Canne à sucre

Une filière confortée dans son combat

Parution de “Sucre” n°18

Témoignages.re / 23 juin 2004

La parution du numéro 18 de la “Lettre des Industriels du Sucre de La Réunion”, à l’approche de la campagne sucrière (les 28 juin et 12 juillet), a été l’occasion hier d’un rapide tour d’horizon de la situation de la filière : vigilance et optimisme dans le suivi de la révision du régime sucrier européen, et projection dans l’aménagement du territoire pour les vingt prochaines années.

Les manifestations organisées dans le cadre de la “semaine du développement durable” sont une des occasions saisies par les promoteurs de la filière canne/sucre réunionnaise pour diffuser dans le public les idées principales autour desquelles s’articule la défense de ce secteur aux vertus “multifonctionnelles”. Une campagne d’affichage a démarré.
Tout conforte les industriels dans la conviction que les objectifs de la filière canne/sucre sont valides, comme le sont les arbitrages publics la concernant. C’est ce qu’ont expliqué hier, au CERF, MM. Xavier Thiéblin et Jean-François Moser, respectivement président du Syndicat des fabricants de sucre et délégué général de Bois-Rouge.
Ils présentaient le contenu de la dernière “Lettre” des industriels, dont l’éditorial rappelle l’engagement de la filière pour "préparer le long terme". Les industriels ont redit hier par la voix de M. Thiéblin leur mobilisation pour obtenir la prise en compte par Bruxelles des spécificités des 400.000 tonnes de sucre de canne européen et leur confiance dans la validité de l’article III-330 du Traité de l’Union (ex-299 §2) pour atteindre ce but.
Les menaces sont toujours là, mais les usiniers pensent avoir assez d’outils et d’atouts pour les tenir en respect. Sur le plan des relations avec Bruxelles, ils sont rassurés par une première réponse tenant les planteurs de canne à sucre à l’abri du “découplage” prévu pour les planteurs de betteraves. La politique des aides et des compensations ne devrait pas être la même et les acteurs de la filière comptent beaucoup sur les arguments démontrant la “multifonctionnalité” de la canne pour obtenir une surcompensation pour les DOM, avec l’appui juridique du label “Région ultrapériphérique”.
Jean-François Moser a ensuite démontré les convergences entre les objectifs de la filière - 30.000 ha plantés en canne dans les vingt prochaines années, une production recherchée de 2,5 millions de tonnes de cannes d’ici 2010. "Ce n’est pas facile mais c’est possible", a-t-il dit en soulignant les efforts faits par l’ensemble des acteurs, pouvoirs publics en tête, pour se doter d’outils de précision comme l’est le système d’information géographique (SIG) décrit par le directeur de la DAF dans la “Lettre” n° 18.
Cet outil est un apport précieux à la procédure de révision du SAR (schéma d’aménagement régional), comme l’explique dans la même publication le conseiller régional Philippe Berne, dans un article sur "l’inventaire du foncier cannier". Les acteurs de la filière agricole sont conscients que le SAR 2005-2015 se prépare avec des outils qui n’existaient pas il y a dix ans.
Ils en tirent une sécurité accrue et la conviction que les objectifs à long terme de la filière canne sont réalisables, sans contradiction majeure avec les nécessités de l’urbanisation, par la mise en action de la série de “poupées russes” que sont, chacun à leur niveau, les outils de l’aménagement du territoire (SAR, SCOTT, POS, PLU... jusqu’au simple permis de construire). Les 4000 ha de friche ou de zones agricoles mitées récupérables existent bel et bien, comme le démontre le travail cartographique de la DAF.
Les communes ont commencé à signer des "chartes de développement agricole" autour desquelles "une concertation élargie s’instaure", observe Jean-François Moser.
C’est donc toujours la "vigilance" et "l’optimisme" qui règlent les avancées des industriels du sucre dans la défense de la filière, en dépit ou à cause de ce que peut encore leur réserver la communication des commissaires européens du 14 juillet, ainsi que la poursuite du pannel de l’OMC/sucre dont la prochaine étape est aussi pour juillet.

Pascale David