Co-développement

1947 à Madagascar : nous n’oublierons jamais

Olympiades de l’histoire à Moramanga

Manuel Marchal / 3 avril 2019

Ce 27 mars, la délégation réunionnaise conduite par Simone Yée Chong Tchi Kan, présidente de REAGIES, était invitée aux Olympiades de l’histoire. Des élèves de deux lycées et un collège de Moramanga ont présenté le résultat de leur recherche sur la révolte de 1947. Ce travail a permis d’approfondir les connaissances. Il a souligné la qualité et la motivation des études menées par les élèves malgaches. Les Olympiades se sont conclues par un moment de grande fraternité : la remise des prix aux trois établissements par des membres de la délégation réunionnaise.

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Les représentants des trois établissements scolaires et la délégation réunionnaise.

« Tsy adino ny tantara ny Moramanga tamin’y 1947 », « Ne jamais oublier l’histoire de Moramanga 1947 ». Des élèves de trois établissements scolaires de Moramanga, le collège Le Succès, le lycée Victorien Razafindrabe et le lycée FJKM, ont participé ce 27 mars aux Olympiades de l’histoire. Cette action initiée par Rado Raharimandimbisoa, directeur du Musée de la Gendarmerie nationale, avec le soutien de REAGIES et des institutions de Moramanga. La présence du responsable de circonscription rappelait aussi le soutien de l’administration de l’éducation à cette initiative.
Les Olympiades de l’histoire ont commencé par un discours du directeur du Musée de la Gendarmerie nationale à Moramanga. Il a remercié notamment l’association REAGIES pour son soutien à cette initiative, ainsi que les institutions présentes et les élèves.
Après les interventions de Simone Yée Chong Tchi Kan, présidente de REAGIES, de l’AKFM, de Johnny Backary Lagrange au nom du PCR, et du directeur du Musée de la Gendarmerie nationale, les élèves ont présenté le résultat de leurs travaux.

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Le Collège Le Succès, vainqueur des Olympiades de l’histoire.

Des Malgaches se prennent en main

Les exposés des jeunes Malgaches étaient en français, qui n’est pas leur langue maternelle, ce qui souligne encore plus la qualité du travail réalisé, qui était de haute tenue. Ils ont permis d’apprendre beaucoup sur la résistance menée par le peuple malgache dès le début de l’occupation française, avec plusieurs révoltes.
Ils ont également souligné l’impact de la défaite militaire française en 1940, ceci montrait que son armée n’était pas invincible.
La fin de la seconde guerre mondiale voyait se lever dans le monde une vague d’aspiration à la liberté, Madagascar était également concernée. Le peuple subissait depuis plus de 50 ans la violence de l’exploitation coloniale, les travaux forcés, le pillage des richesses. Par exemple, les Malgaches étaient alors obligés de vendre la totalité de leur récolte de riz à l’administration qui leur revendait ensuite à un prix plus élevé.
L’insurrection s’organisait, car des Malgaches avaient décidés de prendre leur destin en main. Le maréchal Victorien Razafindrabe donnait le signal de l’attaque à Moramanga la nuit du 29 mars 1947. Profitant de l’absence de nombreux permissionnaires, les résistants malgaches voulaient s’emparer des armes présentes dans la base militaire française. Plusieurs militaires furent tués dans l’attaque dont le commandant français du camp, et plusieurs tirailleurs sénégalais, soldats de l’armée française. Ce fut le point de départ de la répression. Le lendemain 30 mars, des tirailleurs sénégalais étaient déployés dans toute la ville. Ils ont tiré sur la foule qui sortait de la messe, provoquant déjà de nombreuses victimes.

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Elèves du Lycée Victorien Razafindrabe.

