Co-développement

L’ONU et les Chagos : 6 mois pour achever la décolonisation de Maurice

L’Assemblée générale de l’ONU met la pression sur le Royaume-Uni

Manuel Marchal / 1er juin 2019

Lors de la conférence tenue hier par Olivier Bancoult à la mairie de Saint-Denis, André Oraison a apporté des précisions sur les conséquences de l’avis consultatif de la Cour internationale de justice rendu le 25 février dernier, qui condamne l’occupation britannique des Chagos.

JPEG - 48.9 ko
André Oraison.

André Oraison souligne que l’avis rendu le 25 février par la Cour internationale de justice est très clair. Le professeur de droit public international à l’Université de La Réunion donne lecture d’extraits de l’avis :
« le processus de décolonisation de Maurice n’a pas été mené à bien à la suite du détachement des Chagos »
« le Royaume-Uni est tenu dans les plus brefs délais de faire cesser son administration sur les Chagos »
« tous les Etats membres des Nations-Unies doivent collaborer à la décolonisation de Maurice ».

« Un avis même consultatif doit être pris très au sérieux », ajoute André Oraison. Il a tout d’abord une grande autorité juridique eu égard à la compétence notoire des juges de la Cour internationale de justice. Il a ensuite une grande autorité morale car il a été adopté à une très large majorité. « Cela explique pourquoi le nombre d’Etats soutenant Maurice a augmenté ».

En session extraordinaire, l’Assemblée générale de l’ONU a lancé un ultimatum au Royaume-Uni, ajoute le professeur, en demandant une restitution inconditionnelle dans les 6 mois. Nul doute que la session ordinaire de l’Assemblée générale de l’ONU de novembre se saisira à nouveau de la question des Chagos.

Pour André Oraison, « les Britanniques sont au pied du mur, ils doivent se conformer au droit international ». Cela signifie qu’ils doivent engager des négociations directes avec Maurice pour le transfert de l’administration, et pour le retour des Chagossiens.
André Oraison précise que ce retour peut se faire sans que les Etats-Unis puissent s’y opposer.

M.M.