Coopération culturelle entre musées d’Afrique du Sud et de La Réunion

Isabelle Erudel : « faire découvrir La Réunion » à l’Afrique du Sud

19 décembre 2023, par Manuel Marchal

A l’occasion de la célébration en Afrique du Sud du 1er décembre, date de l’abolition de l’esclavage dans ce pays, Isabelle Erudel conduisait une délégation du Département au Cap, en Afrique du Sud. Pour « Témoignages », elle revient sur cette mission.
Actuellement, une délégation d’Afrique du Sud est à La Réunion dans le cadre de la célébration du 20 décembre. Elle a participé hier 18 décembre au Musée de Villèle à la présentation des festivités organisées par le Département.

« Le premier objectif était de faire de la coopération concrète entre Iziko Museum du Cap et le Musée de Villèle. Cela s’est élargi par l’histoire de l’Afrique du Sud avec la visite de Robben Island, où fut emprisonné notamment Nelson Mandela », explique Isabelle Erudel, « nous avons vu où Nelson Mandela a vécu ».

Lors de la visite à Robben Island, l’élue PCR du Port rencontra un vieux militant qui fut emprisonné pendant 18 ans à Robben Island. La vie quotidienne, c’était un traitement raciste, la censure au niveau du courrier et de nombreuses restrictions.

Le travail forcé était le seul moment où il lui était possible de parler avec Nelson Mandela.
« Quand je lui ai dit que j’étais membre du Parti communiste réunionnais, sa réponse fut un grand sourire. Il m’a dit : tu es communiste, continue ce que tu fais », indique Isabelle Erudel pour qui « ce fut un moment fort en émotion ».

Avant d’arriver à Robben Island, la délégation s’est arrêtée au Musée de Bô Kaap. Situé près d’un quartier peuplé de musulman, ce musée explique l’arrivée des musulmans en Afrique du Sud.

« On se croirait à La Réunion »

La conseillère départementale note des points communs entre la population de cette région d’Afrique du Sud et La Réunion. « C’est la mixité, on se croirait à La Réunion », indique-t-elle. « C’est le metissage ». « Nous étions d’ailleurs reconnus comme des habitants du pays », poursuit-elle.
Cette ouverture se retrouve d’ailleurs dans la cuisine : « nous avons mangé des samoussas ».
Par ailleurs, « la société sud-africaine est très accueillante, les gens que nous rencontrions nous demandaient toujours ‘Comment ça va ?’ ». Isabelle Erudel constate également l’absence de sentiment d’insécurité : « on pouvait sortir le soir sans avoir le sentiment d’être susceptible d’être agressé ».
La militante PCR précise que la population ne donne pas l’impression d’être stressée. « Les commerces sont ouverts tard le soir, jusqu’à 22 heures ». Le coût de la vie est également bien moins important qu’à La Réunion.

Numériser les archives de l’esclavage

Parmi les différences, Isabelle Erudel a constaté que la célébration de l’abolition de l’esclavage n’est pas aussi fêtée qu’à La Réunion, « elle passe un peu inaperçue ». D’après elle, le manque de moyens participe à cette relative méconnaissance.
« Tout un travail est à faire pour numériser les archives de l’époque de l’esclavage en Afrique du Sud, ils ont besoin de nous ».
« Notre venue a permis de faire découvrir La Réunion », souligne Isabelle Erudel. Car à ce jour, si de nombreux Sud-Africains connaissent notre voisine Maurice, ce n’est pas encore le cas pour La Réunion.

M.M.

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