Canne à sucre

Sucre : Des mesures qui vont « déstabiliser la filière »

Le député-maire de La Petite-Île réagit sur le protocole sucrier européen

Témoignages.re / 9 juillet 2004

Hier le député-maire de Petite Île s’est exprimé sur la réforme du règlement sucrier européen. Ses mots pèsent d’inquiétude : « mesures qui seraient durement ressenties », « déstabiliser la filière »...

Christophe Payet, député-maire de Petite Île, a adressé hier un courrier à Hervé Gaymard, ministre de l’Agriculture, et à Brigitte Girardin, ministre de l’Outre-mer, au sujet de la réforme du protocole sucrier et des informations, relayées par les députés européens, qui font état d’un projet de proposition de la Commission européenne qui préconiserait une baisse très sensible du prix du sucre, ainsi que la suppression de l’aide à l’écoulement des sucres des DOM sur le marché européen.
Dans son courrier, le député de la 4ème circonscription indique que "la prise en compte des spécificités des régions d’outre-mer justifie à elle seule d’une part, le maintien d’une aide à l’écoulement du sucre et d’autre part, celui d’un prix garanti à son niveau actuel".
Pour Christophe Payet, de telles mesures seraient de nature à "déstabiliser l’ensemble de la filière canne-sucre des DOM et notamment à La Réunion".
Le député de La Réunion note également que ces mesures "seraient durement ressenties par les planteurs de canne à sucre d’ores et déjà confrontés à de graves difficultés" car, ajoute t-il, "c’est bien le sucre qui est aujourd’hui le premier débouché de cette production agricole et qui demeure la principale source de revenu de nombreux petits planteurs".
Christophe Payet demande au ministre de bien vouloir informer les parlementaires sur l’état à ce jour des discussions que le gouvernement aurait engagé avec la Commission sur ce dossier, tout en lui rappelant que "La Réunion est inquiète", car il s’agit d’un "dossier qui engage l’avenir d’un secteur essentiel de son économie".


Les Mauriciens en Europe

Une délégation du gouvernement mauricien, composée du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, et du ministre de l’Agriculture, Nando Bodha, s’est rendue en Europe. Elle a été reçue mardi à Bruxelles par la ministre belge de l’Agriculture, mercredi à Paris par son homologue français, Hervé Gaymard et jeudi matin par le commissaire européen Franz Fischler (Agriculture) qui a confirmé ses propositions pour la réforme du régime sucrier.
Selon “Le Mauricien” d’hier, le “leaked document” de 11 pages, que Franz Fischler doit présenter la semaine prochaine aux commissaires, préconiserait une réduction du prix garanti "en deux étapes, soit 20% à partir de l’année prochaine pour atteindre 33% en 2007". La tonne de sucre blanc passerait de 637 euros à 421 euros tandis que le sucre roux fourni par les ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) passerait de 524 euros/tonne à 329 euros.
À noter encore que l’Île Sœur accueille à partir d’aujourd’hui deux importantes réunions internationales : une réunion des ministres des ACP et l’Assemblée des ministres du commerce du G-90 (ACP, Union africaine et PMA) à laquelle participent le commissaire européen au Commerce, Pascal Lamy, son “homologue” nord-américain Robert Zoellick et le directeur de l’OMC, Supachai Panichtpakdi. La déclaration finale de la réunion des ACP donnera la position de ce groupe, lié à l’Union européenne par les accords de Lomé et Cotonou, sur l’état des négociations à l’OMC.