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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Une alternative au chômage pour des Réunionnais diplômés
26 juin 2018, par

Le Conseil départemental a présenté hier un programme de mobilité pour les bénéficiaires du RSA socle de plus de 25 ans, ayant un diplôme de niveau Bac à Bac+5. C’est une application d’un accord-cadre signé par Madagascar, la France et le Département de La Réunion, visant à promouvoir l’usage de la langue française dans la Grande île. Rappelons que Paul Vergès avait souvent défendu auprès du gouvernement le rôle important de La Réunion dans la défense de la Francophonie, et plaidé pour que cela puisse être un moyen pour les Réunionnais diplômés de trouver un travail dans la région.
Le 5 mars dernier, le Conseil départemental a signé un accord-cadre de coopération avec le gouvernement de Madagascar et l’Ambassade de France à Antananarivo. L’objectif de ce document est de développer les actions de promotion de la francophonie. Hier a été présenté une application de cet accord. Ce sont 21 Réunionnais au chômage de longue durée ayant un diplôme au moins de niveau Bac qui ont été embauché pour travailler à Madagascar.
« C’est la valorisation de l’expertise de La Réunion, avec la qualification importante de nos jeunes », souligne Daniel Gonthier, vice-président du Conseil départemental, de retour d’une visite dans la Grande île où il conduisait une délégation composée également de Bruno Lorion et Marc Paoli. Evoquant les travailleurs recrutés, Daniel Gonthier précise que « nous avons voulu orienter ces personnes qualifiées vers une mobilité océan Indien, c’est pouvoir faire une génération qui regardera plus constructivement la région ». L’élu rappelle qu’ « il y aura plus de francophones dans l’océan Indien qu’en Europe dans 50 ans », et précise que « l’objectif est qu’à terme il y ait un département Affaires étrangères à La Réunion ».
Avec ce programme, chaque année, 30 personnes travailleront dans les lycées malgaches pour développer l’enseignement du français, ce qui permettra de « faire de La Réunion une base avancée de la Francophonie. Il y aura aussi possibilité de faire son service civique à Madagascar ». Au-delà des Alliances françaises, des lycées, aujourd’hui le dispositif concerne la gendarmerie, l’armée et la police malgaches. Il est co-financé par le CNARM et l’Union européenne. Le but est d’aller vers un ERASMUS océan Indien.
Une demande de financement européen de 900000 euros a été demandée à la Région, cela couvre notamment les frais de formation et une partie des salaires. A Madagascar, les travailleurs sont rémunérés 1030 euros nets par mois, sur la base de 30 heures par semaine. Ils sont embauché sous le régime du contrat unique d’insertion (CUI), ou du volontariat service civique.
Les actions engagées sont pour le moment l’implantation dans 8 lycées publics malgaches de clubs de français. Cela concerne 16 animateurs de français langue étrangère. Ce sont 8 CUI et 8 volontaire service civique. La portée du travail a pu être évaluée lors de la finale d’un concours de théâtre le 19 juin dernier à Antananarivo.
Tous les lycéens et professeurs malgaches primés lors de ce concours vont venir en septembre à La Réunion. Ils auront des stages de perfectionnement en français au CIEP du Tampon.
Le Conseil départemental demande la création d’un contrat-aidé spécifique à la coopération. Ce contrat de coopération ne sera pas considéré comme un contrat aidé, une négociation reste à mener.
Lors de son séjour à Madagascar, la délégation a rencontré l’ambassadeur de l’OIF au vu de la mise à disposition d’un Réunionnais au bureau régional, et de l’accès des Réunionnais à des postes de volontaires de l’OIF. Pour l’OIF, « La Réunion est une des plus belles têtes de pont de la francophonie », ajoute Daniel Gonthier.
Le vice-président du Département rappelle que d’autres interventions de la collectivité ont lieu dans l’agriculture à Madagascar, dans le domaine de l’eau aux Comores. Il évoque aussi le soutien à Médecins de l’océan Indien qui ont fait 800000 interventions chirurgicales gratuires. Au lieu de 22000 par an, un programme complémentaire sera lancé cette année.
La délégation a également participé à une réunion de la FAO où il était question du PRESAD, programme régional de sécurité alimentaire de la Commission de l’océan Indien. « Le Département sera acteur du PRESAD et permettra à un jeune diplômé de travailler dans sa mise en oeuvre », telle sera la proposition présentée lors du prochain Conseil des ministres de la COI. « Ceci mettra en valeur la compétence agriculture du Conseil départemental », conclut Daniel Gonthier.
M.M.
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