Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Le PCR s’adresse au ministre Dominique Bussereau
3 décembre 2005

Telle que se présente la réforme de l’Organisation communautaire du marché du sucre, l’agriculture réunionnaise est menacée de ne plus pouvoir exister, du moins telle qu’elle est aujourd’hui. C’est ce qu’a rappelé le Parti communiste réunionnais hier lors d’une rencontre avec la presse.
Messieurs les ministres de l’Agriculture et de l’Outre-mer, Bussereau et Baroin, conviennent qu’avec la nouvelle Organisation du marché du sucre en Europe, l’équilibre de la filière ne peut se maintenir sans des aides nationales. En cumulant les aides françaises à celles que concède l’Europe, ils reconnaissent que cela permet tout juste d’arriver jusqu’en 2014. Et c’est un avis que le Parti communiste réunionnais partage.
Si l’Europe autorise la France à verser des aides nationales dans la perspective d’une compensation à 100% du manque à gagner pour les planteurs, le secrétaire général du PCR Élie Hoarau fait bien remarquer que cette possibilité n’a rien d’une obligation, ni sur le montant, ni sur la durée : "La France peut aider" et il faudrait souligner le verbe. Il n’y a pour lui aucune garantie que cette aide soit maintenue jusqu’en 2014. Élie Hoarau soulève aussitôt une seconde interrogation : "quelle est la garantie que ces crédits ne soient pas pris sur d’autres programmes agricoles ?".
Pour un programme pluriannuel d’aides
Le PCR fait 3 demandes précises au ministre de l’Agriculture. La première est que les crédits de compensations doivent être sanctuarisés, ils doivent être des crédits particuliers, supplémentaires. La seconde requête du PCR est que ces crédits fassent l’objet d’une programmation pluriannuelle et non au coup par coup tous les ans. Enfin, le PCR demande que les crédits soient gérés par une institution à déterminer, un organisme paritaire, pour veiller à la répartition équitable pouvant assurer la survie des petits et moyens planteurs. Pour Élie Hoarau, "sans ces garanties, la filière va au-devant d’une catastrophe".
Audit
Le secrétaire général du PCR pose à son tour la question de la répartition des recettes de la canne entre planteurs et usiniers. Au-delà du sucre, rien ne revient aux planteurs sur les produits de la bagasse, de la mélasse, ainsi que sur le rhum. Pour le PCR, il faut évaluer ces ressources et étudier leur répartition, c’est pourquoi un audit sur les richesses produites par la canne est demandé à l’État. Il importe aussi d’étudier les autres sous-produits, parmi plus de 500 existants, qui pourraient profiter à la filière. L’incertitude est telle pour l’après 2014, et le temps est tellement court que pour Élie Hoarau, "il est nécessaire que la confiance soit rétablie dans l’interprofession".
Bio et marché intérieur
Pour que l’agriculture ici ait un avenir, La Réunion doit aussi poursuivre la recherche de créneaux nouveaux, une des voies possibles serait de s’orienter vers une production légumière et fruitière biologique, en espérant que la lutte chimique contre le chikungunya n’hypothèque pas cette perspective, note au passage Élie Hoarau, partisan d’une lutte biologique.
Le Parti communiste réunionnais attend une attention particulière de la part du ministre de l’Agriculture sur le problème de l’écoulement des produits agricoles réunionnais et souhaite pouvoir réfléchir ensemble à "une réglementation particulière pour que les produits réunionnais puissent accéder de manière privilégiée à la restauration collective qui représente plusieurs centaines de milliers de repas par jour". Une dérogation pourrait apporter une réponse adaptée aux spécificités du marché.
Sauver le foncier
En fin de conférence, Élie Hoarau en arrivait à l’essentiel : "Il ne peut y avoir de nouvelles approches, si la question du foncier n’est pas réglée. Il faut protéger les terres agricoles tout en répondant à la demande de logements". C’est pourquoi il réclame une certaine vigilance quant aux dérives de la défiscalisation, en se donnant comme devise : "le bien public plutôt que la spéculation".
Dans une déclaration en date du 16 novembre, le ministre de l’Agriculture laissait entendre qu’en effort particulier, une loi spécifique pourrait seule développer l’agriculture outre-mer. Le Parti communiste réunionnais l’encourage à ouvrir sa réflexion en ce sens avec tous les acteurs.
Eiffel
Pêche et coopération
En ce qui concerne la pêche, si La Réunion connaît un essor sur l’activité en haute mer, comme les autres Régions ultra-périphériques, elle est contrainte par des mesures européennes restrictives que le Parti communiste réunionnais souhaite voir évoluer. Cette réflexion veut s’inscrire en simultané avec le renforcement des programmes de coopération avec les pays riverains. Le parti s’interroge également sur l’avenir de la pêche à la légine qui pourrait devenir une espèce protégée l’année prochaine.
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