La terreur et la faim

Les élèves des trois établissements ont ensuite décrit la formation de plusieurs colonnes de militaires de l’armée coloniale qui dévastèrent l’Est de Madagascar, ainsi que les méthodes utilisées pour plonger la population dans la terreur et la faim : villages et récoltes brûlées, hommes, femmes et enfants abattus sans sommation, prisonniers jetés vivants d’un avion sur des villages… C’était un bain de sang dans toute l’île.
Les derniers combattants se rendirent le 2 septembre 1948. La répression fit officiellement 89.000 morts, ponctuée de massacre comme celui de prisonniers mitraillés dans des wagons à la gare de Moramanga le 6 mai 1947.

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Les élèves du Lycée FJKM arboraient les vêtements traditionnels de plusieurs ethnies de Madagascar.

Les déserteurs

Le travail des élèves a été également de révéler l’existence de déserteurs au sein de l’armée française. Algériens, Sénégalais et Réunionnais, ils ont refusé de tirer sur les Malgaches. Ils n’avaient plus alors la possibilité de retourner en arrière. Ils sont donc restés à Madagascar, et ce sont intégrés dans la société malgache. Que sont-ils devenus, c’est un des enjeux de la poursuite de l’approfondissement de la connaissance.

Après avoir entendu les trois exposés, le jury s’est retiré pour délibérer. Il a désigné vainqueur le Collège « Le Succès », deuxième le Lycée Victorien Razafindrabe, et troisième le Lycée FJKM. Compte tenu de la qualité des exposés, le classement ne pouvait qu’être difficile. Les trois établissements participants ont par conséquent reçu des prix identiques : un lot de livres scolaires et un dictionnaires remis par six membres de la délégation réunionnaise.

M.M.



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Messages






  • Des soldats Algériens, des soldats Sénégalais, des soldats Réunionnais ont déserté l’armée Française.Ils ne voulaient pas et plus tuer des malgaches . Ils savaient qu’ils n’avaient aucune possibilité de quitter Madagascar . Ils ont été accueillis comme des héros par la population malgache et ont décidé de faire de ce pays : leur pays.
    En juillet 1972 alors que la Révolution de Mai à Madagascar était vivante -débats avec les étudiants,débats avec les travailleurs -je décidai d’aller à Madagascar pour vivre ce mois de mai malgache après avoir vécu le mois de mai 68 bien Français .et revoir mon Père que je n’avais pas revu depuis 10 ans et prier sur la tombe de ma douce Maman Avec cette révolution naît une forte inquiétude parmi les Réunionnaises et les Réunionnais . Il se disait même qu’il y aurait des morts ! (je n’ai jamais pu vérifier cette information ;) mais la communauté Réunionnaise rencontrée à La SAKAY à Antsirabé et à Antalaha là où mon père s’est retiré avec femme et 3 enfants avaient la certitude que c’était vrai . Il faut dire que le discours du Président RATSIRAKA ne pouvait qu’alimenter cette vraie-fausse rumeur..
    J’ai revu mon père que je n’avais pas revu depuis 10 ans . Il m’a dit "je veux partir .Je ne veux pas rester ici" . J’ai eu la même phrase de la part de mes oncles installés à La SAKAY ;les familles BARRET .
    Mon père a organisé une réunion avec d’autres réunionnais - les Alidor-les Turpin-les Expedit-.... J’ai rencontré ce jour là un Réunionnais , il venait de Sambava et m’a raconté sa guerre-1947- , cette guerre qu’il ne voulait pas . Il m’a dit "nous étions obligés de tirer sur ces malgaches .Nous avons protesté parce nous avons dit à notre sergent " ils nous ont rien fait . J’ai ajouté moi j’ai des amis à La Réunion qui sont des descendants des malgaches . Nous avons organisé notre désertion et nous avions comme consigne de ne pas restés dans le secteur . C’est ainsi que je suis arrivé à SAMBAVA . J’ai fondé une famille et je suis heureux . Il s’est tu et j’ai accepté son silence .
    Je n’avais pas encore cette quête de vérité sur ces 100 000 morts malgaches , morts parce qu’ils voulaient vivre libre comme nous .
    L’année dernière 2018 je me suis rendu à Vatomandry -c’est là que s’est organisé des groupes de femmes et d’hommes sous la responsabilité de MDRM . Objectif : convaincre les paysans de rejoindre la révolte . . J’avais toujours en tête cette désertion de militaires Réunionnais . J’ai fait la connaissance d’un jeune homme qui m’a dit "mon arrière grand père est un soldat réunionnais qui a refusé de tuer des malgaches ". C’était le seul souvenir qu’il avait de son arrière grand père . Il en était fière .
    En septembre 2019, bientôt, je retournerais à Antalaha et à Sambava avec cette quête "retrouver les traces" des ces Réunionnais qui ont su être d’abord des humains Je ferais tout pour retrouver ce héros Réunionnais qui a accepter de vivre loin de chez lui que de tirer sur des malgaches.. Nous devrions être fiers de ces compatriotes ..inconnus et .trop oubliés .
    Je sais une chose : parler le malgache me donne tant de rencontres heureuses et enrichissantes.

