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Conférence d’Olivier Bancoult, président du Groupe Réfugiés Chagos
20 octobre 2017

Après avoir déporté la totalité du peuple chagossien, les autorités de la Grande-Bretagne ont multiplié les obstacles au retour et affiché une constante volonté de ne pas respecter les décisions de justice. Une attitude honteuse soutenue par le gouvernement des États-Unis.
Le gouvernement britannique a tenté d’acheter les Chagossiens, en promettant une aide de 40 millions de dollars contre le renoncement définitif au droit au retour, rappelle Olivier Bancoult, président du Groupe Réfugiés Chagos. Les Chagossiens ont refusé. Depuis, Londres accentue les mesures de rétorsion. Le gouvernement britannique a en effet décidé d’arrêter son aide à l’éducation des jeunes Chagossiens. Ces derniers ne pourront plus avoir de bourse d’étude parce que les Chagossiens ont refusé de se faire acheter. Cette décision s’inscrit dans une attitude qui perdure depuis que la Grande-Bretagne a expulsé les Chagossiens de leur pays.
En effet, depuis un jugement de la justice britannique en 2000, les Chagossiens peuvent prétendre à un passeport britannique. Cela découle du fait que Londres a détaché les Chagos de Maurice en 1965 pour créer le British Indian Ocean Territory (BIOT). Mais pour obtenir ce passeport, Londres refusait que les Chagossiens puissent faire leur demande à l’ambassade de Grande-Bretagne à Maurice. Elle les obligeait à se rendre dans un consulat britannique à Madagascar, au Kenya ou à Dubai pour y passer un entretien en anglais, langue que peu de Chagossiens comprennent. Grâce à leur mobilisation au plus haut niveau, les Chagossiens peuvent désormais accomplir les démarches à Maurice, mais c’est un fonctionnaire de l’ambassade britannique en Afrique du Sud qui les reçoit.
Dans le monde, la Grande-Bretagne se présente comme un pays des droits de l’homme. Elle traite pourtant honteusement les Chagossiens, et continue à faire subir des traitements inhumains en persistant à refuser le retour au pays du peuple déporté.
Fort heureusement, des voix s’élèvent en Grande-Bretagne pour dénoncer cette attitude. Jeremy Corbyn, chef de l’opposition, est d’ailleurs le président d’un intergroupe parlementaire qui soutient les Chagossiens.
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