le prix de la canne à moins de deux mois de la prochaine campagne, nous sommes face à des gens qui ne connaissent pas le fonctionnement des producteurs de canne, c’est à se demander s’ils vivent sur une autre planète ».
M.M.
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