Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Co-développement
27 février 2009

La visite de la délégation de la Région conduite par son Président, Paul Vergès, revêt un caractère historique et marque incontestablement une nouvelle étape dans l’approfondissement des relations entre La Réunion et l’Inde.
Cette visite s’inscrit en effet dans plusieurs perspectives dont celle de rendre hommage à la contribution des plus grandes civilisations à l’origine du peuplement de La Réunion, et notamment aux efforts consentis par des dizaines de milliers d’engagés indiens ayant quitté leurs terres natales du Sud de l’Inde (Tamil Nadu…), du Bengale ; et du Gujarat à la fin du 19ème siècle.
L’Inde n’est pas un monde inconnu à La Réunion. C’est tous les jours depuis trois siècles que la présence indienne se manifeste à La Réunion.
Il y a peine trois millions d’années, un volcan donne naissance à l’île de La Réunion. A l’origine, notre île était vierge. La réalité réunionnaise que nous connaissons actuellement s’est bâtie en trois siècles. Ses habitants viendront de plusieurs continents : l’Afrique, l’Asie (Inde, Chine…), l’Europe ou encore les îles de l’océan Indien (Madagascar, Comores…).
C’est la rencontre de ces cultures qui a donné naissance à la créolisation de la société. Ce mouvement de créolisation est sans fin.
L’Inde est à l’origine du peuplement de La Réunion. En 1679, 13 femmes indiennes de Goa ont donné naissance à 96 enfants contribuant ainsi activement au peuplement de Bourbon. En 1687, la première utilisation officielle du mot “esclave” sur notre île concerne un jeune Indien de 12 ans, dénommé François, vendu à Gasparin Lautret. D’autres esclaves indiens furent emmenés par la suite.
Après 1815, Bourbon se lance dans l’économie sucrière : la culture de la canne et la fabrication du sucre exigent alors une main d’œuvre nombreuse. Après l’abolition de l’esclavage (1848), environ 120.000 engagés indiens ont été introduits sur l’île de 1848 à 1885. Le gros de l’immigration indienne provient des côtes de Coromandel (Tamil Nadu, Andhra Pradesh), de l’Orissa et du Bengale. Le transport de ses engagés est assuré par des boutres où les conditions de vie sont très difficiles. Par exemple, à bord du “Franklin”, l’espace réservé pour une femme était de 0.44 mètre carré et 0.74 mètre carré pour les hommes. Le taux de suicide était très important.
A l’arrivé sur l’île, les engagés était débarqués dans un lazaret (celui de Ravines-à-Jacques ou de la Grande Chaloupe). Le contrat régissait en théorie l’alimentation, le salaire… Mais ce contrat était le plus souvent rompu par les engagistes.
L’autre vague d’immigration indienne a lieu vers la fin du 19ème siècle. Venus spontanément du Gujarat, ces Indiens s’installent à La Réunion. Ils nouent des relations marchandes (essentiellement des cotonnades) avec l’Inde ou Maurice. Mais l’éventail professionnel des Indiens Gujaratis s’élargie par la suite : quincaillerie, verrerie, meuble, import export…
Tout ce qui constitue aujourd’hui la culture réunionnaise est venu d’ailleurs. Mais tout fut transformé, adapté, mis en commun et recréé. C’est cette culture immatérielle qui caractérise La Réunion.
Risham Badroudine
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