Co-développement

Chagossiens et Réunionnais : solidarité pour la reconstruction des Chagos

Visites à Sainte-Suzanne sur le thème du développement durable et des énergies renouvelables

Manuel Marchal / 30 mai 2018

Depuis plus de 40 ans, les Chagossiens luttent pour retourner dans leur pays dont ils ont été déportés à cause de la construction de la base militaire de Diego Garcia. Ils envisagent dès à présent l’avenir, c’est-à-dire la société qu’ils veulent y reconstruire. Ils veulent s’inscrire d’emblée dans une nouvelle civilisation débarassée du charbon et du pétrole, et comme pour leur lutte pour le retour, ils peuvent compter sur la solidarité des Réunionnais. C’est ce qu’a rappelé la visite de la délégation chagossienne hier à Sainte-Suzanne.

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Visite de la ferme photovoltaïque de Sainte-Suzanne, Georges Gauvin, président du Comité de solidarité Chagos La Réunion aux côtés d’Olivier Bancoult, leader du Groupe Réfugiés Chagos. (Photo A.D.)

Hier, la délégation chagossienne était à Sainte-Suzanne. Elle a tout d’abord été chaleureusement accueillie par le maire, Maurice Gironcel, et les conseillers municipaux.

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La délégation chagossienne reçue par les conseillers municipaux de Sainte-Suzanne et le maire Maurice Gironcel. (Photo A.D.)

Les Chagossiens se sont rendus au Bocage, à la stèle Edmond Albius. Un hommage a été rendu à l’esclave génial inventeur de la fécondation ‘manuelle’ de la vanille. Cela a permis de rappeler que cette invention a permis des profits considérables pour les planteurs de vanille dans le monde entier, et que l’inventeur est mort dans la misère. En effet, le pouvoir de l’époque ne pouvait pas supporter l’idée qu’une personne qui n’avait pas le statut d’être humain puisse être à l’origine d’une telle avancée, et a tout fait pour effacer Edmond Albius des mémoires.

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Hommage à Edmond Albius à la stèle saluant la mémoire de l’inventeur de la fécondation de la vanille. (Photo A.D.)

La journée s’est poursuivie au SIDELEC. Quand ils reviendront vivre dans leur pays, les Chagossiens comptent reconstruire une société assise sur les piliers du développement durable. Cela suppose donc d’éviter le recours aux énergies fossiles telles que le charbon ou le pétrole. Elles polluent l’atmosphère et sont une coûteuse dépendance, les Réunionnais peuvent en témoigner. Chaque année, ce sont en effet plus de 500 millions d’euros qui sont dépensés pour faire venir ces polluants afin de faire tourner les moteurs des voitures, des camions, et les centrales thermiques d’EDF et d’Albioma.

Les Chagossiens veulent aller directement vers l’autonomie énergétique, et ils ont été intéressé au plus haut point par les réalisations faites par le SIDELEC et ses partenaires à Mafate. Ils ont également visité la ferme éolienne ainsi que la centrale photovoltaïque située à proximité. La délégation conduite par Olivier Bancoult s’est également rendue au centre de traitement des déchets de Bel-Air, là où la fermentation des résidus de la société de consommation permet de produire de l’électricité grâce au biogaz.

M.M.