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Retour sur la conférence « Francis Sautron une histoire commune : Madagascar-La Réunion »
5 avril 2019, par

Ce 22 mars à Antsiranana, à l’initiative de l’association REAGIES et en partenariat avec l’Université d’Antsiranana avait lieu une conférence « Francis Sautron une histoire commune : Madagascar-La Réunion ». Cet événement a montré tout l’intérêt porté par des étudiants malgaches à l’étude du parcours d’un Réunionnais qui s’est mis au service du peuple de Madagascar. Or, ces étudiants sont de futurs acteurs du développement de Madagascar. Les liens qui se sont créés sont donc des atouts pour l’avenir.
Le 22 mars dernier, la conférence « Francis Sautron une histoire commune : Madagascar-La Réunion » a été un succès. Les étudiants de l’Université d’Antsiranana en 3e année de Parcours d’histoire y ont présenté le résultat de leur recherche. Ils ont été amenés à retrouver des témoins et des archives du moment décisif que constituait le passage de colonie à État indépendant pour Madagascar.
Cette mise en pratique des connaissances théoriques acquises pendant plus de deux ans à l’Université était consacrée à l’étude du parcours d’un Réunionnais, qui s’est mis au service de la lutte du peuple malgache pour la dignité et l’indépendance de son pays.
Par ses actes, Francis Sautron a montré que tous les Réunionnais n’étaient pas des colons, envieux d’acquérir le même statut que les Français expatriés à Madagascar. Et cela d’autant plus que cette ville, qui s’appelait alors Diego Suarez, était le bastion de l’armée française dans la Grande île. C’était là que la domination du pays occupant était sans doute la plus prégnante. Cette situation a laissé des traces dans l’urbanisme en termes d’architecture, de noms de rue, et de monument avec en particulier la statue du Maréchal Joffre qui domine le port.
Près de 60 ans après son départ pour La Réunion, Francis Sautron a laissé son empreinte dans la ville et son influence était bien plus large comme le rappellent son élection dans la majorité du Conseil provincial, sa nomination dans l’assemblée siégeant à Antananarivo, et ses nombreux déplacements dans d’autres régions pour soutenir la cause des progressistes malgaches. Et cela malgré 17 tentatives d’assassinat.
Tout ceci, les étudiants l’ont montré sous la forme d’un diaporama et de vidéos diffusées à partir d’un ordinateur. La communication des résultats s’est donc faite sous une forme qui n’a rien à envier à celle utilisée par les étudiants occidentaux.
C’est plus tard dans la journée qu’il a été possible de se rendre compte de la force de ces étudiants. Ils ont en effet invité la délégation réunionnaise à une visite guidée de leur campus. Ce dernier se situe en surplomb de la mer, avec une vue imprenable sur le pain de sucre qui émerge dans la baie de Diego. La cité universitaire et les bâtiments d’enseignement datent du milieu des années 1980.
Faute de moyens suffisants, ils ne sont pas suffisamment entretenus. Les bâtiments sont donc fortement dégradés par plus de 30 ans de climat tropical ponctués de plusieurs cyclones. Dans un campus envahi par les herbes broutées par les zébus et les cabris, parcouru de pistes en terre, les conditions de vie des étudiants et de leurs enseignants sont donc bien différentes de leurs homologues réunionnais. Il est ainsi nécessaire d’aller puiser l’eau dans le puits, ou de cuire les repas au feu de bois dans des chambres de quatre.
Comme seul revenu, les étudiants n’ont droit pendant neuf mois de l’année qu’à une bourse mensuelle de 20000 ariary, soit 5 euros, qui n’est pas toujours versée en temps et en heure. C’est dans ces conditions qu’ils apprennent à être les forces vives de Madagascar de demain. C’est avec le sourire qu’ils ont ouvert leurs portes aux Réunionnais. Un lien s’est construit entre des Réunionnais et des jeunes qui seront partie prenante du développement de Madagascar, celui d’une amitié qu’il est important de faire fructifier.
Les étudiants d’Antsiranana ont donc adressé un important message à la délégation réunionnaise : la force de l’amitié et l’espoir dans l’avenir.
M.M.
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