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4 juin, parNos peines
Philippe Andriantavy, vice-président du Collectif pour Madagascar
26 juin 2007

L’élévation de Paul Vergès au grade de commandeur de l’Ordre national malagasy hier à Antananarivo illustre l’importance que le Gouvernement malgache accorde à la coopération avec La Réunion. Convaincu que les destins de La Réunion et de Madagascar sont liés, Philippe Andriantavy, vice-président du Collectif pour Madagascar, souligne que cet événement traduit la présence de part et d’autre d’une forte volonté politique pour renouer avec les liens humains et économiques qui unissaient La Réunion et Madagascar voici une quarantaine d’années.
L’élévation de Paul Vergès au grade de commandeur de l’Ordre national Malagasy illustre l’importance accordée par les autorités malgaches à la coopération régionale, souligne Philippe Andriantavy, vice-président du Collectif pour Madagascar.
L’approfondissement de la décentralisation a donné plus de compétences aux collectivités locales en matière de coopération régionale. Dans ce secteur, la Région est un fer de lance, explique Philippe Andriantavy. La décoration remise hier à Paul Vergès témoigne de « l’importance que les autorités malgaches veulent donner à cette coopération ». Autrement dit, pour favoriser le développement des relations franco-malgaches à travers La Réunion, le gouvernement malgache insiste sur la nécessité de développer les échanges.
Le vice-président du Collectif rappelle que le président de la République malgache a d’ailleurs déjà effectué deux visites dans l’île, et projette un troisième voyage.
Renouer avec un riche passé
Pour Philippe Andriantavy, l’avenir de La Réunion est intimement lié à celui des pays voisins, dont Madagascar. Et sur cette question, le président de la Région a une vision à long terme, qui va bien au-delà de la durée d’un mandat, précise le vice-président du Collectif pour Madagascar.
« La Réunion a les compétences, la technologie, la matière grise. Madagascar a l’espace, la main d’œuvre », poursuit-il.
Philippe Andriantavy déplore que les relations qui existaient il y a 40 ans entre les deux îles ait été défaites. « Madagascar alimentait La Réunion en riz, en viande », signale-t-il. Mais le déclin de l’économie malgache, ainsi que le développement des liaisons aériennes et maritimes font que La Réunion s’est tournée vers la Métropole, ajoute-t-il en substance.
Au-delà de ces anciennes relations économiques, Madagascar et La Réunion entretiennent des liens humains. C’est de la Grande-Île qu’est venue une grande partie des ancêtres des Réunionnais, et cela dès le début du peuplement. Un fait historique confirmé par une récente étude génétique d’où il ressort que 75% de la population réunionnaise a un parent malgache, indique Philippe Andriantavy.
« Il existe toujours à Madagascar des Réunionnais qui ont fait souche, surtout dans l’Est du pays », poursuit le président du Collectif pour Madagascar. L’exemple de Francis Sautron, syndicaliste et maire de Diégo-Suarez est loin d’être isolé.
De plus, à l’époque du statut colonial et même après son abolition à La Réunion, Madagascar était pour les jeunes réunionnais le pôle d’excellence où s’effectuaient les poursuites d’étude. « Après 1960 et jusqu’en 1972, la seule université de l’Océan Indien était celle d’Antananarivo. Elle accueillait 8.000 étudiants, dont un bon nombre de Réunionnais », souligne Philippe Andriantavy. Parmi ces derniers, plusieurs étaient déjà à Madagascar pour suivre leurs études secondaires.
« La volonté politique est là »
« C’était la même chose en matière de santé », rappelle Philippe Andriantavy. « Pour les Réunionnais, les interventions chirurgicales délicates se déroulaient à Madagascar. C’est à Madagascar qu’a existé le premier rein artificiel de l’océan Indien. Les premiers dialysés réunionnais étaient soignés à Madagascar ».
Le vice-président du Collectif pour Madagascar est convaincu que l’on peut retrouver ce type d’échange. « La volonté politique est là de la part des autorités malgaches et aussi de la part de La Réunion à travers l’action de la Région, très engagée dans la coopération régionale ».
Quant aux relations entre les deux peuples, « le mouvement s’amplifie ». C’est l’enseignement à tirer du succès des festivités de la fête nationale malgache, célébrée de manière anticipée samedi au Barachois à Saint-Denis. Elle a réuni près de 12.000 participants. Cet événement-phare du Collectif vise à donner les moyens aux Réunionnais de « s’approprier la date de la fête nationale malgache ». « Nous souhaitons en faire un fête identitaire, au même titre que le Dipavali ou le 20 décembre, une fête qui rassemble tous les Réunionnais, pour que les Réunionnais retrouvent leurs racines », poursuit Philippe Andriantavy, car la civilisation malgache est une des composantes de l’identité réunionnaise.
Manuel Marchal
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