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Conférence d’Olivier Bancoult, président du Groupe Réfugiés Chagos
20 octobre 2017, par

Olivier Bancoult, président du Groupe Réfugiés Chagos a tenu hier une conférence à Saint-Denis pour informer sur les dernières avancées de la lutte des Chagossiens pour retourner dans leur pays. Cette conférence a permis de souligner la détermination des Chagossiens qui continuent d’obtenir des avancées contre la coalition de deux grandes puissances, la Grande-Bretagne et les États-Unis. Le soutien de Maurice leur permet de faire comparaître le gouvernement britannique devant la Cour internationale de Justice de La Haye.
« La dignité d’un peuple ne s’achète pas, ne se vend pas, retourner dans notre pays est un droit », telle est la réponse des Chagossiens au gouvernement britannique qui proposait 40 millions de dollars aux réfugiés chagossiens à Maurice en échange de leur renoncement à revendiquer le droit de retourner dans le pays dont ils ont été expulsés.
Olivier Bancoult, président du Groupe Réfugiés Chagos, tenait hier une conférence pour informer la population réunionnaise du combat mené depuis 50 ans par un peuple chassé de son pays à cause de la construction de la base militaire de Diego Garcia.
Les autorités britanniques ont en effet choisi de déporter la totalité des habitants de l’archipel des Chagos entre 1967 et 1973 à Maurice pour la plupart, ainsi qu’aux Seychelles. Avant ce crime, les Chagos étaient un paradis. Il n’y avait pas de chômage, pas d’insécurité, pas de violence ou de prostitution, à la différence des bidonvilles de Port-Louis où les Chagossiens ont été envoyés.
Olivier Bancoult annonce que la Grande-Bretagne sera traduite devant la Cour internationale de Justice de La Haye, la plus haute juridiction du monde. Cela fait suite à l’initiative de Maurice qui a fait inscrire la question des Chagos à l’ordre du jour de l’Assemblée générale des Nations Unies. Une large majorité des États ont soutenu la position mauricienne.
En attendant l’avis de cette institution, les Chagossiens continuent le combat. Ils s’appuient notamment sur le résultat d’une étude commanditée par le gouvernement britannique à KPMG. KPMG démontre en effet que le relogement des Chagossiens est tout à fait possible, dans un premier temps à Diego-Garcia où tous les équipements sont disponibles. Cette étude a été publiée en 2015, et depuis lors, 98 % des Chagossiens veulent rentrer chez eux. Ils sont même prêts à cohabiter avec la base militaire qui emploie plusieurs milliers de personnes venues de nombreux pays.
André Oraison, professeur de droit public, estime que l’avis de la CIJ de La Haye « aura une grande force morale ». La condamnation de la Grande-Bretagne est déjà quasiment acquise car cette cour applique à la lettre le droit international de la décolonisation. Ce sera un avis sévère d’au moins 100 pages, il fera l’inventaire de toutes les exactions subies par les Chagossiens depuis leur déportation. « Ce sera une occasion formidable de faire connaître cette affaire », souligne-t-il, car des journalistes ne manqueront pas de s’en emparer au niveau international.
Ary Yée Chong Tchi Kan, secrétaire du PCR, salue la résistance des Chagossiens. Il rappelle les soutiens internationaux. Il cite une lettre de 7 Prix Nobel de la Paix adressée au président Obama demandant le retour des Chagossiens. Une délégation des Chagos a également été reçue par le Pape François. À cette liste de soutiens, Jean-Yves Le Carré, ajoute la Conférence des évêques de l’Océan Indien, ainsi que les Groupes de dialogue inter-religieux. De plus, si Jeremy Corbyn arrivait au pouvoir, alors le droit pourrait être respecté car le chef de l’opposition en Grande-Bretagne soutient les Chagossiens, poursuit Ary Yée Chong Tchi Kan.
Les Chagossiens ont aussi beaucoup de soutiens à La Réunion. « Merci à Olivier Bancoult d’ouvrir nos yeux », conclut le responsable communiste.
Georges Gauvin, président du Comité de solidarité Chagos La Réunion, abonde dans ce sens. Le Comité se fixe en effet pour mission d’informer la population réunionnaise sur la cause chagossienne, et de la soutenir financièrement.
Olivier Bancoult rappelle la place particulière des Réunionnais dans ce combat. C’est en effet à La Réunion que le président du Groupe Réfugiés Chagos a tenu sa première conférence internationale. Cette solidarité se manifestera encore aujourd’hui à l’occasion d’un repas organisé à l’Association des retraités au Port.
M.M.
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