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L’industriel ne reconnaît pas la légitimité des élus planteurs du CPCS de La Réunion
28 juin 2017, par

Tereos a publié hier un communiqué qui fait monter la tension. Il refuse de respecter les élus du Comité paritaire de la canne et du sucre de La Réunion en refusant de discuter avec les représentants de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs. Cette tentative de diviser un front syndical uni sur des revendications communes compromet le début de la campagne sucrière.
Tereos n’a pas digéré que la publication de ces bénéfices soient connus à La Réunion. Sa réponse a été cinglante. L’industriel refuse de discuter avec la FDSEA et Jeunes agriculteurs du nouveau prix de la canne à sucre. Cela rend impossible la signature de l’avenant à la Convention canne indispensable au démarrage de la campagne sucrière. Pour protester contre ce nouveau coup de force de Tereos, FDSEA et JA ont décidé d’organiser une manifestation partant de la plate-forme de Beaufonds à Saint-Benoît et devant se rendre à la préfecture de La Réunion, en passant par l’usine sucrière de Bois-Rouge.
En effet la semaine dernière, l’annonce des résultats de Tereos a été un coup de tonnerre. Au niveau mondial, le groupe déclare un résultat net de 107 millions d’euros. Les subventions considérables versées par l’État à Tereos pour ses usines à La Réunion ne sont pas étrangères à ces bénéfices. C’est pourquoi la position de l’industriel se fragilise. Comment peut-il en effet refuser aux planteurs une hausse de 6 euros de la tonne de canne dans de telles conditions ?
Tereos a décidé de contre-attaquer en réaffirmant sa volonté de refuser de discuter. C’est en effet ce qui ressort de son communiqué diffusé hier. Il ne veut plus négocier avec les représentants de la FDSEA et de JA. Or, ces discussions ont lieu dans le cadre du Comité paritaire de la canne et du sucre. La composition de cette instance est liée au résultat des élections professionnelles. Trois syndicats de planteurs y ont des élus : la CGPER, FDSEA et JA. En refusant de discuter avec une partie des élus de la filière, Tereos remet donc en cause la légitimité de cette instance. Il étale au grand public une volonté de blocage peu compréhensible à quelques jours du début prévu de la campagne sucrière.
Dans de telles conditions, l’État doit sortir de sa réserve. Selon les planteurs, Tereos recevra cette année plus de 110 millions d’euros de subventions. L’industriel n’est donc pas en position de faire la loi si l’État exige qu’il revienne à la table des négociations, et qu’il respecte tous les partenaires de la filière canne-sucre.
L’industriel continue de porter une lourde responsabilité dans l’impasse des discussions. Pendant ce temps, il s’affirme comme un des leaders du marché brésilien. Son rapport annuel souligne même que ce sont ces usines au Brésil qui contribuent le plus à son bilan positif. Tereos veut-il montrer qu’avec la fin des quotas, il n’a plus besoin du sucre réunionnais ? Si une telle attitude persiste, elle ne pourra qu’aggraver la situation.
M.M.
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