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  • Notre histoire nous dit qu’une malgache est probablement l’arrière arrière XXXX grand mère d’une grande partie des réunionnais et que les malgaches et les Réunionnais mais aussi de nombreux mauriciens sont tous cousins plus ou moins éloignés ; L’histoire et la science nous dit aussi que tous les hommes qui peuplent le monde ont un chromosome commun avec les hommes d’une Tribu d’Afrique et que tous les humains sont en réalité des frères de sang plus ou moins proche et descendants d’un Adam scientifique qui a existé il y a très longtemps, probablement des millions d’années avant que ses descendants ont commencé leur long voyage qui les a amenés sur toutes les régions de la terre ..

    Le christ nous dit également que nous sommes tous ses frères et sœurs et que nous avons le même père . " notre père qui êtes aux cieux ... " nous enseigne t il , et il nous invite à nous aimer les uns les autres comme il nous a aimé quand il a partagé notre existence en tant qu’humain au point d’accepter de mourir sous la torture pour respecter la volonté de son père qui nous a offert la vie de son fils pour le pardon de nos pêchés . "Père éloigne cette coupe de mes lèvres mais si c’est ta volonté je la boirai "dit il avant de marcher vers son supplice .

    Nous sommes tous des enfants de Dieu et nous sommes tous frères et sœurs mais nous avons le patrimoine génétique des premiers humains descendants de nôtre Adam scientifique, ceux des Caïn et des Abel scientifiques et nous ne pouvons échapper une lutte fratricide quand nos intérêts sont divergents ,si nous ne nous tournons pas vers la lumière divine . Celle qui nous oriente vers le bonheur de tous sans laisser personne sur le bord du chemin , celle qui a guidé la conduite du bon Samaritain qui est venu en aide à quelqu’un qui était en train de mourir alors qu’il pouvait considérer cette personne comme un ennemi héréditaire . Aimez vos ennemis nous dit le christ et soyez tous de bons samaritains .

    Mais jusqu’à quand les hommes devront ils se diviser entre amis et ennemis s’ils sont tous des enfants de Dieu et tous frères et sœurs ? . Il y a trop de souffrances et de misères sur cette terre qui nous laisse indifférents .L’humanité compte déj presque 8 milliards d’individus dont près de la moitié sont dans une souffrance une désespérance que nous ne pouvons accepter si nous considérons que nous sommes tous des frères et sœurs ..

    Alors permettez moi de faire cette prière : Dieu Montre nous ta lumière et aides nous à nous comporter comme tes enfants ;, comme les membres d’une même famille, la grande famille humaine, et montre nous quels sont les meilleurs moyens que tu mets à notre disposition pour nous aider à répandre la joie, l’amour et la paix sur toute la terre et dans tout l’univers, et préserves nous de la force de l’esprit du malin dont le but est de nous plonger continuellement dans les ténèbres et nous amener à faire du mal aux autres, à nos frères et sœurs , et à les empêcher de voir ta lumière . .

    Merci mon frère de palmiste rouge pour ta réflexion qui m’a apporté un peu de lumière . j’espère que la mienne ne te laissera pas indifférent et t’éclairera un petit peu également .

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