Canne à sucre

Sucre : crise de surproduction en Europe

Le principal concurrent de Tereos ferme deux usines en France pour baisser sa capacité de production

Témoignages.re / 3 juin 2019

« Saint Louis Sucre ne vendra pas ses sites de production. Nous n’arrêtons pas la production de sucre pour la proposer à d’autres acteurs, mais bien pour retirer des capacités du marché », a asséné le président du directoire de Südzucker, Wolfgang Heer, dans un communiqué publié ce 23 mai, suite à l’annonce du concurrent de Tereos de la fermeture de deux usines. C’est une information inquiétante car à la suite de la fin des quotas décidés notamment par la France, l’Europe connaît une surproduction de sucre. C’est dans ce contexte que va se discuter le futur budget européen qui décidera du maintien ou pas des subventions dans l’agriculture, notamment pour la filière canne-sucre.

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Les prix du sucre européen ont chuté d’environ 30 % sur l’année, dans le sillage de la baisse des cours mondiaux du sucre qui a suivi la levée des quotas sucriers en Europe fin 2017. Südzucker, propriétaire de Saint Louis Sucre qui a publié ses résultats annuels le 16 mai, enregistre pour sa branche sucre une perte de 239 millions d’euros sur l’exercice 2018/19. « Le projet de reprise des sites de Cagny et d’Eppeville débattu dans la presse par la CGB (association des planteurs de betteraves) ne résoudra pas le problème de surproduction », ajoute Südzucker dans son communiqué.

Marché européen excédentaire

Or, la CGB a proposé 30 millions d’euros pour reprendre les deux usines que Südzucker veut fermer. Les betteraviers français espéraient ainsi maintenir 130 emplois dans les deux sucreries ainsi que la culture de la betterave dans les bassins de production autour de ces sites, où travaillent 2 300 planteurs. Mais le président de VSZ, Hans-Jörg Gebhard, avait déclaré à l’issue de cette rencontre qu’ « il serait irresponsable, pour Saint Louis Sucre, de céder des sites », fermant la porte à des négociations.

Südzucker n’a pas hésité à expliquer que le but de l’opération était de « retirer des capacités de production du marché européen », faisant valoir que « la France représente un marché excédentaire [qui] produit deux fois plus de sucre qu’elle n’en consomme ».

Les salariés accusent le groupe de faire une restructuration en arrêtant totalement la production de sucre, mais en gardant juste du stockage dans les usines, afin de contourner la loi Florange, qui impose à tout employeur d’une entreprise d’au moins 1 000 salariés qui envisage de fermer un établissement et de procéder à des licenciements économiques de rechercher un repreneur.

C’est en tout cas une information inquiétante pour la filière canne-sucre à La Réunion. Elle montre une nouvelle fois que sa survie ne dépend pas des Réunionnais, mais de la stratégie que décidera de suivre Tereos, le propriétaire des deux dernières usines sucrières de La Réunion. C’est ce qu’avait souligné Dacian Ciolos, alors commissaire européen à l’Agriculture, en visite dans notre île quelques semaines après la décision de l’Europe, soutenue par la France, de supprimer les quotas sucriers.

Européens pris au piège

A l’époque, les Européens avait investi pour anticiper cette décision en augmentant considérablement la productivité de leurs usines sucrières. Ainsi ils pensaient être prêts à concurrencer les autres grands exportateurs mondiaux qui ont l’Europe en ligne de mire. Force est de constater que l’ouverture des quotas n’a donc pas bénéficié comme prévu aux intérêts des sucriers européens. Si Südzucker rencontre des difficultés l’amenant à prendre la décision de baisser sa capacité de production, alors les planteurs réunionnais peuvent être inquiets.
En effet, la discussion du prochain budget européen a lieu dans un contexte de crise de surproduction de sucre en Europe. L’Union européenne continuera-t-elle d’autoriser des subventions pour une production aujourd’hui trop abondante ? De cette question dépend l’avenir de la filière canne-sucre à La Réunion.



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  • Très bon article, ceci lu, il faut quand même rappeler que le sucre, c’est un danger sanitaire à forte dose très facilement atteinte surtout dans les outre-mer où les industriels ont eu la main lourde sagissant du sucre dans les sodas, justifiant ce choix commercial par des argumetnjs du style : "les gens aiment ça" ou "ils sont habitués", ou encore "il faut bien qu’on utilise ce qu’on produit localement" ou bien, "notre sucre, c’est notre histoire, nos emplois d’aujourd’hui et de demain", sauf que personne nie les méfaits que la consommation de sucre engendre : diabète qui peut entraîner des gangrènes, perte de la vue, conséquences sur les organes, condanmation à se piquer tous les jours de sa vie pour le suivi du sucre dans le sang... Quelle folie ! Hier soir, sur France 5, l’émission consacrée aux produits alimentaires, leur travail en usine, agroalimentaire, trop souvent hélas, avait comme sujet les biscuits et les bonbons, tous des produits industriels pour la plupart qui sont donc hyper transformés, remplis de colorants, de conservateurs, d’exausteurs de goûts, dont la liste des ingrédients fait peur : E— ; E—, E— comme le fameux E 171 qui est destiné à faire reluire, briller les bonbons, les rendre plus beaux, et qui est en fait du dioxyne de titane ! Bref, on prépare un bel avenir pour nos enfants, nos marmailles nés ou à naitre, là aussi. Regarder ces reprotages et parlez-en autour de vous, édifiant

    Alors voilà, halte au sucre, créateur de trop de problèmes de santé plus tard, une bombe à retardement, tout simplement, si on dépasse les doses raisonnables mais cela est si tellement vite fait.

    A boire et à manger, c’est kif kif, beurk ! Moi, c’est facile, je ne consomme que les sucres des fruits, c’est tout, et ça suffit Arthur.
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